UPNR, Louis Gastion
Mayila :
"Je reste dans la majorité présidentielle pour
assumer ce que nous avons fait de bien et de
mal"
Le président de l'Union pour la nouvelle
République a donné les principales raisons ayant
milité en faveur de son départ du Parti
démocratique
gabonais dont il était le vice-président.
LE président de l'Union pour la nouvelle
République (UPNR) s'est entretenu avec les
militants et sympathisants de son parti dimanche
au Méridien Mandji de Port-Gentil. Me Louis
Gaston Mayila s'est employé à en définir les
objectifs et répondre aux diverses questions :
l'Union pourquoi ? Comment ? Avec qui ? Il a
également décliné la place des jeunes et des
femmes au sein de son parti. Ce, bien avant
d'aborder les questions électorales et les
perspectives d'avenir.
Après s'être
présenté, il a donné les principales raisons de
ses départs et retours au PDG et au
gouvernement, la dernière défection datant de
juillet de l'année dernière. «Je pense qu'en
tant que vice-président du PDG, je devais être
associé dans la prise des décisions et non être
consulté Lorsqu'on ne se sent pas bien, on ne se
fait pas prier », a déclaré en substance
Louis Gaston Mayila qui relève quelques
dysfonctionnements au niveau de la conduite du
pays. Il fait d'abord sienne la définition de
Rousseau sur la République qui est cette forme
de gouvernement du peuple parle peuple et pour
le peuple.
L’orateur milite
pour un système de gouvernement d'égalité.
« La République suppose que dans n'importe
quelle partie du pays, le Gabonais doit se
sentir chez lui et exercer les mêmes
prérogatives»; a-t-il relevé estimant qu'on
ne peut y avoir autant de ministres que de
départements dès lors qu'on sert un même Etat.
« Léon MBA a bien dirigé ce pays avec 18
ministre seulement », a rappelé le président
de l'UPNR qui se propose de donner de la couleur
à la République en ayant des ministres pour
servir et non au service des localités.
L'orateur constate
par ailleurs qu'il existe deux constitutions
dans notre pays : une écrite qui est écrite et
l'autre orale. « Nous voulons créer une
nouvelle République pour avoir une constitution
seulement» ; a-t-il préconisé en
s'interrogeant, visiblement indigné : "Dans
quel on vous dira que pour être par exemple
Premier ministre, il fa ut être de telle ethnie
?"
BATAILLE POUR LE
BIEN-ÊTRE Pour lui, la République,
"c'est l'égalité de chacun à être à n’importe
quel poste. Ce n’est pas une République lorsque,
pour être maire de Libreville, il faut être fang
ou miénè". Ces propos ont arraché une
salve d'applaudissements de l'assistance, en
signe d'approbation.
S'appuyant sur
l'exemple de Port-Gentil qui, dans le temps, a
été dirigé par une française, Jean Valentine
Piraube et un Gabonais originaire de la Ngounié,
Pierre Claver Divounguy; il a ajouté: « Je ne
peux pas concevoir qu'on dise aujourd’hui que
être maire à Port-Gentil, on doit forcément être
ceci ou cela. Ce à quoi je m’oppose
formellement... »
Selon lui, l'Etat
est un territoire, un pouvoir politique organisé
et une population. De fait, il soutient qu’un
Etat doit être dirigé selon les règles.
"Voilà pourquoi nous parlons d'une nouvelle
République qui respecte les règles, où nous
avons les mêmes chances et qui n’exclut pas une
partie de ses enfants pour occuper telle ou
telle fonction" . Il a situé l'assistance
sur le positionnement de son parti sur
l'échiquier politique national.
"C'est trop facile
d'avoir été comme moi avec Bongo Ondimba pendant
35 ans (sur 40) et me lever un bon matin pour
dire : je suis opposant»; a-t-il confié pour
proclamer son appartenance à la majorité
présidentielle. Avant de renchérir : "Pour
avoir exercé de hautes fonctions dans l'appareil
de l'Etat, je suis pour quelque chose dans ce
que vous nous reprochez aujourd’hui". C'est
donc une raison de plus pour lui de demeurer
dans le camp qui soutient l'action du chef de
l'Etat.
"Je reste pour
assumer ce que nous avons fait de bien et de
mal, parce que nous n'avons pas fait que du
bien", a indiqué l'intervenant qui, comme
pour répondre a ceux qui veulent le pousser vers
la sortie, réplique: je suis avec vous et je
réponds avec vous. « Mette moi dehors par la
porte je rentrerai par la fenêtre ».
Tout en
encourageant les Gabonais à se battre pour
atteindre l'autosuffisance alimentaire, Me
Mayila ne semble pas partager l'idée de
privatiser nos entreprises. Il cherche des
réponses à ce sujet: "Comment un pays qui se
respecte peut il brader son patrimoine ? On
privatise, où est l'argent de la privatisation
?"
Son parti, a-t-il
dit, s'engage à lutter contre la pauvreté par
les services de base que sont la santé,
l'éducation, etc. L'ancien vice-Premier ministre
est revenu sur la légalisation de sa formation
politique et a annoncé la participation de
celle-ci aux prochaines joutes électorales.