OMNISPORTS/PRÉPARATION DES
ATHLETES GABONAIS A EVREU EN PRÉLUDE Â LA 9E
ÉDITION DES JEUX AFRICAINS D'ALGER
Un
débrayage préjudiciable
L'ARGENT. Toujours l'argent.
Encore l'argent, à l'origine, très souvent de
nombreux conflits dans nos milieux sportifs. Les
sportifs gabonais (karaté, boxe, judo et
taekwondo), exceptés ceux de l'athlétisme,
impressionnants au niveau de la discipline, ont
observé trois jours de débrayage jeudi, vendredi
et samedi derniers). Suite, selon certaines
indiscrétions, à la fausse nouvelle distillée
par les boxeurs (encadreurs et pugilistes),
selon laquelle une prime était prévue à tous les
sportifs en mise au vert à Evreux pour préparer
les 9es Jeux africains d'Alger (Algérie).
Une préparation perturbée
sérieusement par un mouvement de grève qui, sans
pour autant prendre fin après la promesse
financière rassurante faite, vendredi dernier en
début de soirée, par le président du Comité
olympique gabonais (COG), Léon-Louis Folquet
soutenu par le ministre gabonais des Sports
Egide Boundono Simangoye, à travers une
conférence de presse téléphonique, ne trouve
véritablement son épilogue que lorsque Mélanie
Engoang (DTN judo) monte sur ses ergots.
En effet, sentant la gravité
de la tournure prise par le mouvement, elle
décide, avec le consentement de son président
fédéral, de délocaliser ses athlètes de "Jeanne
d'Arc" pour la "Résidence FJT Navarre". Une
décision courageuse et salutaire qui, certes
boudée par les grévistes parmi lesquels
figuraient, curieusement, les partenaires de
Mélanie, fera tomber une température devenue
volcanique à "Jeanne d'Arc", transformée en
pandémonium.
Aucun dirigeant, encore moins
les encadreurs techniques, ne contrôlait plus la
situation. Les écarts de langage entre athlètes
et leurs dirigeants devenaient indigestes voire
déviants. Certains sportifs, refusant même de
saluer leurs entraîneurs, menaçaient verbalement
ceux qui voulaient travailler. Une intimidation
qui ne pouvait que faire monter une pression
déjà haute.
"(..) On a l'impression
d'être dans une auberge espagnole", déclare,
impuissant, l'envoyé spécial du Comité
olympique gabonais en voyant les athlètes
abandonner les sites d'entraînement et le
restaurant au profit des balades dans les
magasins environnants pour y acheter leurs
"nourritures". Une alimentation qui n'est pas
appropriée pour des athlètes de haut niveau pour
qui la diététique sportive est pointilleuse.
Tout au long de ce malheureux
mouvement, préjudiciable à la forme de nos
"ambassadeurs", on regrette le manque de poigne
et d'autorité de certains encadreurs techniques
qui sont loin d'être exempts de tout reproche
lors de ce soulèvement. On aimerait d'ailleurs
connaître les critères qui ont présidé à leur
choix...
Cette "mutinerie" s'est
achevée, tant bien que mal, dimanche dernier,
avec le retour progressif sur les sites
d'entraînement de certains de nos sportifs. Y
compris les taekwondos qui ont accueilli avec
joie, samedi dernier en matinée, leur entraîneur
Fulcran Menié Effa en provenance de Libreville.
Le jeune karatéka Rodrigue
Bikegne Meyo, victime, selon le médecin du
groupe et ses encadreurs, du chikungunya, est
aux bons soins du personnel de 1 hôpital d'Evreux,
tandis que Nguéma Mba et Petit Jésus Gnetendem
préférant évoluer hors du groupe, donnent des
soucis à leurs encadreurs techniques qui se
plaignaient, dimanche après-midi, de leur
mauvais comportement. Lequel mauvais
comportement a fait rater aux pugilistes,
vendredi dernier, des combats déjà médiatisés
par la presse locale, contre des adversaires
huppés locaux.
Pendant ce temps, l'athlète
Sandrine Kengué qui travaille sereinement,
accompagnée de son entraîneur Roger Oyembo, est
allé prendre part samedi dernier, à une course
mixte à Lillebonne, localité située à quelques
encablures de Rouen, où elle a occupé la 2e
place après avoir bouclé 5000 m en 17" 52". En
son absence, le groupe a enregistré l'arrivée de
l'athlète Thibault Biwagou (400 m), pourtant
écartée lors de la sélection de Libreville
puisque n'atteignant pas, aux dires des
techniciens, les minimas.
Par ailleurs, le groupe
regrette la tournure prise par le dossier de
Marlyse Nsourou dont les dirigeants (ils sont en
stage en Italie) attendent toujours en vain une
lettre de la FGAA pour qu'elle soit libérée. Une
tâche que se propose de faire probablement le
conseiller technique du ministre gabonais des
Sports, Prudence Obiang Ondo, présent à Evreux,
chef-lieu du département de l'Eure.