Pour moi quoi...
MOI, Makaya, je ne cesserai
jamais de me peser des questions au sujet des
choses qui, une fois, s'en vont, puis
reviennent, quoi. J'avais cru entendre, au
sortir d'un Conseil des ministres, il n'y a pas
deux décennies, que les cabinets de ces derniers
n'auraient plus de chef, mais seulement des
directaires. Dans le but de réduire le train de
vie de l'État, on avait décidé de dégraisser.
Partout, même dans les cabinets. Pour que ça
sente moues mauvais, quoi.
Mais je me rends compte,
ainsi qu'une carie de Lybek le rappelait
récemment, qu'autant: les populations ont la
mémoire courte, autant les décideurs font tout
pour la raccourcir davantage. Malgré tout, on
observe qu'à chaque communiqué final, on nomme
des directaires de cabinet, mais aussi des chefs
de cabinet. On nomme des aides de camp, mais
aussi des agents de sécurité. Parfois, il y a
des conseillers en communication et des attachés
de presse. Dans tous les cas, il y a des
chevauchements et des embouteillages dans le
travail.
Moi qui ne connais pas le
sens exact de toutes ces fonctions, je soupçonne
que c'est pour caser tous les parents qui ont
participé à telle ou telle besogne, basse ou
pas.
Mais si réduire le train de
vie de l'État n'est plus une priorité, si au
contraire, le plus urgent est désormais de
trouver du job à toute la famille - extensible à
souhait sous les tropiques - et aussi à toutes
les belles-familles (entre nous, nous sommes
tous plus ou moins polygames), je m'en vais
faire une proposition au PM. Comme ça, il n'y
aurait plus de problème dans notre pays aux
pratiques particulières.
Eh bien, au moment où nos
ancêtres les Gaulois en sont arrivés à former
une équipe de rugby avec seulement 15 joueurs,
je propose à notre Nza Nfe national de prendre
en toute souveraineté, dans notre Gabon à nous,
la décision de nommer un ministre par village
(ou même par famille). Comme ça, chacun aura au
moins son parent au gouvernement. Le Conseil des
ministres, nous le tiendrons au gymnase du
complexe omnisports, avec applaudissements et
rires à gogo. En attendant de passer à la
vitesse supérieure, au prochain grand stade d'Avorembam
avec gradins et virages, quoi...