ENTRETIEN ET AMÉNAGEMENT
ROUTIER
Le
gouvernement tente de démêler l'écheveau
Le programme de travaux
décliné par ce pan de l'Exécutif pour permettre
aux habitants des zones difficilement
accessibles de bénéficier de routes permettant
leur désenclavement, laisse ourlant les
populations dubitatives en raison des problèmes
qui se posent à ce secteur depuis des années, en
dépit dés sommes faramineuses allouées
,par l'État à cet effet.
LE
gouvernement tente de démêler l'écheveau de
l'entretien et l'aménagement routier à
Libreville, ses environs et dans d'autres
localités en déclinant un programme de projets à
réaliser immédiatement rendu public au
terme du Conseil des ministres présidé, mercredi
11 juillet 2007, par le chef de l'Etat, Omar
Bongo Ondimba.
Ce programme visant le
désenclavement de certains quartiers de la
capitale gabonaise, l'amélioration du réseau
routier de diverses. contrées du pays, est le
résultat des différentes réunions organisées
avant le tour de table du gouvernement,tu cours
desquelles Omar Bongo Ondimba a clairement
instruit le Premier ministre de l'urgence de
démêler l'écheveau de la route dans notre pays.
Ces réunions marquaient la volonté du chef de l'Etat,
en personne, de répondre aux fortes
préoccupations des populations qui n'ont eu de
cesse de s'inquiéter que la route ne s'améliore
pas, ce en dépit des mesures et autres effets
d'annonce annuels des différentes équipes
gouvernementales et dés sommes faramineuses
allouées et débloquées lors des différents
exercices budgétaires, la route ne s'améliore
toujours pas dans notre pays. Elle demeure donc
un véritable casse-tête, une Arlésienne, voire
un problème inextricable pour Ies gouvernants.
Effectivement, les
Librevillois peinent chaque jours à rallier
différents points de la capitale, en raison de
l'état parfois défoncé de certaines artères de
nombreux quartiers, dont la plupart sont
sous-intégrés, enclavés. Les populations
ralliant l'arrière-pays sont également
confrontées au mauvais état de la route
nationale, sur plusieurs tronçons. Le réseau
identifié, compte un linéaire d'à peine 9170
kilomètres comprenant tout juste 10% de routes
bitumées, plaçant notre pays à la remorque des
pays au Sud du Sahara en infrastructures
routières.
Pendant ce temps, les
Gabonais constatent que tous les ans quasiment
des programmes d'aménagement et d'entretien
routiers, si ce n'est les mêmes, sont rendus
publics, cela sans que l'on enregistre des
avancées à hauteur des sommes dégagées. En 2001
déjà, le Conseil des ministres avait rendu
publiques les conclusions des travaux d'un
comité interministériel adoptant un programme de
routes à Libreville et dans le nord du pays.
Notamment le principe d'une voie 2x2 devait être
le prolongement de la voie expresse et du
boulevard du bord de mer. Six ans après, ce
projet de 20 km du Cap Estérias pourtant lancé
pourrait, malheureusement, s'arrêter pour des
raisons financières, dit-on. Le même Conseil des
ministres avait également fait état en juillet
2001 de travaux devant durer 5 à 6 mois, de même
que l'entretien de plusieurs routes de localités
de l'intérieur du pays.
SCEPTICISME. Dans la même
logique, en juillet 2005, d'importantes mesures
gouvernementales avaient été prises pour
désenclaver certains quartiers. Une enveloppe
exceptionnelle et non moins conséquente avait
été octroyée au Génie militaire pour le
lancement immédiat de cette opération concernant
près de 10 km de routes à reprofiler avec la
latérite compactée et des canalisations
appropriées pour l'évacuation des eaux. Le
Carrefour Léon Mba (1 km), Nzeng Ayong (3,5 km),
Terre Nouvelle (PK 7)1,5 km, Owendo (2,5 km)
étaient concernés. Aujourd'hui, le constat sur
le terrain ne semble pas beaucoup réjouir les
habitants de ces quartiers, même si, dans
d'autres, les fêtes tournantes 2006 ont tout de
même permis de combler des rates, à la suite de
la construction des routes en pavé ou encore en
bitume dans certains arrondissements. Cela, même
si d'autres quartiers à forte concentration
humaine, en l'occurrence Nzeng Ayong, Diba-Diba,
Àngondjé, sont à bien des égards encore dans la
poussière, pour ne pas dire, désintégrés. Alors
Que la voie Express, qui avait été inscrite dans
un programme de renforcement lancé en octobre
2005, ne cesse d'être concernée par des travaux
de même type.
Il faut dire que, dans
l'ensemble, si plusieurs ces chantiers ont connu
des fortunes diverses, d'autres à peine, lancés,
notamment, l'axe pont Octra-Owendo ( 8 km) dont
le coup d'envoi a été donné par le président de
la République et ceux d'autres localités du
Haut-Ogooué, évoluent difficilement, ils
pourraient même être bloqués pour diverses
raisons, en dépit des financements extérieurs.
En revanche, les travaux
routiers annoncés mercredi dernier, portant la
ferme détermination du président de la
République à résoudre le problème de la route
dans notre pays, ne laissent pas moins
sceptiques de nombreux Gabonais. Lesquels
constatent qu'aucun financement, encore moins de
délais de réalisation, en dehors du caractère
urgent de leur lancement, ne sont énoncés. Pire,
aucune entreprise n'a été retenue comme si l'on
avait choisi, là aussi face à l'urgence qui
semble être volontairement entretenue,
d'utiliser le gré à gré, qui au lieu
d'être exception semble devenir la règle, en
dépit de ce qu'il induit des pratiques douteuses
(surfacturation, médiocre qualité des travaux,
déficience dans les contrôles, etc ). De même
que l'on n'indique pas le genre de travaux qui
vont être réalisés, à telle enseigne que l'on
s'interroge s'il s'agit de reprofilage, de
bitumage ou de routes pavées. Ce qui dénote, à
tout témoins, encore de réelles lacunes dans la
programmation des travaux, de même qu'un manque
de sélection rationnelle des entreprises
désignées pour l'aménagement, entretien des
routes, absence de transparence dans les
procédures d'attribution.
Ce sont là autant de griefs
ayant été exprimées par le gouvernement réuni
lors d'un Conseil de ministres tenu le 23
décembre 2003 au cours duquel il avait été
décidé, pour palier tous ces manquements, de la
création d'un Consortium chargé de la
construction des routes, consortium englobant
les pays développés et les pays émergents, de
mettre en place, auprès du président de la
République, un organisme en charge de la route,
de lutter contre le sou poudrage et le
recensement des priorités en matière de
construction des routes, d'étudier, de manière
approfondie, le coût, à l'évidence trop élevé,
du kilomètre de route dans notre pays, etc.
Dans le même ordre d'idées,
la gestion des fonds destinés à aménagement et à
l'entretien des routes pose tout naturellement,
un problème de bonne gouvernance. Lequel
renforce le scepticisme quant à la capacité des
principaux acteurs de ces dossiers routiers
auxquels le chef l'Etat porte un intérêt
particulier, à aire avancer la route dans le
pays. D'autant que ces principaux acteurs ne
cessent d'arguer de l'absence ou de la faiblesse
des moyens financiers ou encore du retard
souvent accusé dans le déblocage des fonds
destinés au financement des pro ranimes
routiers. Des appréhensions et critiques qui ont
souvent donné l'impression d'un manque de
cohésion et de solidarité gouvernementale, le
ministère de l'Economie et des Finances étant
souvent critiqué par celui des Travaux publics à
ce sujet.
FONDS. Or, concernant,
justement, le retard accusé par le programme
d'entretien routier de l'exercice en cours, les
plus hautes autorités politiques du pays ont été
amenées à réagir face à cette situation, après
s'être bien rendu compte que les choses
n'avaient été faites dans les règles de l'art.
Les travaux n'avaient père démarré alors que des
fonds sont disponibles au titre du budget de l'Etat
et du FER II, on avance le montant de 11
milliards de francs pour cette structure. Pis,
que des sommes importantes auraient été
utilisées pour payer des dettes contractées au
titre du FER I. Une situation qui est justifiée
par un haut responsable du FER comme étant une
volonté de "permettre aux entreprises se
retrouver une certaine souplesse, étant entendu
que ces mêmes en seraient appelées à répondre
aux appels d'offre sur financement du FER II ".
Or, lors des discussions avec le Fonds
monétaire international (FMI) avec lequel notre
pays a conclu un accord triennal, la
confirmation des arriérés du FER 1 devait être
faite par un audit de la Cour des Comptes avant
la fin de l'année 2007, argue-t-on du côté des
services financiers. Celui-ci a-t-il été fait ?
Rien n'est moins sûr.
D'ailleurs, face aux
sénateurs qui l'ont interrogé mercredi 11
juillet 2007 au cours d'une audition relative à
la Loi de finances rectificative 2006, Paul
Toungui n'a pas manqué d'affirmer qu'en ce qui
concerne son département les financements
étaient prêts. Contredisant ainsi ceux qui
accusent les Finances d'asphyxier les autres
départements, qui, il faut le dire, ne brillent
pas forcément par une gestion orthodoxe des
fonds alloués à la construction des routes et
autres réalisations d'intérêt public. Toutes
choses contraires aux engagements pris le
président de la République auprès des
populations autant que ceux ris par l'Etat
auprès des ailleurs de fonds. Le gouvernement se
devant par conséquent de tout faire pour dénouer
l'écheveau en imposant non seulement
l'orthodoxie financière, mais également, en
construisant des routes fiables et carrossables
en toutes saisons, sauf à vouloir aller à
l'encontre de l'ambition présidentielle, et par
conséquent, à vouloir faire du surplace.