VIE DES ONG / SOS
CONSOMMATEURS
Gratuité
de l'électricité et de l'eau
:
une mesure transitoire et
contraire à l'assainissement des finances
publiques
M.Abiague Ngomo, président de
SOS consommateurs, dans sa réaction à l'occasion
d'un point de presse, suite à l'application des
récentes mesures prises par le gouvernement et
la SEEG, se pose la question de leur impact réel
et de leur durée.
LORS
d'un récent point de presse au siège de
Brainforest, sis au quartier Louis, M.
Christian-Richard Abiaghe Ngomo, président de
SOS Consommateurs, a donné le point de vue de sa
structure sur la mise en application de la
gratuité de l'électricité et de l'eau.
Convention signée entre l'État gabonais et la
Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) au
profit de 42 500 usagers et consommateurs
abonnés au tarif social. Une mesure qui coûtera
environ 450 millions de francs par mois à l'État
gabonais.
La réaction de SOS
Consommateurs a été motivée, a précisé d'emblée
M. Abiaghe Ngomo, par plusieurs interrogations
qui subsistent toujours danses esprits des
consommateurs, au lendemain de la mise en
vigueur de cette mesure et des explications
données par M. Ombanda.
En effet, au sujet de
l'impact de ladite mesure, M. Abiaghe Ngomo
s'est demandé ce que "représente une telle
mesure au regard de l'effectif global des
clients de la SEEG et face à leurs nombreuses
attentes. Combien de temps va-t-elle soulager
les ménages concernés." Deux questions
auxquelles, il a dit attendre des réponses du
gouvernement et de la SEEG. Mais pour l'heure,
il estime que cette mesure "aurait eu un impact
certain si elle concernait plus de la moitié des
usagers et consommateurs abonnés à la SEEG, mais
elle ne vise, hélas que moins de 10 °% de ces
derniers". Puis, il a précisé qu'il "s'agit
d'une mesure transitoire". Car, a-t-il ajouté,
cette énième dépense de l'Etat gabonais n'est
pas inscrite au budget de l'année en cours et
est contraire à l'exigence d'assainissement des
finances publiques par laquelle le gouvernement
justifiait la dernière hausse du prix du
carburant à la pompe, en avril dernier.
Abiaghe Ngomo a rappelé que
les gouvernants ont le devoir de prendre en
compte l'opinion du plus grand nombre. "La bonne
gouvernance et la transparence recommandent une
gestion efficiente et impartiale des ressources
de l'Etat", a commenté le président de SOS
Consommateurs.
Par ailleurs, il a rappelé
que, dans le manifeste du consommateur gabonais
publié par leur organisation, le 4 avril 2007,
ils dénonçaient l'assistanat, le don et la
gratuité qui, pour l'ONG, sont des pratiques
avilissantes, des atteintes à la dignité des
citoyens. Pratiques dont le seul mérite est de
créer un lien de dépendance et de soumission à
l'égard du bienfaiteur. Alors que le
consommateur, a continué l'orateur, aspire à un
pouvoir d'achat qui lui permette de vivre
dignement malgré ses maigres revenus.
Les citoyens gabonais, a
martelé Abiaghe Ngomo, attendent d'être
sécurisés par les pouvoirs publics contre
les dérives ultra-libérales des opérateurs
économiques. Il demandent notamment à la SEEG de
mettre un terme à la surfacturation, aux
délestages et aux coupures intempestives
d'électricité ,aux rationnements et
pénuries d'eau. Ils attendent la baisse
des tarifs, l'extension des réseaux,
l'allègement des procédures ..., en somme, une
SEEG réellement au service des usagers et
consommateurs, mais surtout respectueuse du
consommateur qui est le roi".