Petit angle
Pour un nouveau
départ
L'UN des mérites de la réunion que le Premier
ministre a présidée hier à son cabinet c'est
d'avoir traduit la volonté manifeste du
« gouvernement de missions » de s'attaquer de
front à l'épineux problème que constitue la
route dans notre pays. Tan Jean Eyéghé Ndong
sait que ce secteur fait partie des terrains sur
lesquels le chef de l'Etat et le peuple
gabonais attendent son équipe.
Au cours de la rencontre
d'hier, les uns et les autres si sont accordés
sur le fait que contrairement à une certaine
opinion répandue ici et là, ce n’est pas au
niveau département des Finances qu'il faut aller
chercher le mauvais état de notre réseau routier
aujourd’hui. Loin s'en faut. Le Trésorier payeur
général a dit la disponibilité de ses services à
toujours traiter avec diligence le dossier des
routes. Et personne ne l'a contredit.
Dès lors il faut plutôt
regarder du côté de l'interprétation des textes
entre deux administrations compétentes en la
matière : la direction générale de l'entretien
des routes et aérodromes (ministère des TP) et
le Fonds d'entretien routier de deuxième
génération (Fer II). Parmi les conclusions
arrêtées hier, celle demandant à toutes ces
parties de travailler ensemble dans la gestion
du dossier des routes au Gabon. Une réunion est
d'ailleurs prévue dans ce sens lundi prochain.
Normalement, le débat
relatif à ce conflit de compétences ne devrait
plus être d'actualité. Ce d'autant plus qu'une
convention a été signé entre le Fer II et la
direction générale de l'entretien des routes et
aérodromes. Cela au mois de décembre 2007.
Celle-ci fixe les obligations de cette direction
des TP en matière de programmation des travaux
d'entretien routier. Cette entité des TP
établit, sur la base des prévisions budgétaires
du Fer II, le programme annuel détaillé et
chiffré des travaux d'entretien des routes (ce
qui veut dire que le directeur général du Fer II
doit lui transmettre les prévisions budgétaires
de l'année suivante). Lequel doit être approuvé
par le maître d'ouvrage avant d'être transmis au
conseil d'administration du Fer Il.
En matière d'appels
d'offres, les TP établissent les dossiers
conformément aux procédures en vigueur, les
transmettent à la direction générale du Fer II
pour visa, et la direction générale des marchés
publics pour avis de non objection.
Fn somme, on comprendra
qu'au terme de cette convention, aussi bien le
Fer II que la direction générale de l'entretien
des routes sont impliqués, d'une façon ou d'une
autre, dans la programmation des travaux, dans
le paiement des factures, l'appui à la maîtrise
d'ouvrage et la maîtrise d'œuvre, le contrôle
des travaux, l'inspection du réseau et du
matériel, etc. Les deux administrations
initieront, en collaboration avec la direction
générale des marchés publics, une démarche de
mise en forme des dossiers d'appels d'offres et
de contrats types. Cela dans le but d'alléger et
de simplifier les procédures actuellement en
vigueur.
Au regard de ce qui
précède, les choses paraissent claires. Et si
chacun joue le jeu conformément aux dispositions
signées par toutes les parties et qui engagent
tout le monde à travailler ensemble, l'action en
faveur de l'amélioration du réseau routier
devrait connaître une efficacité certaine.
Il revient donc au
gouvernement de veiller à ce que tout se asse
désormais dans le cadre défini par cette
convention. Et si, le Premier ministre prend ses
responsabilités et demande aux fonctionnaires
indélicats d'aller voir ailleurs. L'heure n'est
plus aux tergiversations inutiles. Seul
l'intérêt du plus grand nombre doit primer.
Sinon, notre pays marchera à reculons. Qui cela
peut-il arranger ?