GABON-FRANCE/SÉJOUR DU CHEF DE
L'ÉTAT OMAR BONGO ONDIMBA À PARIS
Partenariat renforcé
Toutes les initiatives
dernièrement prises par les autorités des deux
pays vont dans ce sens.
LA
pratique est en passe de devenir un rite. Et
cette galéjade voit le )jour le 10 mai 1981. A
chaque alternance, en France, mieux, à chaque
issue d'un scrutin capital au pays de nos "
ancêtres les Gaulois " (élections
présidentielle, législatives, notamment),
quelques hurluberlus voire des êtres
malintentionnés croient le "grand soir" venu.
Petites stratégies d'école buissonnière par-ci,
abominables ragots de bas quartiers par-là, ces
prestidigitateurs louent sur tous les registres,
ou supposés tels.
L'arrivée de Nicolas Sarkozy,
à l'Elysée, n'a pas échappé à ces pantalonnades.
Des vieilles histoires datant de Mathusalem ont,
comme par enchantement, été remises sur le
tapis. Des principes élémentaires de droit
international-immunité dont jouit tout chef d'Etat
en exercice ont été allègrement bafoués à
l'instar de cette condamnation prononcée par un
tribunal aquitain et dont l'énoncé a fait rire,
en France et dans la Navarre, les gens à se
fendre les lèvres. Cible visée par cette triste
cabale, Omar Bongo Ondimba, accusé de tous les
péchés bantous, à commencer par ses liens
étroits avec l'ancienne puissance colonisatrice.
Des relations dont le solde s'avère, près de
cinquante ans après l'indépendance globalement
positif. Pour chaque partie. Exemples ?
Avant de fouler le sol
français, le week-end dernier, le président de
la République a reçu un message de remerciements
adressé par son homologue Nicolas Sarkozy.
Économie de la missive, extraits : "Très
sensible au message de félicitations et de
réussite que vous m'avez adressé, je vous en
remercie chaleureusement (..) je me réjouis de
vous avoir rencontrer peu après ma prise de
fonction, et avoir ainsi pu marquer toute
l'importance que j'attache à notre coopération
(...) Permettez moi de vous dire une nouvelle
fois toute l'attention que je porte à la
relation particulière qui unit la France et le
Gabon (...) je m'attacherai à contribuer au
renforcement des liens qu'entretiennent les deux
peuples (…) je souhaite mettre ainsi à profit la
richesse de nos échanges pour donner un nouvel
élan à nos relations, au moyen d'une coopération
renforcée et d'un partenariat sans cesse plus
étroit ".
ACCORD ? • Concrètement
ça donne ceci. Jeudi 5 juillet dernier, le Gabon
et la France concluent, à Libreville, un accord
visant à améliorer la gestion des flux
migratoires entre les deux pays. Cet accord
prévoit la suppression des visas de court séjour
pour les titulaires de passeports diplomatiques
ou de service. Il instaure également les " visas
de circulation" de deux ans à entrées multiples,
notamment pour des motifs économiques,
professionnels, médicaux ou familiaux, pour les
passeports ordinaires.
L'accord facilite par
ailleurs le séjour en France des étudiants
gabonais, en portant la durée de leur
autorisation provisoire de séjour de six à neuf
mois renouvelables. De l'autre côté, les
Français vivant au Gabon, depuis plus de trois
ans ou mariés depuis plus de trois ans à un(e)
Gabonais(e), pourront se voir délivrer une carte
de séjour de cinq ans renouvelable contre deux
auparavant.
François Fillon, Premier
ministre français, reçu en audience par Bongo
Ondimba, le chef de la diplomatie gabonaise,
Jean Ping, une fois ce résumé fait, a exprimé
d'autres souhaits du Gabon en la matière : la
formation d'un personnel qualifié chargé de
gérer, surtout au niveau matériel, cette
nouvelle donne. Le vice-Premier ministre
laissant entendre que ces opportunités offertes
au Gabon vont sûrement attirer moult
nationalités sur les bords du Como et les
risques de dérapage sont à prévoir. "Promis,
juré, l'aide de Paris ne vous fera pas défaut";
a répondu le chef du gouvernement français.
Même attitude très
compréhensive à propos de la dette du Gabon
envers l'Hexagone et le club de Paris. Chargé de
développer son argumentaire sur cet épineux
dossier, le grand argentier gabonais, Paul
Toungui est parti d'un cas qui peut faire
jurisprudence, le Nigeria. Abuja, dans des
conditions économiques un peu plus calamiteuses
que les nôtres, a bénéficié auprès de ces
instances économiques internationales d'une
décote avoisinant les 25% de sa dette. Un
chiffre sur lequel le ministre d'État aux
Finances a fait une fixation.
RÉDUCTION DE LA DETTE •
Ses éléments d'appréciation ? Une rigueur dans
la gestion de nos finances publiques. Un fait
qui n'a guère laissé insensible le FMI,
organisme réputé avare de compliments et a amené
cette institution de Bretton woods à conclure,
en février dernier, un accord triennal avec le
Gabon. La signature, le mercredi 20 juin, de
trois conventions d'assistance technique
Gabon-Union européenne avec pour objectifs de
renforcer les capacités non étatiques (mise en
oeuvre du 9e FED) et, last but not least,
l'adhésion de notre pays à l'Initiative pour la
Transparence dans les industries extractives
(EITI) un programme mis en place par la Banque
mondiale en vue d'aider les pays africains à
mieux gérer leurs ressources naturelles.
Au vu de ce raisonnement et
des chiffres que Toungui égrenait d'une voix
calme, François Fillon s'est ravisé. De la
réduction tournant autour des 12 à 15%, sur
appréciation sommaire de Sarkozy, le chef du
gouvernement français a donné l'impression de
s'être aligné sur nos positions. Il a pris
l'engagement de plaider notre cause auprès des
autres membres du "club de Paris". Certains
poids lourds de cette assemblée (Japon, USA,
Canada) ayant déjà donné quitus à notre dossier
et ne verraient aucune objection à ce que
Libreville bénéficie aussi d'un taux de
réduction de 25% de sa dette.
Cette semaine, Fillon qui a
rendez-vous avec Angela Merkel (Allemagne) avant
de rencontrer José Luis Rodriguez Zapatero
(Espagne) se fera notre avocat.
Qui a vu donc les traces
d'une ombre dans les relations franco-gabonaises
? Sûrement pas le chef de l'État que son
homologue Sarkozy, en dépit d'un emploi du temps
surchargé, a tenu à le recevoir à l'Élysée. Oui,
Bongo Ondimba nous l'a dit : "Le Gabon sans
la France, c'est une voiture sans chauffeur ; la
France sans le Gabon, c'est une voiture sans
carburant ". A introduire dans le "Petit
livre vert "!