CRISE AU PGP
Le camp
Ndaot veut-il créer un parti politique ?
Même si le principal concerné
fait état de ce qu'ils ne sont qu'au niveau de
la réflexion, certains hiérarques de son aile
affirment en revanche que le projet est presque
à terme.
L'AILE Ndaot Rembogo envisage
t-il sérieusement la création d'un parti
situation pour échapper à la situation de
bicéphalisme dans laquelle vit le Parti gabonais
du progrès (PGP) depuis la mort de son leader
Pierre Louis Agondjo Okawé ?
S'il est encore prématuré de
répondre l'affirmative à cette question, il ne
reste pas moins vrai que la question est
sérieusement discutée au sein de la tendance
Ndaot Rembogo, lequel nous a d'ailleurs fait
part au cours d'une conversation téléphonique de
ce qu'il n'est pas encore question de la
création d'un parti politique mais plutôt de
réflexion pouvant éventuellement aboutir dans ce
sens.
Effectivement, on a appris
qu'une réunion s'est dernièrement tenue dans la
capitale économique à laquelle a pris part le
maire de Port-Gentil et au cours de laquelle la
dénomination du futur parti a été proposée: on
parle du PDS (Parti démocratique et social)
C'est fort de ces éléments
qu'une partie de la hiérarchie de cette aile du
PGP ne partage pas les affirmations de leur
leader. Ils affirment pour leur part que le
projet de création dudit parti politique est
presque à terme, d'autant qu'ils serait
actuellement entrain de chercher à recueillir
les trois mille signatures indispensables à la
création d'un parti politique ainsi que le
stipule la loi.
Manifestement, il s'est formé
deux camps au sein de cette aile du PGP ceux qui
soutiennent l'idée de création d'un parti, et
ceux qui y sont foncièrement opposés. Les uns
défendant l'idée selon laquelle la création d'un
art« serait la seule solution pour échapper au
bicéphalisme du PGP. Tandis que les autres ne
souhaitent pas voir un symbole de lutte contre
le pouvoir surtout un héritage légué par Me
Agondjo leur échapper pour autant qu'ils se
considèrent comme étant les héritiers putatifs
du leader~progressiste défunt.
VACANCE. Cette idée de
mettre sur pied un parti politique a davantage
germé dans la tête de certains progressistes
depuis le rejet par la Cour constitutionnelle
des candidatures de deux militants du PGP qui
voulaient se présenter sur un même siège, celui
du 3è arrondissement de Port-Gentil, se heurtant
du coup aux dispositions de la loi électorale.
De plus, dans cette même décision de la haute
juridiction, la question de leadership au sein
du PGP a été définitivement tranchée. Vu que les
neuf sages ont clairement énoncé, eu égard aux
statuts du PGP, "qu'aucune disposition des
statuts ne précise les attributions de chacun
des membres composant le Bureau national, ni
laquelle de ces personnalités représente
physiquement le parti dans tous les actes de la
vie civile et encore moins supplée par exemple
le président du parti en cas d'empêchement
temporaire ou de ce dernier".
Cette décision aussi tranchée
que précise met en tout cas fin aux velléités de
ceux qui se prévalaient déjà de la légitimité en
se fondant sur la décision du tribunal en appel
qui avait renvoyé les deux parties en conflit
aux statuts nés du congrès de 1996, lesquels ont
été minutieusement examinés par la haute
juridiction. En s'arc-boutant donc sur la
décision de la Cour constitutionnelle, le
constat de vacance du poste de président du PGP
est clairement établi. C'est pour cela que le 3è
adjoint au maire du 4è arrondissement de
Libreville Nicaise Sickout Iguendja, un proche
de Me Ndaot Rembogo, propose aux deux parties la
gestion collégiale du PGP. Il s'agira
pour les deux camps de proposer cinq noms chacun
pour constituer un Bureau national provisoire.
Ces dix progressistes auront pour mission
essentielle, dans une période de 60 jours
maximums, de préparer le prochain congrès qui
pourrait se tenir sous l'égide de la médiature
de la République.
Lin cas d'échec de
l'expérience de la gestion collégiale, le maire
propose que les deux parties rédigent dans les
nouveaux statuts ou plutôt suppriment la mention
qui dit que le PGP est un et indivisible. De
cette façon, deux tendances de ce parti peuvent
légalement cohabiter, comme les autres partis
qui ont connu les scissions. En revanche si
l'expérience s'avère positive, après la
réécriture des statuts, on organise le congrès
pour élire le prochain président du PGP. Mais
pour Sickout Iguendja, plutôt que d'aller en
délégation comme c'est le cas jusqu'à présent,
il faut impliquer les militants. 200 pour chacun
des protagonistes, en plus des élus qui sont de
facto invités au congrès. Reste maintenant à
savoir si une telle idée peut prospérer.