LA ROUTE AU GABON
Un casse-tête
gouvernemental
Le Premier ministre a
présidé, hier une réunion regroupant les
ministères des Travaux publics, de l’Economie et
des Finances et les responsables du Fonds
d’entretien routier (FER II) pour faire avancer
le dossier de la route confronté tant à de
nombreuses pesanteurs qu’à l’absence de fonds.
CASSE-TETE des précédents gouvernements Gui se
sont succédé au cours de ces quinze dernières
années dans le pays, la route trouble le sommeil
du nouveau Cabinet Eyéghé Ndong III, qui se
trouve déjà malmené par une opinion nationale
réactivant ses vives critiques devant la
détérioration avancée du réseau routier, ceci
malgré les sommes importantes dégagées.
Moins de trois semaines
seulement après que le Premier ministre, Jean
Eyeghé Ndong eut exprimé l'engagement de son
gouvernement à mettre en œuvre les orientations
du président de la République, dictées dans son
discours du 1er décembre, l'urgence de trouver
des éléments de réponse au problème que posent
la construction et l'entretien des routes dans
notre pays, a présidé à la tenue, hier, vendredi
18 janvier 2008, d'une réunion regroupant les
responsables des ministères des Travaux publics,
des Infrastructures et de la Construction, ceux
de l'Economie et des Finances, et ceux du Fonds
d' Entretien routier (FER II).
La rencontre à la
Primature a été utile, du moins, en ce qu'elle a
permis aux acteurs étatiques impliqués dans ce
dossier sensible de rouvrir un nouveau round
d'échanges directs et sincères sur les voies et
moyens de faire avancer les choses. Cela
d'autant que de sérieux problèmes de fond se
posent et bloquent l'avancement correct de la
route. La question du financement de 1 entretien
routier, de la construction des routes, les
lourdeurs et autres entraves observées dans la
mise en œuvre des décisions et directives,
apparaissent comme un serpent de mer au fil des
années. Il y a comme un imbroglio, un véritable
casse-tête pour le nouveau gouvernement.
En tous cas, l'abcès ayant
été percé sur plusieurs aspects à la suite des
interventions du nouveau ministre des Travaux
publics, le général Flavien Nzengui-Nzondou, et
du ministre délégué en charge de la
Construction, Cisèle Laure
Eyang Ntoutoume, disposant
des premiers éléments d'appréciation de la
situation. De même qu'après les explications des
techniciens des TP, des responsables du FER II(
le PCA Raphaël Mamiaka et le DG, Christian
Magnaga), et ceux du ministère des Finances
(ministre délégué Charles Mba, le Trésorier
payeur général (TPG), Blaise Louembé).
Il y a manifestement des
pesanteurs liées davantage à un conflit de
compétences voulu et entretenu entre la
Direction générale de l'Entretien routier et des
Aérodromes et le Fonds d' entretien routier (FERII),
résultant d'une lecture souvent parcellaire des
textes, les uns et les autres campant sur leurs
positions, bloquant ainsi, malheureusement, la
machine. Au-delà, les nombreux
dysfonctionnements apparaissent dans la gestion
du dossier de la route. Ceux-ci ont été
dénoncés, notamment, dans la prise de décisions
souvent contradictoires à des fins inavouées. La
gestion du dossier de la Nationale 1, plus
précisément le tronçon de Libreville-Kango, qui
a bénéficié, à la suite d'une décision
présidentielle d'une dotation de 4 milliards de
francs, en raison de son état de détérioration
avancée, en est une illustration parfaite.
TRESORERIE
Effectivement, si les deux sociétés, Colas et
Sobea Satom, retenues en dehors de toute règle
de transparence, ont à, ce titre perçu chacune 2
milliards de francs depuis quatre mois, il
reste, néanmoins, qu'elles n'ont toujours pas
débuté les travaux, car elles auraient,
avancent-elles, reçu deux ordres différents. Le
premier, contenu dans une correspondance prise
au terme dune réunion regroupant tous les
responsables du ministère des Travaux publics
tout juste après la décision présidentielle.
Laquelle leur demandait de procéder à un
entretien de ce tronçon. Peu, après, une autre,
à la surprise générale, leur impose de procéder
ti la reconstruction de la route. Or, l'on sait
bien que les fonds dégagés n'étaient guère
destinés pour des travaux d'envergure. En effet,
la reconstruction de cette route datant de plus
de 22 ans. Nécessiterait 56 milliards de francs.
Face à une telle
confusion, il est prévu dans les prochains jours
une rencontre entre le nouveau ministre et les
responsables de ces deux entreprises. Les
acteurs étatiques concernés par la route
devraient se réunir, dès lundi prochain, pour
harmoniser leurs positions, plancher sur les
textes de manière à adopter une démarche
concertée dans la gestion, la mise en œuvre de
la politique en matière de route du
gouvernement. Ce secteur placé parmi les
priorités gouvernementales durant ces dernières
décennies, aura bénéficié de moyens financiers
conséquents. D'ailleurs, tous les participants à
ce tour de table ont reconnu unanimement que le
ministère de l'Economie et des Finances, souvent
accusé de bloquer le financement, s'est employé
régulièrement à mettre les fonds à disposition.
"Il n'ya jamais eu de problèmes de trésorerie
pour la route, en général, et singulièrement,
pour l'entretien routier '; a précisé, le
Trésorier payeur général.
Lequel a précisé que le FER II est régulièrement
pourvu, donc dispose de moyens pour assurer les
missions qui lui sont assignées.
Au demeurant, tout porte à
croire que le problème est celui autant de la
gestion des fonds alloués, l'absence de marchés
passés dans les règles de transparence, le
manque de programmation et autres maux, dérives
et pratiques déviantes aujourd'hui encore à
l'origine de la situation catastrophique et
déplorable de la route au Gabon. Elle recule, se
dégrade, en dépit des colossales enveloppes
dégagées depuis des décennies.
Le constat partagé dans
plusieurs pans des strates administrative et
financière du pays est sans appel, il doit
amener le Cabinet Eyeghé Ndong III,
singulièrement, le nouveau ministre, Flavien
Nzengui-Nzoundou, à tirer les leçons des échecs
de ses prédécesseurs, en évitant de tomber dans
les travers et autres manœuvres orchestrées par
les lobbys puissants, les fossoyeurs et autres
très nombreux dans la chaîne des acteurs
étatiques et privés impliqués depuis des années
dans le dossier de la route au Gabon.