GABON-FRANCE/ ACCORDS SUR LES
FLUX MIGRATOIRES
Un
succès diplomatique pour Bongo Ondimba
Le chef de l'Etat s'est
personnellement impliqué dans l'aboutissement de
ce dossier pour que les ressortissants
gabonais retrouvent le statut privilégié qu'ils
avaient perdu au fil des années pour se rendre
et séjourner en France.
A
coup sûr, le président Omar Bongo Ondimba a
remporté un succès diplomatique important, suite
à la signature, le juillet 2007, à Libreville,
d'un accord sur les flux migratoires entre le
Gabon et la France, facilitant notamment les
déplacements vers l'hexagone des ressortissants
gabonais.
La conclusion de cet accord
qui prévoit la suppression des visas courts
séjours pour les détenteurs de passeports de
service, instaure des visas de circulation de
deux ans à entrées multiples pour les motifs
économiques, professionnels, médicaux ou
familiaux, pour ceux ayant des passeports
ordinaires. De même que de nouvelles facilités
de séjour et de travail pour les étudiants et
stagiaires gabonais ont été obtenues grâce à
l'implication personnelle du chef de l'Etat
gabonais. Lequel aura pesé de tout son pois,
depuis près de deux ans, en ouvrant les
discussions avec les autorités françaises.
Notamment avec Nicolas Sarkozy, d'abord
lorsqu'il était ministre d'Etat en charge de
l'Intérieur, et ensuite, lors de leur premier
entretien à l'Elysée, rencontre au sommet qui
aura accéléré le processus permettant
aujourd'hui, a notre pays de recouvrer, certes
pas totalement mais en partie, le traitement
spécial qu'il avait perdu au fil des années.
S'il est salué dans l'opinion
gabonaise c'est davantage parce qu'il rétablit
en partie du moins, les acquis des
ressortissants gabonais. Il ramène quelque peu,
les deux parties dans la situation qui prévalait
après les Indépendances et ce, jusqu'au début
des années 80, en se conformant ainsi, au
caractère synallagmatique du contrat des flux
migratoires entre les deux parties et par
conséquent, à des privilèges réciproques.
L'accord signe entre les deux
pays est un modèle du genre, qui réjouit les
deux parties, principalement, le Gabon qui
récolte le fruit des efforts déployés par le
numéro un gabonais ayant choisi le dialogue, la
patience pour amener les dirigeants français à
bien comprendre le bien-fondé de la requête
gabonaise pour le rééquilibrage dans application
des accords qui lient les deux pays.
RECIPROCITE• En effet, le
Gabon et la France qui entretiennent de
relations séculaires et privilégiées, avaient
signé une convention sur la circulation et le
séjour des personnes entre les deux Etats.
Celle-ci conférait aux ressortissants gabonais
et français des avantages spécifiques, ayant
permis à de nombreux compatriotes de se rendre
en terre française pour y étudier ou se faire
soigner, sans se soumettre aux formalités
aéroportuaires. Lesdits avantages continuent
d'être accordés aux Français, dont la communauté
a toujours été importante en terre gabonaise.
Mais, il faut dire qu'à la
suite des contraintes imposées, sans nul doute,
par la construction de l'Europe, et certainement
aussi, à cause des flux migratoires importants
des ressortissants africains et autres vers la
France au milieu des années 80, un durcissement
des mesures migratoires a été enregistré. Les
ressortissants gabonais comme ceux d'autres
nationalités ont commencé à subir des
restrictions conformément aux lois dites
"Charles Pasqua", du nom de l'ancien ministre
français de l'Intérieur du gouvernement Jacques
Chirac, inaugurant la première cohabitation en
France. Le 2 décembre 1992, poussée sans doute,
par des obligations communautaires Paris a
expressément souhaité une révision de la
convention du 17 août 1960, introduisant
l'obligation de visas de court et long séjours
pour entrer sur le territoire de l'un comme de
l'autre pays. Celle-ci sera suivie en mars 2002,
par une autre incluant et exigeant
également les visas, les cartes de séjours pour
les résidents, le refoulement ainsi que
d'importantes restrictions à l'emploi des
gabonais en France, et des Français au Gabon.
Sauf que dans leur application, la partie
française se montre plus intransigeante, on
parle même et parfois du zèle des Français dans
plusieurs cas, contrairement à la partie
gabonaise reprochée par son opinion de n'avoir
pas appliqué le principe de la réciprocité, en
dépit des multiples restrictions, tracasseries
aux frontières, dans les Consulats auxquelles
dont sont régulièrement confrontés les
ressortissants gabonais. Bien plus, les Gabonais
ont été aussi confrontés à de nombreux rejets de
demandes de visas, malgré les aménagements
apportés par les responsables consulaires
français en matière d'accueil. Il en est de même
du traitement égalitaire en matière d'emplois.
Alors que, parallèlement, les Français
continuaient à bénéficier de leur statut
particulier.
RÉCIPROCITÉ • Face donc à
cette situation, la Représentation nationale,
relayant les inquiétudes et appréhensions de ses
mandataires, avait été contrainte d'interpeller
le gouvernement, pour qu'il s'explique sur la
coopération bilatérale avec la France en matière
d'établissement, de circulation et de séjour de
personnes, et pour qu'il dise comment entend-il
amener la partie française à assurer le principe
d'égalité, de réciprocité, de l'intérêt mutuel
proclamés dans les conventions. Pour mieux
exprimer sa désapprobation et son dépit,
l'Assemblée nationales était déjà interrogée sur
la nécessité ou non de réviser la convention
franco-gabonaise relative à la circulation et le
séjour des personnes.
Sur ces points, la position
des autorités gabonaises et principalement du
chef de l'Etat, a été de privilégier
l'apaisement, le maintien, à juste titre
d'ailleurs, du caractère particulier et
exceptionnel des relations franco-gabonaises en
oeuvrant, avec mesure, pour l'application des
accords avec la France. Le président Omar Bongo
Ondimba qui, en homme d'État reconnu pour sa
sagesse, est conscient du fait qu aucun élément
ne justifiait la perte par notre pays, des
acquis des conventions signées dans le cadre des
relations exceptionnelles qu' entretiennent les
deux États. Il s'est attelé avec l'ardeur et la
conviction qu'il a la raison de son côté.
Partant, il a obtenu satisfaction après que les
autorités françaises principalement, le
président Nicolas Sarkozy eut partagé sa
préoccupation exprimée régulièrement à chacune
de leurs entrevues, de changer et de faire
évoluer positivement la donne, notamment celle
de tenir compte de la particularité du pays ami,
le Gabon, en matière de flux migratoires. Reste
maintenant à savoir si l'esprit et la lettre de
cet accord seront bien respectés par les deux
parties.