MOUVEMENT D'HUMEUR À
L'OFFICE NATIONAL DE DÉVELOPPEMENT
Le ministère de tutelle
stigmatise l'attitude des grévistes
Dans un document dont une
copie nous a été remise par le directeur de
cabinet du ministre Faustin Boukoubi, ce
département dit ne rien comprendre à l'agitation
du syndicat des personnels de l'agriculture
et du développement rural.
UN mouvement de grève a
paralysé, au début du mois le fonctionnement de
l'Office national de développement rural (ONADER).
Lequel a été lancé par les agents de cette
structure membres du Syndicat des personnels de
l'Agriculture et du Développement rural.
Les grévistes réclamaient
à leur hiérarchie le paiement, entre autres, des
fonds communs. A ce sujet, les responsables de
ce département ministériel reconnaissent,
effectivement, que le bureau du Syndicat des
personnels de l'Agriculture et du Développement
rural a fait parvenir à la tutelle, le 3 août
2007, contenant leurs revendications.
Il convient de noter que
la date de dépôt du cahier des charges
correspondait à la période des vacances de la
majorité des responsables administratifs.
Toutefois, comme expliqué
dans le document, «le ministre a pris soin
d'adresser à ses collaborateurs,
particulièrement le directeur général de
l'agriculture, le secrétaire général du
ministère et le directeur de cabinet, le cahier
des charges pour des éléments de réponses».
De retour de vacances, le
ministre Faustin Boukoubi a mis en place trois
commissions techniques paritaires
(administratif-syndicat), afin d'examiner les 17
points contenus dans ce cahier des charges. Mais
constatant que les travaux des commissions
n'avançaient pas au rythme souhaité, il a alors
réorganisé les dites commissions en créant une
coordination générale chapeautée par le
secrétaire général du ministère, qui avait pour
adjoint le président du syndicat.
Selon le contenu du
document qui nous a été remis, un seul des
dix-sept points évoqués par le syndicat paraît
le plus important, celui relatif au paiement des
fonds communs. En fait, selon le directeur de
cabinet du ministre de l'Agriculture,
"le bureau exécutif du
syndicat a sollicité et obtenu une audience
auprès du ministre de tutelle, avant la
conclusion des travaux des commissions ".
Au cours de leur entrevue
avec leur ministre, les membres du bureau du
syndicat lui auraient fait part des lenteurs des
commissions, suggérant l'instauration immédiate
d'une « prime incitative ». Le ministre,
toujours, selon son directeur de cabinet, a
donné accord en proposant une clé de répartition
basée sur des recettes avérées engrangées par
les différentes activités du ministère.
Parallèlement, le ministre
avait recommandé la poursuite des travaux en
commissions pour la maîtrise des éléments
nécessaires à l'application effective de cette
prime. « Mais le syndicat, voulant à tout prix
la prime d'incitation, est passé à la vitesse
supérieure en durcissant le mouvement, par
l'organisation des assemblées générales et en
faisant des points de cette prime »; déclare
notre interlocuteur.
Toujours animé de la
volonté d'obtenir rapidement la prime
incitative, ajoute le directeur de cabinet, ''le
bureau du syndicat revient à la charge, en
déposant au cabinet du ministre deux arrêtés à
la signature (1) à l’instauration des fonds
communs et (2) à l'affectation des agents du
ministère dans les différentes brigades de
contrôle".
Une nouvelle proposition
que le ministre Boukoubi aurait rejetée,
refusant de signer des textes administratifs sur
injonction d'un syndicat. Devant ce refus, les
partenaires sociaux ont déclenché un mouvement
de grève, le jeudi 3 janvier dernier.
Le lendemain, c'est-à-dire
le vendredi 4 janvier 2008, le ministre a
adressé une correspondance au président du
syndicat, dans laquelle, il a souhaité les
rencontrer le samedi 5 du même mois. "Ce qui fut
fait"; a-t-on appris.
A la suite de cette
nouvelle entrevue, toutes les parties auraient
convenu de la levée du mouvement de grève avant
le 10 janvier. Dans le document qu’il nous a
transmis, le directeur de cabinet du ministre de
l'Agriculture se dit, en outre, surpris par la
somme 30 millions de nos francs avancée par les
grévistes.
« Suite à ce mouvement de
grève, après une esquisse de l’assiette de
partage, le ministre a mis en place une
commission financière dont la mission était dont
la mission était d’aller récolter les chiffres
sur le terrain. Dans son rapport, cette
commission avance le chiffre moyen de 13
millions», explique le document remis par le
directeur de cabinet.
De par sa définition, le
ministère de l'Agriculture est un centre de
production, même si l'Etat s'en est dégagé. En
dehors des contrôles, le département effectue
des prestations et fait quelques ventes des
semences dans ses différents centres. D'où la
réclamation par les syndicats d'un fonds commun.