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Le quotidien l'Union du 05 Juillet 2007

 

CHRONIQUE POLITIQUE

Questions sans réponses

L'ASSEMBLÉE nationale dispose en matière de contrôle de l'action gouvernementale de plusieurs moyens et procédures que sont: l'interpellation, les questions écrites ou orales auxquelles se soumettent le Premier ministre et les membres de son gouvernement.

L'interpellation, jeudi dernier, du ministre d'Etat, ministre de l'Economie, des Finances, du Budget et de la Privatisation, et du Premier ministre, chef du gouvernement, entrant dans le cadre de cette procédure, a permis à Paul Toungui et Jean Eyéghé Ndong, de s'expliquer devant la Représentation nationale, sur les conditions de la cession de Gabon Télécom et Libertis à Maroc Télécom, ainsi que sur la gestion des fêtes tournantes du 17-Août, deux dossiers qui suscitent de multiples interrogations, interprétations, voire des passions et des remous dans l'opinion nationale, notamment sur la manière dont ils ont été conduits et gérés.

Dans cet affrontement prenant des allures d'un jeu consistant à lancer un paquet de boue au visage de l'adversaire, le torrent de critiques, de plaintes et de regrets exprimés a été opposé à des arguments et contre-arguments juridiques, techniques et financiers. Le flot de chiffres et de commentaires contradictoires alimentant les rumeurs les plus folles a le plus souvent pris le pas sur la véritable information, le faux se parant des habits du vrai. Sans pour autant, fort malheureusement, que l'océan d'incompréhension qui sépare les gouvernants et les citoyens sur ces dossiers, n'ait été forcément réduit. La suspicion sur les modalités ayant présidé à la privatisation de cette société nationale, naguère fleuron en matière des télécommunications, et sur la capacité du gouvernement à faire aboutir correctement l'ambition présidentielle de développer par le biais des Fêtes tournantes, de manière harmonieuse le pays, subsiste toujours.

Car, des joutes oratoires auxquelles se sont livrées députés et gouvernement, l'on aura retenu, en ce qui concerne le dossier de la Privatisation, que le gouvernement a été amené à privatiser Gabon Télécom, au bord de la faillite, sans en avoir réellement achevé d'évaluer le coût réel de vente de l'entreprise, que cette cession porte, en elle, des manquements éventuellement imputables à l'urgence, que les négociations se poursuivent entre les parties gabonaise et marocaine. Que le gouvernement n'a pas forcément réussi à dissiper toute illusion sur son attitude à mieux gérer le dossier des fêtes tournantes, à l'occasion desquelles de nombreux hommes politiques et des chefs d'entreprises se sont frauduleusement enrichis. Que les sommes allouées et dégagées ont été, dans la plupart des cas, détournées à d'autres fins.

POLITIQUE SPECTACLE. En admettant que Gabon Télécom ait été vendue, car au bord du dépôt de bilan pourquoi a-t-on attendu la mort de la poule aux oeufs d'or pour réagir ? Que fait-on des auteurs de la gabegie financière ? En admettant que la cession a été faite précipitamment, que fait-on ? Doit-on revoir le processus, réorienter les discussions avec le nouveau partenaire ? En admettant que les fêtes tournantes ont été mal gérées par les politiques ou les patrons d'entreprises, que fait-on, sinon que réserve-t-on aux responsables de ces malversations financières ? Comment doit-on s'y prendre dorénavant ?

Ce sont là autant de questions non posées, mais qui renferment les principales préoccupations des Gabonais qui sont restés sur leur faim, pour n'avoir pas perçu dans la démarche des politiques, en dépit de fortes critiques, une volonté réelle de aire la lumière sûr ces dossiers brûlants. Là aussi, la Représentation nationale a manqué une occasion de jouer pleinement son rôle. Ne serait-ce qu'en poussant le gouvernement dans ses derniers retranchements, pour inspirer des sanctions susceptibles de décourager ceux qui aujourd'hui sont tentés par la même aventure que ceux qui sont incriminés.

Reste à savoir si les députés, dont un bon nombre traînent aussi des casseroles et qui, plus est, s'érigent en donneurs de leçons, sont vraiment motives pour un tel débat. Un échange qui aurait pu éviter au peuple gabonais 'assister à une sorte de théâtralisation du jeu politique et surtout à la politique spectacle à grande échelle médiatique à laquelle on a assisté au palais Léon Mba, d'autant que les questions de fond ont été occultées pour complaire, semble t-il à la rue qui se nourrit de ragots et du sensationnel.

Source : Journal L'Union Plus du 05/07/2007

 



   

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