LOCALES DE DÉCEMBRE 2007 /
RÉVISI0N DES LISTES ÉLECTORALES
Les
délais peuvent-ils être respectés ?
Si le ministre de l'Intérieur
est confiant sur ce que cinq mois suffisent pour
mener à bien l'opération d'inscription sur les
listes électorales. Nombreux sont ceux qui se
montrent dubitatifs sur la fiabilité d'une telle
opération par rapport aux habitudes acquises.
LORSQUE la révision de la
liste électorale était attendue au premier
semestre de l'année en cours, conformément aux
dispositions légales, celle-ci n'a pu avoir lieu
pour diverses raisons. En l'occurrence,
l'introduction de la biométrie dans le mode de
scrutin, et dont la mise en oeuvre a pris
beaucoup plus de temps que prévu, a expliqué le
ministre de l'Intérieur André Mba Obame que nous
avons dernièrement rencontré. L'introduction de
la biométrie avait fait partie, en effet, des
propositions émises par l'opposition, notamment
l'Union du peuple gabonais lors des pourparlers
de la classe politique d'Arambo pour permettre
l'amélioration du fichier électoral comportant
trop souvent des doublons à chaque opération
d'inscription. Ce nouveau procédé électoral va,
on s'en doute, obliger les techniciens du
ministère de l'Intérieur à mettre à plat le
fichier électoral et donc à procéder à une
nouvelle opération complète de réinscription sur
lesdites listes.
Les explications du ministre
de l'Intérieur ont, il est vrai permis
d'éclairer l'opinion sur les raisons du retard
pris dans ladite opération, le travail accompli
jusque-là par ses services et es difficultés
rencontrées tout au long du processus, bien sûr
avant l'opération d'inscription à proprement
parler. Mais elles n'ont pas pour autant
annihilé les inquiétudes fort légitimes de
certains acteurs politiques, notamment de
l'opposition, qui craignent que l'opération que
va bientôt lancer le ministère de l'Intérieur se
déroule dans la confusion la plus totale, étant
donné la proximité avec la tenue des locales. Eu
égard aux écueils qu'on peut rencontrer dans ce
type d'opération, notamment aux habitudes des
Gabonais qui ne sont pas souvent prompts à
répondre aux sollicitations dont ils font
l'objet, nombreux sont ceux qui expriment
fortement leur doute de voir cette opération
être menée à bien et surtout remporter un franc
succès.
SOUBRESAUTS• Pour
garantir justement ce succès, le ministre de
l'Intérieur invite pour cela tous les
compatriotes concernés par l'opération
d'inscription à se rendre massivement dans les
différents centres sitôt que l'opération sera
lancée, plutôt que d'attendre le dernier jour
comme c'est souvent le cas.
Malgré tout, la question de
savoir s'il est possible d'organiser une
opération de cette envergure dans les délais qui
restent avec l'obligation de réunir toutes les
conditions de transparence, brûle les lèvres des
plus sceptiques. Une question importante et
fondée, au demeurant, d'autant plus qu'il faut
d'abord et avant tout convaincre les électeurs
et électrices d'aller de nouveau se faire
inscrire sur les listes électorales, organiser
des campagnes de sensibilisation et
d'explication tant au niveau national des
formations politiques, que des séminaires de
formation sur l'utilisation de la biométrie. Des
campagnes qui s'avèrent en tout cas nécessaires,
sinon indispensables et qui vont forcément
prendre du temps. Aussi, du fait que le mois
d'août est à la fois un mois festif et de
vacances, il est à craindre que les opérations
ne commencent à vrai dire qu'au mois de
septembre. Et là, on ne disposera plus que de
trois mois.
Pour le ministre d'Etat André
Mba Obame, cependant, ses services disposent de
suffisamment de temps pour réaliser toutes les
opérations préélectorales. Celles-ci ayant bien
réussi dans d'autres pays comme le Nigeria, la
RDC ou la Mauritanie qui ont une démographie
beaucoup plus importante et qui ont servi de
référence sinon de modèle pour les autorités
gabonaises, il n'y a guère de raison qu'elles ne
réussissent pas chez nous, a assuré le membre du
gouvernement. Lequel ajoute en plus que grâce
aux avancées technologiques et à l'expertise
accumulée au niveau de la confection des listes
électorales, de l'enregistrement des électeurs,
même en ce qui concerne la confection des cartes
d'identité tout concourt en faveur de
l'administration.
L'opération qui va être
bientôt menée vise donc à doter les électeurs
des deux sexes de cartes d'électeurs et de
cartes d'identité numérisées. Elle vise la
transparence électorale, tant voulue par les
acteurs politiques, et dont le défaut est
souvent à l'origine des soubresauts
post-électoraux.