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Le quotidien l'Union du 12 Juillet 2007

 

GABON-FRANCE/SÉJOUR DU CHEF DE L'ÉTAT OMAR BONGO ONDIMBA À PARIS

Partenariat renforcé

Toutes les initiatives dernièrement prises par les autorités des deux pays vont dans ce sens.

LA pratique est en passe de devenir un rite. Et cette galéjade voit le )jour le 10 mai 1981. A chaque alternance, en France, mieux, à chaque issue d'un scrutin capital au pays de nos " ancêtres les Gaulois " (élections présidentielle, législatives, notamment), quelques hurluberlus voire des êtres malintentionnés croient le "grand soir" venu. Petites stratégies d'école buissonnière par-ci, abominables ragots de bas quartiers par-là, ces prestidigitateurs louent sur tous les registres, ou supposés tels.

L'arrivée de Nicolas Sarkozy, à l'Elysée, n'a pas échappé à ces pantalonnades. Des vieilles histoires datant de Mathusalem ont, comme par enchantement, été remises sur le tapis. Des principes élémentaires de droit international-immunité dont jouit tout chef d'Etat en exercice ont été allègrement bafoués à l'instar de cette condamnation prononcée par un tribunal aquitain et dont l'énoncé a fait rire, en France et dans la Navarre, les gens à se fendre les lèvres. Cible visée par cette triste cabale, Omar Bongo Ondimba, accusé de tous les péchés bantous, à commencer par ses liens étroits avec l'ancienne puissance colonisatrice. Des relations dont le solde s'avère, près de cinquante ans après l'indépendance globalement positif. Pour chaque partie. Exemples ?

Avant de fouler le sol français, le week-end dernier, le président de la République a reçu un message de remerciements adressé par son homologue Nicolas Sarkozy. Économie de la missive, extraits : "Très sensible au message de félicitations et de réussite que vous m'avez adressé, je vous en remercie chaleureusement (..) je me réjouis de vous avoir rencontrer peu après ma prise de fonction, et avoir ainsi pu marquer toute l'importance que j'attache à notre coopération (...) Permettez moi de vous dire une nouvelle fois toute l'attention que je porte à la relation particulière qui unit la France et le Gabon (...) je m'attacherai à contribuer au renforcement des liens qu'entretiennent les deux peuples (…) je souhaite mettre ainsi à profit la richesse de nos échanges pour donner un nouvel élan à nos relations, au moyen d'une coopération renforcée et d'un partenariat sans cesse plus étroit ".

ACCORD ? • Concrètement ça donne ceci. Jeudi 5 juillet dernier, le Gabon et la France concluent, à Libreville, un accord visant à améliorer la gestion des flux migratoires entre les deux pays. Cet accord prévoit la suppression des visas de court séjour pour les titulaires de passeports diplomatiques ou de service. Il instaure également les " visas de circulation" de deux ans à entrées multiples, notamment pour des motifs économiques, professionnels, médicaux ou familiaux, pour les passeports ordinaires.

L'accord facilite par ailleurs le séjour en France des étudiants gabonais, en portant la durée de leur autorisation provisoire de séjour de six à neuf mois renouvelables. De l'autre côté, les Français vivant au Gabon, depuis plus de trois ans ou mariés depuis plus de trois ans à un(e) Gabonais(e), pourront se voir délivrer une carte de séjour de cinq ans renouvelable contre deux auparavant.

François Fillon, Premier ministre français, reçu en audience par Bongo Ondimba, le chef de la diplomatie gabonaise, Jean Ping, une fois ce résumé fait, a exprimé d'autres souhaits du Gabon en la matière : la formation d'un personnel qualifié chargé de gérer, surtout au niveau matériel, cette nouvelle donne. Le vice-Premier ministre laissant entendre que ces opportunités offertes au Gabon vont sûrement attirer moult nationalités sur les bords du Como et les risques de dérapage sont à prévoir. "Promis, juré, l'aide de Paris ne vous fera pas défaut"; a répondu le chef du gouvernement français.

Même attitude très compréhensive à propos de la dette du Gabon envers l'Hexagone et le club de Paris. Chargé de développer son argumentaire sur cet épineux dossier, le grand argentier gabonais, Paul Toungui est parti d'un cas qui peut faire jurisprudence, le Nigeria. Abuja, dans des conditions économiques un peu plus calamiteuses que les nôtres, a bénéficié auprès de ces instances économiques internationales d'une décote avoisinant les 25% de sa dette. Un chiffre sur lequel le ministre d'État aux Finances a fait une fixation.

RÉDUCTION DE LA DETTE • Ses éléments d'appréciation ? Une rigueur dans la gestion de nos finances publiques. Un fait qui n'a guère laissé insensible le FMI, organisme réputé avare de compliments et a amené cette institution de Bretton woods à conclure, en février dernier, un accord triennal avec le Gabon. La signature, le mercredi 20 juin, de trois conventions d'assistance technique Gabon-Union européenne avec pour objectifs de renforcer les capacités non étatiques (mise en oeuvre du 9e FED) et, last but not least, l'adhésion de notre pays à l'Initiative pour la Transparence dans les industries extractives (EITI) un programme mis en place par la Banque mondiale en vue d'aider les pays africains à mieux gérer leurs ressources naturelles.

Au vu de ce raisonnement et des chiffres que Toungui égrenait d'une voix calme, François Fillon s'est ravisé. De la réduction tournant autour des 12 à 15%, sur appréciation sommaire de Sarkozy, le chef du gouvernement français a donné l'impression de s'être aligné sur nos positions. Il a pris l'engagement de plaider notre cause auprès des autres membres du "club de Paris". Certains poids lourds de cette assemblée (Japon, USA, Canada) ayant déjà donné quitus à notre dossier et ne verraient aucune objection à ce que Libreville bénéficie aussi d'un taux de réduction de 25% de sa dette.

Cette semaine, Fillon qui a rendez-vous avec Angela Merkel (Allemagne) avant de rencontrer José Luis Rodriguez Zapatero (Espagne) se fera notre avocat.

Qui a vu donc les traces d'une ombre dans les relations franco-gabonaises ? Sûrement pas le chef de l'État que son homologue Sarkozy, en dépit d'un emploi du temps surchargé, a tenu à le recevoir à l'Élysée. Oui, Bongo Ondimba nous l'a dit : "Le Gabon sans la France, c'est une voiture sans chauffeur ; la France sans le Gabon, c'est une voiture sans carburant ". A introduire dans le "Petit livre vert "!

Source : Journal L'Union Plus du 12/07/2007

 



   

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