La Cour juge conforme â la loi l'arrêté ouvrant
l'opération
La décision des hauts
juges est assortie d'une réserve de la
suppression dans l'article 2 dudit arrêté du
terme "spéciale". La révision suspendue jusqu'à
la date à laquelle la Cour doit rendre sa
décision, doit reprendre son cours normal sur
l'ensemble du territoire.
LA Cour constitutionnelle saisie le 21 janvier
dernier par les partis de l'opposition gabonaise
aux fins de voir déclarer non conforme à la
Constitution et à l'ordonnance du 21 août 2007
l'arrêté du ministre de l’Intérieur portant
ouverture de la période de révision des listes
électorales, a déclaré ce texte conforme à la
loi.
La décision prise au terme de la séance du 29
janvier dernier présidée par le président de la
haute juridiction, Mme Marie-Madeleine
Mborantsuo, est parvenue hier, mercredi 30
janvier 2008, à notre desk une semaine après
l'enregistrement de la saisine au Greffe de la
juridiction constitutionnelle. Très attendu en
raison de l'importance et la sensibilité de la
question électorale, notamment, des listes
électorales qui agitent à chaque consultation le
microcosme politique, le rendu est assorti d'une
réserve de la suppression à l'article 2 dudit
arrêté du terme " spéciale". Ce qui donne ainsi
toute latitude au ministère de l'Intérieur ayant
la charge de la révision des listes électorales
de reprendre, sinon, poursuivre l'opération
suspendue sur l'ensemble du territoire jusqu'à
la date à laquelle la Cour devait rendre sa
décision, conformément aux dispositions de
l'alinéa 4 de l'article 37 de la loi organique
sur la Cour constitutionnelle.
Les requérants Jules-Aristide Bourdès
Ogouliguendé, (CDJ), Léon Mbou Yembi (FAR),
Mouang Mbadinga (MESP), Benoît Mouity Nzamba
(PGP), Moussavou King ( PSG), Christian-Serge
Maroga (RDD), Zacharie Myboto (UGDD), Pierre
Mamboundou (UPG), etc, n'ont donc guère vu
prospérer leurs nombreux arguments contenus dans
la requête introduite à la suite du débat
télévisé du 13 janvier dernier entre les
représentants de la majorité, le ministre de
l'Intérieur André Mba Obame, les partis
politiques de l'opposition.
Ces derniers s'estimaient lésés dans leurs
droits de bénéficier des avantages qu'offre la
loi d'introduire les noms de leurs pères et
mères dans le fichier électoral pour sa
fiabilité. En soutien à leur revendication, ils
ont fait valoir que l'arrêté devait subir la
censure du fait que son article 2 contredit les
dispositions de la loi 7 /96 portant
dispositions communes à toutes les élections
politiques dans notre pays en application duquel
il a été pris.
URGENCE
Le ministre de l'Intérieur auditionné par la
Cour, avait naturellement opposé à la requête
des opposants la non rétroactivité de la loi,
tout en rappelant que la liste électorale étant
permanente, tous les électeurs déjà inscrits sur
celle-ci le demeurent ainsi que le seront les
autres qui que s le durant la période de
révision à venir. André Mba Obame a dit
« qu’il n’y a donc pas de traitement
discriminatoire des électeur ». Mieux, il a
fait observer que jusqu'à ce que "le
législateur décide de l’établissement d'une
nouvelle liste électorale, en l'état actuel de
la législation en vigueur, les listes
électorales ne peuvent faire l'objet que de
révision". Au sujet de l’article de l'arrêté
incriminé, pour lui, le terme spécial " qui
est y contenu et qu'on ne retrouve ni dans
l'intitulé du texte, ni dans aucune autre
disposition de la loi, "est en réalité une
erreur matérielle que ses services sont disposés
à corriger".
Après l'examen en urgence de la saisine des
leaders des partis de l'opposition gabonaise, le
rendu des hauts juges qui ne fait l'objet
d'aucun recours, la décision s'impose à tous,
règle définitivement la question relative à la
procédure de révision des listes qui alimentait
la polémique en autorisant, de fait, la reprise
de l'opération. Cela en exigeant de
l'Administration en charge de ce dossier de
corriger l'erreur matérielle reconnue r le
ministre André Mba Obame.
Reste maintenant à l'ensemble des parties
impliquées dans le processus électoral qui, il
faut le dire, piétinait en raison du refus des
formations de l'opposition de jouer franc-jeu
d'œuvrer à l’aboutissement de celui-ci. La
convocation du collège électoral en vue du
renouvellement des assemblées départementales,
municipales et conseils d'arrondissement devant
se tenir au plus tard le 30 avril, exigeant que
les listes électorales soient révisées de
manière à éviter les fraudes, manipulations et
contestations qui ont souvent émaillé les
consultations politiques, d'aucuns espèrent, à
la suite de cette tentative avortée, que ce camp
désignera ses représentants, aussi bien pour la
révision, qu'au sein de la Commission électorale
nationale autonome et permanente.