TRANSPORT AÉRIEN / GABON
AIRLINES, 100 JOURS APRES
Commence
la bataille de la fidélisation de la clientèle
Portée sur les fonts
baptismaux il y a quelques mois, cette société
peut mettre à profit cet été, pour se frayer un
chemin et trouver ses marques dans un
environnement aussi compétitif que celui du
transport aérien. Un défi qu'elle devra gagner
contre elle-même et les fantômes de la défunte
Air Gabon. Récit d'un voyage entre Libreville et
Paris.
DE nombreux compatriotes
hésitaient encore à prendre cette nouvelle
compagnie. Tant les souvenirs de la défunte Air
Gabon sont encore vivaces dans les esprits:
retards, perte des bagages, mauvaise
organisation... Toutes choses qui laissent
perplexes certains voyageurs au moment de
franchir le pas et, donc, de découvrir les
prestations de ce nouveau venu dont le slogan
est "voyager autrement".
Dans un pays où la
comparaison est devenue un critère
incontournable de choix, Gabon Airlines tranche
singulièrement avec les pratiques tant décriées
chez l'ancienne compagnie nationale. Partant,
les agences qui alourdissent les charges d
exploitation ont fait place à une sous-traitance
de certaines prestations notamment l'achat des
billets. On peut aisément se les procurer auprès
des agences de voyages au lieu d'une
représentation estampillée "Gabon Airlines".
Voici le récit d'un voyage
effectué entre Libreville et Paris. Vendredi
dernier, il est 18 h lorsque nous arrivons à
l'aéroport International Léon Mba pour les
formalités d'enregistrement. Le personnel du
comptoir nous accueille avec un grand sourire,
celui-là même qui, depuis longtemps, avait
déserté ces lieux au décor renouvelé. On attend
à peine 15 mn pour obtenir la carte
d'embarquement.
On croit rêver. Tant la
conscience professionnelle, la volonté de servir
les clients, le goût de les rendre heureux, ne
figurent pas au registre de nos qualités
habituelles. Avant de repartir, l'hôtesse
d'accueil nous demande, avec une rare
courtoisie, d'être à l'aéroport à 21H30 mn pour
l'embarquement.
Et à heure indiquée,
l'embarquement commence. Jacques, un autre
passager qui emprunte pour la première fois
cette compagnie, n'en croit pas ses yeux. Il
lance: "Que les temps ont changé ! S'ils
continuent ainsi, ils vont fidéliser une large
clientèle ". Et de marteler: "la privatisation a
été une bonne chose pour notre pays..."
Après le contrôle minutieux
de nos documents de voyage, un membre du
personnel naviguant nous indique notre siège. Il
y a deux classes : "affaires et "économique".
Un regard furtif à
l'intérieur de l'avion et nous apercevons deux
ministres de la République. Nous croyons rêver.
Pour un voyage aussi régulier et simple que
celui de Paris, les hautes personnalités du
pays, choisissent comme à leur habitude, la
première classe. Emilienne, assise juste à nos
côtés, les égratigne en disant: "du fait de
cette proximité même passagère, comment ne pas
penser que nous vivons pareillement". Et de
poursuivre, en voyageant en classe d'affaires,
que vont-ils perdre ?"
Au terme des formalités de
décollage, nous prenons l'envol à l'heure
prévue. Un autre motif de satisfaction, le
personnel à bord est très accueillant. Même si
la langue de Molière n'est pas le point fort de
l'ensemble du personnel navigant la gestuelle
suffit à satisfaire votre demande.
Reste que les gourmets ont
tout intérêt à bien se restaurer avant
d'emprunter "Gabon Airlines". Les repas servis à
bord étant plutôt du genre frugal.
Après 6h30mn de vol, nous
arrivons à CDG1. Les quelques passagers du vol
font le même constat avec ces prix et pour un
simple voyage, il y a de quoi choisir toujours
Gabon Airlines.
Comme quoi, il reste à cette
compagnie d'assurer, de confirmer et d'améliorer
la dualité de ses prestations pour fidéliser une
clientèle qui ne demande que cela.