ALIMENTATION EN EAU POTABLE
Des
consommateurs aux abois à Okala-Carrière
Pour certains riverains de ce
quartier du premier arrondissement, il faut se
lever dès potron-minet c'est-à-dire entre 3 et 4
heures du matin pour espérer disposer de l'eau
potable. Une situation désespérante pour une
clientèle exténuée.
"Cela fait plus de quatre
mois déjà que ça dure!". Cette plainte est d'un
résident du quartier Okala-carrière. Dans cette
zone du 1er arrondissement de Libreville, les
habitants sont victimes d'un délestage d'eau
depuis plusieurs mois.
Donatien A. Tankès, le
plaignant est d'autant plus étonné que la
Société d'eau et d'énergie du Gabon (Seeg) a
installé un immense château d'eau à Angondjé,
non loin de là, qui peut alimenter toute la
localité pourvu que soit "revu le niveau de
pression, afin que tout le monde ait de l'eau
potable. Car, c'est l'enfer ici à longueur de
Journée" raconte-t-il au désespoir.
Et son voisin d'ajouter qu'il
faut être de garde à partir de 23 h pour espérer
bénéficier du précieux Liquide. "Si on ne le
fait pas,c'est peine perdue pour le lendemain.
Il faut attendre la tombée de la nuit".
Le désarroi de ces
consommateurs est encore plus perceptible en
cette saison sèche. Période au cours de
laquelle, la plupart d'entre eux sont en plein
chantier. Les uns entament des travaux de
construction. D'autres procèdent aux finitions
(sanitaires, carrelage, espaces verts, etc.).
"Pour tous ces travaux,il faut de l'eau".
Pour remédier à cette
situation les victimes avouent avoir interpellé
les services compétents de la Seeg. "On va voir
le problème. On va vous dépêcher une
équipe. Ne vous inquiétez pas Monsieur. Prenez
entre-temps des bassines et
remplissez-les quand il y a de l'eau"; etc.,
voilà des sempiternelles réponses de la SEEG
auxquelles ont droit les habitants d'Okala-Carrière
depuis quatre mois.
Exténué, Donatien A, Tankès
entend recourir à la justice. "Je vais
maintenant faire venir un huissier, qui
constatera effectivement que nous n'avons pas
d'eau. Et ainsi, je vais pouvoir porter plainte
contre la société qui a le devoir de nous
alimenter. Car, les gens semblent oublier la loi
dans notre pays"; a-t-il annoncé. Ajoutant que
la Seeg n'hésite pourtant pas à se déplacer,
lorsqu'il s'agit d'aller couper un des
consommateurs qui aurait accusé du retard dans
le paiement de sa facture.
A l'heure où le gouvernement
a pris des mesures sociales en matière de
consommation d'eau et d'électricité pour
soulager les populations socialement démunies,
il est nécessaire voire urgent que l'unique
fournisseur du pays, détenteur du monopole de la
commercialisation de l'eau et de l'électricité,
investisse pour remédier à ces pénuries d'eau
récurrentes qui affectent les habitants d'Okala-Carrière
et bien d'autres quartiers de Libreville. Elle y
gagnerait à tous points de vue et donnerait la
possibilité à sa clientèle de disposer en
permanence de l'eau évitant ainsi lés plaintes
quotidiennes qui lui parviennent. La SEEG
a-t-elle oublié que le client est roi ?