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Le quotidien l'Union du 08 Juin 2007

 

BEAC/ CONJONCTURE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE DU GABON EN 2006

Fortunes diverses

Comment se sont comportés les secteurs clés de l'économie nationale au courant de l'année 2006 ? Quelle a été la situation Financière et macroéconomique du pays ? La Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) y répond. Nous vous livrons ici, in extenso, avec un choix volontaire sur le titre - ses analyses.

Commerce extérieur : le pétrole, encore le pétrole...

LES échanges extérieurs du Gabon se sont soldés en 2006 par un excédent commercial de près de 2240,9 milliards de francs, en hausse de près de 345,2 milliards comparativement à la même période de année dernière.

Cette augmentation s'explique par une expansion des exportations de 17,7 % en dépit d'une hausse de 16,4 % des importations. Les exportations cumulées en fin d'année

2006, se. sont établies à 3144,3 milliards de francs contre 2671,6 milliards un an auparavant. Cette hausse est essentiellement imputable à la progression de plus de 21 % des ventes de pétrole sous l'effet de la bonne tenue des prix. Les ventes de manganèse ont également progressé. Par ailleurs, les importations annuelles se sont élevées à 903,4 milliards de francs (soit +16,4 %) du fait d'un regain d'activité dans toutes les branches recensées. C'est ainsi qu'on relève une augmentation des importations de produits alimentaires (+2,2 %) et non alimentaires (+7,4 %), ainsi qu'une expansion de celles concernant les outillages et machines (+18,6 %). Les demandes de véhicules progressent également de près de 24% à 90,3 milliards de francs.

Energie et eau : vive les fêtes tournantes !

LES statistiques consolidées de la Société d'Energie et d'Eau du Gabon à l'issue des dix premiers mois de l'année 2006, affichent une croissance positive. Celle-ci s'inscrit dans la dynamique des résultats observés depuis l'organisation des fêtes tournantes dans la province du Woleu-Ntem. La tenue dans la province de l'Estuaire, des fêtes de l'Indépendance, a permis un raffermissement de l'expansion économique de la branche en liaison avec le fait qu'il s'agit de la région la plus peuplée du pays. Par ailleurs, la hausse de l'activité des entreprises hors pétrole en général et la demande non satisfaite toujours présente des particuliers, permettent de tirer l'offre de l'entreprise à la hausse. C'est ainsi que la production d'électricité s'est accrue de plus de 9 % tandis que celle de l'eau était en hausse de 11 % à fin octobre 2006.

Bois : les quotas de la providence

L'ANALYSE du marché sylvicole révèle un net redressement du secteur forestier du fait d'une amélioration de, la conjoncture concernant l'Okoumé. A fin octobre, les exportations n'ont régressé que de 2,8 % comparativement aux dix premiers mois de l'année précédente contre une baisse de 18 % au premier semestre. A l'instar des mois précédents, la dynamique des bois divers s'est poursuivie. Les exportations s'établissent ainsi à 738 499 m3, soit une expansion de 15,6 % comparativement aux dix premiers mois de l'année 2005. Au total, les exportations nationales de grumes se sont accrues de près de 6 % à 1 411 101 m3 à fin octobre 2006. Le changement de tendance est attribuable à l'annonce parle gouvernement en juin 2006 de la mise en place d'une politique de quotas.

Pétrole : production en sursis

L'ACTIVITÉ du secteur pétrolier gabonais s'est caractérisée durant l'année 2006 par un net recul de la production des hydrocarbures. Afin octobre 2006, une quantité cumulée de 73 millions de barils a été extraite du sous-sol, soit 10 millions de tonnes. Le volume ainsi produit, est en baisse de 12,3 % comparativement à la même période en 2005. Le recul de la production nationale s'est opéré en dépit de marchés internationaux porteurs. Dans cette dynamique,la valorisation des bruts gabonais s'est effectuée dans le sillage du Brent. Le repli de la production gabonaise peut s'expliquer par le vieillissement de la plupart des champs arrivés à maturité, les problèmes techniques rencontrés par certains opérateurs, ainsi que les difficultés logistiques d'approvisionne ment en matériel au plan mondial.

Huiles et savons : Siat se frotte les mains

LES activités de la Société d'Investissement pour l'Agriculture Tropicale au Gabon (SIAT) se rapportant aux huiles et savons, se portent bien. Concernant les huiles, la production s'est accrue de 65,4 % du fait d'une production normale des huiles raffinées. En effet, la production de cette catégorie n'a commencé qu'en juin 2005 alors quelle a été régulière durant l'année 2006. De même, la production des huiles brutes a progressé de 15,8 % à 5708 tonnes. S'agissant des savons dont la production n'a commencé qu'en juin 2005, l'activité a augmenté de 30,2 % en octobre 2006. Au total, le chiffre d'affaires global de l'entreprise est passé de 815 millions en octobre 2005 à près de 4 milliards de francs en octobre 2006, soit une hausse de 366 %.

Finances publiques le jackpot !

L'EXÉCUTION du budget de l'Etat au 30 novembre 2006, fait apparaître un excédent budgétaire global (base engagements) de 496,8 milliards de francs, en hausse de 47,1 % par rapport à la même période un an auparavant. Le solde primaire est ressorti à 602,3 milliards de francs, soit une amélioration de 33,4 %. Cette évolution résulte d'une augmentation des recettes (+20,2 %), en dépit d'une hausse parallèle des dépenses (+9,6 %). La hausse des recettes est consécutive à une meilleure collecte des taxes pétrolières et hors pétrole tandis que l'accroissement des dépenses est imputable à la masse salariale et aux dépenses en capital. L'exécution des opérations de la dette s'est soldée par un encours de 1684 milliards de francs, soit 33,7 % du PIB.

Manganèse: la progression continue

L'ACTIVITÉ minière de la COMILOG est demeurée bien orientée sur les dix premiers mois de l'année 2006. La production est ainsi ressortie à 2,4 millions de tonnes contre 2,2 millions de tonnes un an auparavant. Cette hausse de 7,3 %, lace l'entreprise en glace ligne avec les objectifs qu'elle s'est fixée, d'approcher 3 millions de tonnes en fin d'année 2006. Dans le même temps, les exportations ont légèrement progressé (+,4 %). Les ventes de manganèse ont été quelque peu freinées far une certaine atome de la demande mondiale au premier semestre 2006 avant de se redresser au second.

Hôtellerie : les militaires et les séminaires

LA conjoncture du secteur se caractérise par une embellie de l'activité en dépit de la fermeture du troisième établisse ment hôtelier de Libreville, l'hôtel Rapontchombo. Cette évolution favorable se justifie far le séjour des militaires européens de la force de maintien de la paix en République Démocratique du Congo (EUFOR) ainsi que la multiplication des conférences de niveau international. Le chiffre d'affaires a ainsi progressé de près de 11 % pendant que le nombre de chambres occupées s'est accru d'environ 20 % sur les dix premiers mois de l'année.

Inflation : la faute à la trêve sociale ?

L'ÉVOLUTION des prix en 2006 se caractérise par une nette hausse de l'inflation. Selon la DGSEE, l'indice des prix à la consommation s'est inscrit en progression de 6 % en novembre 2006 sur les 12 derniers mois. Cette inflation est essentiellement d'origine locale puisque les prix des produits domestiques ont augmenté de 8,9 % alors que ceux des produits importés ne s'accroissent que de 1,7 %. En moyenne annuelle, les prix ont progressé de 3,4 % en novembre 2006. La résurgence de (inflation coïncide avec la dénonciation, de la trêve sociale.

Source : Journal L'Union Plus du 08/06/2007

 



   

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