LOCALES DE DÉCEMBRE 2007 /
/RÉVISION DES LISTES ÉLECTORALES
La
biométrie comme nouvelle option
Compte tenu des dispositions
de la loi électorale, l'expérimentation de cette
pratique ne peut plus s'arrêter à la seule
commune de Libreville. Le ministère de
l'Intérieur s'active pour qu'elle s'étende à
tout le pays. D'aucuns espèrent que cette
nouvelle donne permettra au Gabon d'avoir,
enfin, une liste électorale fiable
LES
"Accords d'Arambo" avaient décidé de
l'instauration de la biométrie dans la
confection des listes électorales. Ces accords
étaient le fruit de la concertation politique
initiée par le président de la République, Omar
Bongo Ondimba. Cette nouvelle donne devrait
améliorer le fichier électoral. Contrairement, à
l'idée de départ, l'expérimentation ne
concernera plus uniquement la commune de
Libreville. La loi ne le permet pas. Etant donné
que les élections se dérouleront sur l'ensemble
du territoire, selon les dispositions légales
s'appliquant à toutes les circonscriptions.
L'opération sera donc généralisée dans tout le
pays.
Au ministère de l'Intérieur,
les experts s'attellent au travail préparatoire
de cette opération depuis longtemps. Le patron
de ce département, le ministre d'Etat André Mba
Obame souligne que plusieurs contacts ont été
pris. Et conformément aux discussions entre la
majorité et l'opposition, des missions ont été
menées où la biométrie a été introduite en
Afrique.
"Ces démarrages ont été
entreprises, a dit Mba Obame. Nous avons vu ce
qui s'est passé ailleurs, nous avons discuté
avec les prestataires et opérateurs qui ont eu à
réaliser cette opération, par exemple en RDC, en
Mauritanie, et au Sénégal. Tout ceci a pris
beaucoup de temps, car ce n'est pas une
opération facile".
D'autres contacts ont même
été pris sur le plan intérieur avec les partis
de l'opposition. Notamment l'Union du peuple
gabonais (UPG) qui semble avoir une bonne
documentation sur la biométrie.
Le patron de l'Intérieur
précise que ses services sont en train de
finaliser le travail relatif aux données
techniques. Pour faire dans les normes et la
correction, le ministère de l'Intérieur a
dernièrement rendu compte à la Cour
constitutionnelle, juridiction compétente en
matière d'élection. "Parce que, a justifié le
ministre d'Etat Mba Obame, nous étions
conscients du fait qu'avec l"instauration
de la biométrie il nous était difficile
sinon impossible de respecter les délais légaux
qui fixent au premier semestre, l'opération
de révision de la liste électorale ".
Histoire pour les autorités de l'Avenue de
Cointet de montrer qu'il ne servait à rien
d'engager une opération normale aux délais
indiqués, alors que désormais il fallait
introduire la donne de la biométrie. Une
opération régulière de révision ne pouvait plus
apporter les améliorations escomptées au niveau
du fichier électoral.
"Nous avons présenté à la
Cour les résultats de nos contacts et de nos
recherches, tout en leur exprimant nos
regrets face au cas de force majeur ayant fait
en sorte que nous ne puissions pas entreprendre
la révision ordinaire dans les délais
requis"; a relevé le patron de l'Intérieur.
CHRONOGRAMME. Toutefois,
André Mba Obame souligne que si toutes
les conditions financières et autres sont
réunies, ses services pourront respecter le
chronogramme que son ministère a proposé à la
Cour, et la révision pourrait intervenir avec
l'instauration de la biométrie. "Nous nous
sommes rendus compte, a dit le ministre d Etat
que cette opération devrait aboutir à une remise
à plat du fichier électoral. Nous aboutirons
sans doute à un fichier qui donnera satisfaction
à tous ceux qui veulent que les élections dans
notre pays se fassent dans de bonnes
conditions".
Aux dires du patron de
l'Intérieur, le travail effectué et finalisé
sera bientôt présenté au chef de l'Etat. Il ne
doute pas que celui-ci sera entouré entre autres
de certains acteurs politiques de toutes les
tendances. Après l'étape de la présidence, les
experts du ministère de l'Intérieur et tous les
autres
acteurs concernés par
l'opération de révision passeront à la phase
pratique.
L'avantage de la biométrie
est qu'on n'aura plus besoin des mouvements des
populations pour se faire inscrire.
"Seule la présence de
la personne dans un centre d'inscription sera
nécessaire, un électeur de Modouneu ou
d'ailleurs peut s'inscrire à Libreville ou
ailleurs ", a assuré André Mba Obame qui a
ajouté que " la personne n'aura pas besoin de
fournir les photos d'identité puisqu'elle sera
photographiée sur place. On
Prendra son empreinte
digitale et elle remplira un formulaire ".
OPERATION GRATUITE.
Cet effort est réalisé par l'administration,
notamment le président de la République qui a
pris toutes les dispositions pour que cette
opération soit gratuite pour l'ensemble des
Gabonais. "Ce que l'on demandera aux
compatriotes, a dit le ministre d'Etat, c'est de
se rendre au centre d'inscription pour remplir
les formalités nécessaires dans les délais
requis. Au sortir de là, il aura, après, une
carte d'électeur et une carte nationale
d'identité sécurisées, parce que nous nous
attelons à faire en sorte que lors des élections
locales, chaque électeur présente sa carte
nationale d'identité".
Réagissant aux interrogations
relatives au risque de fraude, le ministre de
l'Intérieur, tout en reconnaissant l'existence
des manquements dans la délivrance des actes de
naissance dans certaines municipalités, s'est
voulu rassurant. "Nous arriverons a-t-il
garanti, à faire en sorte que les gens qui ont
des faux actes de naissance ne puissent pas
s'inscrire. S'ils y parviennent, ils pourront ne
pas avoir les cartes d'électeurs et les cartes
d'identité. Car il y aura beaucoup de contrôles
avant la délivrance de ces documents ".
La question est maintenant de
savoir si, compte tenu du caractère complexe et
nouveau de l'opération, elle pourra se faire
sans préjudice pour le respect des délais de la
tenue des élections locales, normalement prévues
en décembre prochain.