ELECTIONS LOCALES
2008
La Cour suspend la révision des listes
électorales
L'opposition ayant attaqué l'arrêté qui porte
ouverture de la période de révision des listes,
son recours est suspensif de la procédure
jusqu'à la date à laquelle la Cour
constitutionnelle rendra sa décision.
(Articles 85 de la Constitution et 34 de la loi
Organique de la Cour).
LA Cour
constitutionnelle a suspendu, hier mardi 22
janvier 2008, l'opération de révision des listes
électorales sur l'ensemble du territoire,
jusqu'à à la date à laquelle elle rendra sa
décision à la suite d'un recours de l'opposition
attaquant l'arrêté du ministère de l'Intérieur
portant ouverture de cette opération.
L'annonce faite en
début de soirée est conforme aux articles 85 de
la Constitution et 34 alinéa 4 de la loi
Organique sur la Cour constitutionnelle, donnant
effet suspensif au recours contre une loi ou
acte réglementaire jusqu'au rendu de la haute
juridiction. Cela, dans les tout prochains
jours, compte tenu de l'urgence de la question
et surtout de l'importance accordée à cette
opération indispensable à la tenue des élections
en vue du renouvellement des assemblées
départementales, municipales et des conseils
d'arrondissements devant se tenir au plus tard
le 30 avril, date butoir fixée par la Cour. Une
certitude: la procédure d'urgence devant être
requise pour l'examen de ce recours.
La mesure
provisoire intervenant après que le greffe eut
enregistré la requête des partis de l'opposition
gabonaise, contraint, du coup, le ministère de
l’Intérieur qui avait déjà mobilisé ses experts
sur l'ensemble des circonscriptions du pays à
une pose forcée. Cette mesure suscite un petit
espoir aux opposants qui espèrent naturellement
au terme de l'examen de leur recours que leurs
arguments vont prospérer. Ceux-ci contenus dans
la requête introduite au lendemain de l'émission
télévisée du dimanche 13 janvier dernier entre
les représentants de la majorité, de
l'opposition et le ministre de l'Intérieur, les
dirigeants de partis de l'opposition,
JulesAristide Bourdès Ogouliuendé (CDJ),
Zacharie Vlybotu (UGDD), Pierre Mambounduu
(UPG), Léon Mbou Yembi (FAR), Benoît Mouity
Nzamba (PGP) etc, portaient plusieurs griefs
contre le ministre de l'Intérieur.
ARGUMENTS Ils
estiment que ce dernier se cantonne dans une
argumentation spécieuse et dans des dénégations
alambiquées pour refuser de comprendre
l'inadéquation de son opération de révision des
listes électorales avec la nécessité de
fiabiliser le fichier et les listes électorales
par l'introduction des critères d'ascendance
parentale à l'ensemble du corps électoral pour
régler le problème des inscriptions multiples
objet de tant de récriminations des citoyens et
de la classe politique. Des motifs pourtant
réfutés avec force arguments lors de débat
télévisé par André Mba Obame disposant, ce
soir-là, d'éléments n'ayant guère permis aux
leaders de l'opposition d'apporter ou de
soutenir une forte contradiction sur cette
question. Ils avaient été amenés, plus d'une
fois, à émettre des réserves et de tenir un
discours, pour le moins, ambigu quant à leur
participation à l'opération de révision lancée
le 14 janvier dernier. Contrairement, à la
démarche positive et participative qui avait été
la leur en 2006 en prélude aux élections
législatives.
Toutefois, dans le
communiqué annonçant leur recours, les partis
politiques de l'opposition avaient pris à témoin
la communauté nationale et internationale et mis
en garde sur les dérapages qu'occasionneraient,
dans le processus électoral, des listes
électorales pipées qui favoriseront, selon eux,
une fraude massive orchestrée par les tenants du
pouvoir. Ils arguaient également de ce que
l'attitude de la majorité présidentielle induit
une volonté manifeste d'organiser les mêmes
opérations de fraude lassantes et régulièrement
décriées.
Il reste que,
depuis lors, en dépit de leurs récriminations,
les responsables de ces formations politiques
affichaient des attitudes quelque ^peu
contradictoires, en même temps qu'ils
critiquaient, ils n'appelaient pas moins leurs
militants à aller se faire inscrire, mieux, on
apprend de source autorisée, que certains
convoyaient des bus pour faire inscrire les
leurs dans diverses circonscriptions du pays.
Si, la mesure de la
Cour freine quelque peu l'élan amorcé dans la
phase de révision, on espère au ministère de
l'Intérieur que cela sera de courte durée, les
responsables étant foncièrement décidés à
respecter les délais impartis de manière à ce
que les élections se tiennent à temps et avec
des listes fiables. Du côté de la Commission
électorale nationale autonome et permanente (CENAP),
impliquée également dans l'opération, mais qui
entendait toujours que l'opposition désigne ses
représentants à la plénière, on compte beaucoup
sur la diligence de la Cour dans le rendu afin
que le processus d'organisation du scrutin
devant être relancé avec l'élaboration du
calendrier le soit, une fois cette question des
listes électorales réglée.