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Le quotidien l'Union du 19 Janvier 2008

 

LA ROUTE AU GABON
 

Un casse-tête gouvernemental
Le Premier ministre a présidé, hier une réunion regroupant les ministères des Travaux publics, de l’Economie et des Finances et les responsables du Fonds d’entretien routier (FER II) pour faire avancer le dossier de la route confronté tant à de nombreuses pesanteurs qu’à l’absence de fonds.

 

CASSE-TETE des précédents gouvernements Gui se sont succédé au cours de ces quinze dernières années dans le pays, la route trouble le sommeil du nouveau Cabinet Eyéghé Ndong III, qui se trouve déjà malmené par une opinion nationale réactivant ses vives critiques devant la détérioration avancée du réseau routier, ceci malgré les sommes importantes dégagées.

Moins de trois semaines seulement après que le Premier ministre, Jean Eyeghé Ndong eut exprimé l'engagement de son gouvernement à mettre en œuvre les orientations du président de la République, dictées dans son discours du 1er décembre, l'urgence de trouver des éléments de réponse au problème que posent la construction et l'entretien des routes dans notre pays, a présidé à la tenue, hier, vendredi 18 janvier 2008, d'une réunion regroupant les responsables des ministères des Travaux publics, des Infrastructures et de la Construction, ceux de l'Economie et des Finances, et ceux du Fonds d' Entretien routier (FER II).

La rencontre à la Primature a été utile, du moins, en ce qu'elle a permis aux acteurs étatiques impliqués dans ce dossier sensible de rouvrir un nouveau round d'échanges directs et sincères sur les voies et moyens de faire avancer les choses. Cela d'autant que de sérieux problèmes de fond se posent et bloquent l'avancement correct de la route. La question du financement de 1 entretien routier, de la construction des routes, les lourdeurs et autres entraves observées dans la mise en œuvre des décisions et directives, apparaissent comme un serpent de mer au fil des années. Il y a comme un imbroglio, un véritable casse-tête pour le nouveau gouvernement.

En tous cas, l'abcès ayant été percé sur plusieurs aspects à la suite des interventions du nouveau ministre des Travaux publics, le général Flavien Nzengui-Nzondou, et du ministre délégué en charge de la Construction, Cisèle Laure

Eyang Ntoutoume, disposant des premiers éléments d'appréciation de la situation. De même qu'après les explications des techniciens des TP, des responsables du FER II( le PCA Raphaël Mamiaka et le DG, Christian Magnaga), et ceux du ministère des Finances (ministre délégué Charles Mba, le Trésorier payeur général (TPG), Blaise Louembé).

Il y a manifestement des pesanteurs liées davantage à un conflit de compétences voulu et entretenu entre la Direction générale de l'Entretien routier et des Aérodromes et le Fonds d' entretien routier (FERII), résultant d'une lecture souvent parcellaire des textes, les uns et les autres campant sur leurs positions, bloquant ainsi, malheureusement, la machine. Au-delà, les nombreux dysfonctionnements apparaissent dans la gestion du dossier de la route. Ceux-ci ont été dénoncés, notamment, dans la prise de décisions souvent contradictoires à des fins inavouées. La gestion du dossier de la Nationale 1, plus précisément le tronçon de Libreville-Kango, qui a bénéficié, à la suite d'une décision présidentielle d'une dotation de 4 milliards de francs, en raison de son état de détérioration avancée, en est une illustration parfaite.

TRESORERIE Effectivement, si les deux sociétés, Colas et Sobea Satom, retenues en dehors de toute règle de transparence, ont à, ce titre perçu chacune 2 milliards de francs depuis quatre mois, il reste, néanmoins, qu'elles n'ont toujours pas débuté les travaux, car elles auraient, avancent-elles, reçu deux ordres différents. Le premier, contenu dans une correspondance prise au terme dune réunion regroupant tous les responsables du ministère des Travaux publics tout juste après la décision présidentielle. Laquelle leur demandait de procéder à un entretien de ce tronçon. Peu, après, une autre, à la surprise générale, leur impose de procéder ti la reconstruction de la route. Or, l'on sait bien que les fonds dégagés n'étaient guère destinés pour des travaux d'envergure. En effet, la reconstruction de cette route datant de plus de 22 ans. Nécessiterait 56 milliards de francs.

Face à une telle confusion, il est prévu dans les prochains jours une rencontre entre le nouveau ministre et les responsables de ces deux entreprises. Les acteurs étatiques concernés par la route devraient se réunir, dès lundi prochain, pour harmoniser leurs positions, plancher sur les textes de manière à adopter une démarche concertée dans la gestion, la mise en œuvre de la politique en matière de route du gouvernement. Ce secteur placé parmi les priorités gouvernementales durant ces dernières décennies, aura bénéficié de moyens financiers conséquents. D'ailleurs, tous les participants à ce tour de table ont reconnu unanimement que le ministère de l'Economie et des Finances, souvent accusé de bloquer le financement, s'est employé régulièrement à mettre les fonds à disposition. "Il n'ya jamais eu de problèmes de trésorerie pour la route, en général, et singulièrement, pour l'entretien routier '; a précisé, le

Trésorier payeur général. Lequel a précisé que le FER II est régulièrement pourvu, donc dispose de moyens pour assurer les missions qui lui sont assignées.

Au demeurant, tout porte à croire que le problème est celui autant de la gestion des fonds alloués, l'absence de marchés passés dans les règles de transparence, le manque de programmation et autres maux, dérives et pratiques déviantes aujourd'hui encore à l'origine de la situation catastrophique et déplorable de la route au Gabon. Elle recule, se dégrade, en dépit des colossales enveloppes dégagées depuis des décennies.

Le constat partagé dans plusieurs pans des strates administrative et financière du pays est sans appel, il doit amener le Cabinet Eyeghé Ndong III, singulièrement, le nouveau ministre, Flavien Nzengui-Nzoundou, à tirer les leçons des échecs de ses prédécesseurs, en évitant de tomber dans les travers et autres manœuvres orchestrées par les lobbys puissants, les fossoyeurs et autres très nombreux dans la chaîne des acteurs étatiques et privés impliqués depuis des années dans le dossier de la route au Gabon.

 

Source : Journal L'Union Plus du 19/01/2008

 

 



   

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