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Le quotidien l'Union du 09 Juillet 2007

 

GABON-FRANCE/ ACCORDS SUR LES FLUX MIGRATOIRES

Un succès diplomatique pour Bongo Ondimba

Le chef de l'Etat s'est personnellement impliqué dans l'aboutissement de ce dossier pour que les ressortissants gabonais retrouvent le statut privilégié qu'ils avaient perdu au fil des années pour se rendre et séjourner en France.

A coup sûr, le président Omar Bongo Ondimba a remporté un succès diplomatique important, suite à la signature, le juillet 2007, à Libreville, d'un accord sur les flux migratoires entre le Gabon et la France, facilitant notamment les déplacements vers l'hexagone des ressortissants gabonais.

La conclusion de cet accord qui prévoit la suppression des visas courts séjours pour les détenteurs de passeports de service, instaure des visas de circulation de deux ans à entrées multiples pour les motifs économiques, professionnels, médicaux ou familiaux, pour ceux ayant des passeports ordinaires. De même que de nouvelles facilités de séjour et de travail pour les étudiants et stagiaires gabonais ont été obtenues grâce à l'implication personnelle du chef de l'Etat gabonais. Lequel aura pesé de tout son pois, depuis près de deux ans, en ouvrant les discussions avec les autorités françaises. Notamment avec Nicolas Sarkozy, d'abord lorsqu'il était ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, et ensuite, lors de leur premier entretien à l'Elysée, rencontre au sommet qui aura accéléré le processus permettant aujourd'hui, a notre pays de recouvrer, certes pas totalement mais en partie, le traitement spécial qu'il avait perdu au fil des années.

S'il est salué dans l'opinion gabonaise c'est davantage parce qu'il rétablit en partie du moins, les acquis des ressortissants gabonais. Il ramène quelque peu, les deux parties dans la situation qui prévalait après les Indépendances et ce, jusqu'au début des années 80, en se conformant ainsi, au caractère synallagmatique du contrat des flux migratoires entre les deux parties et par conséquent, à des privilèges réciproques.

L'accord signe entre les deux pays est un modèle du genre, qui réjouit les deux parties, principalement, le Gabon qui récolte le fruit des efforts déployés par le numéro un gabonais ayant choisi le dialogue, la patience pour amener les dirigeants français à bien comprendre le bien-fondé de la requête gabonaise pour le rééquilibrage dans application des accords qui lient les deux pays.

RECIPROCITE• En effet, le Gabon et la France qui entretiennent de relations séculaires et privilégiées, avaient signé une convention sur la circulation et le séjour des personnes entre les deux Etats. Celle-ci conférait aux ressortissants gabonais et français des avantages spécifiques, ayant permis à de nombreux compatriotes de se rendre en terre française pour y étudier ou se faire soigner, sans se soumettre aux formalités aéroportuaires. Lesdits avantages continuent d'être accordés aux Français, dont la communauté a toujours été importante en terre gabonaise.

Mais, il faut dire qu'à la suite des contraintes imposées, sans nul doute, par la construction de l'Europe, et certainement aussi, à cause des flux migratoires importants des ressortissants africains et autres vers la France au milieu des années 80, un durcissement des mesures migratoires a été enregistré. Les ressortissants gabonais comme ceux d'autres nationalités ont commencé à subir des restrictions conformément aux lois dites "Charles Pasqua", du nom de l'ancien ministre français de l'Intérieur du gouvernement Jacques Chirac, inaugurant la première cohabitation en France. Le 2 décembre 1992, poussée sans doute, par des obligations communautaires Paris a expressément souhaité une révision de la convention du 17 août 1960, introduisant l'obligation de visas de court et long séjours pour entrer sur le territoire de l'un comme de l'autre pays. Celle-ci sera suivie en mars 2002, par une autre incluant et exigeant également les visas, les cartes de séjours pour les résidents, le refoulement ainsi que d'importantes restrictions à l'emploi des gabonais en France, et des Français au Gabon. Sauf que dans leur application, la partie française se montre plus intransigeante, on parle même et parfois du zèle des Français dans plusieurs cas, contrairement à la partie gabonaise reprochée par son opinion de n'avoir pas appliqué le principe de la réciprocité, en dépit des multiples restrictions, tracasseries aux frontières, dans les Consulats auxquelles dont sont régulièrement confrontés les ressortissants gabonais. Bien plus, les Gabonais ont été aussi confrontés à de nombreux rejets de demandes de visas, malgré les aménagements apportés par les responsables consulaires français en matière d'accueil. Il en est de même du traitement égalitaire en matière d'emplois. Alors que, parallèlement, les Français continuaient à bénéficier de leur statut particulier.

RÉCIPROCITÉ • Face donc à cette situation, la Représentation nationale, relayant les inquiétudes et appréhensions de ses mandataires, avait été contrainte d'interpeller le gouvernement, pour qu'il s'explique sur la coopération bilatérale avec la France en matière d'établissement, de circulation et de séjour de personnes, et pour qu'il dise comment entend-il amener la partie française à assurer le principe d'égalité, de réciprocité, de l'intérêt mutuel proclamés dans les conventions. Pour mieux exprimer sa désapprobation et son dépit, l'Assemblée nationales était déjà interrogée sur la nécessité ou non de réviser la convention franco-gabonaise relative à la circulation et le séjour des personnes.

Sur ces points, la position des autorités gabonaises et principalement du chef de l'Etat, a été de privilégier l'apaisement, le maintien, à juste titre d'ailleurs, du caractère particulier et exceptionnel des relations franco-gabonaises en oeuvrant, avec mesure, pour l'application des accords avec la France. Le président Omar Bongo Ondimba qui, en homme d'État reconnu pour sa sagesse, est conscient du fait qu aucun élément ne justifiait la perte par notre pays, des acquis des conventions signées dans le cadre des relations exceptionnelles qu' entretiennent les deux États. Il s'est attelé avec l'ardeur et la conviction qu'il a la raison de son côté. Partant, il a obtenu satisfaction après que les autorités françaises principalement, le président Nicolas Sarkozy eut partagé sa préoccupation exprimée régulièrement à chacune de leurs entrevues, de changer et de faire évoluer positivement la donne, notamment celle de tenir compte de la particularité du pays ami, le Gabon, en matière de flux migratoires. Reste maintenant à savoir si l'esprit et la lettre de cet accord seront bien respectés par les deux parties.

Source : Journal L'Union Plus du 09/07/2007

 



   

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