DANS LA PERSPECTIVE DES
ELECTIONS LOCALES
La révision des listes
électorales suscite un vif débat télévisé
Le ministre de l'intérieur, André Mba Obame,
responsables de la majorité et leaders des
partis de l'opposition, ont eu des échanges
parfois passionnés, dimanche soir lors d'une
émission spéciale.
L 'OPERATION de révision des listes électorales
lancée lundi 14 janvier 2008, sur l'ensemble
janvier a suscité un vif débat dimanche soir
lors d'une émission télévisée "Face à la Une"
entre le ministre de l'Intérieur, André Mba
Obame, des responsables des partis de la
majorité présidentielle et les leaders de
l'opposition gabonaise.
Pendant un peu plus de
trois heures d'horloge, les acteurs politiques
invités sur le plateau de la 1ère chaîne de
télévision, se sont livrés à un exercice
pédagogique, ayant parfois soulevé, sans nul
doute en raison de l'intérêt du thème central
quelques passions, et laissé tout aussi
réapparaître des approches différentes
s'agissant des modalités de cette opération.
Si tant pour René Ndémezo'
Obiang (PDG), Pierre-Claver Zeng Ebome (MAD),
Dieudonné Pambo (ADERE), que Jules-Aristide
Bourdès Ogouliguendé (CDJ), Zacharie Myboto
(UGDD), Pierre Mamboundou (UPG) que pour le
ministre de l'intérieur, André Mba Obame, le
dispositif juridique notamment, l'ordonnance
19/2007 modifiant certaines dispositions de la
loi sur les élections politiques dans notre
pays, sous-tend cette opération, il n'en reste
pas moins que les contradictions se sont
révélées quant aux modalités de celle-ci.
Ainsi, le débat sur la
nécessité d'une mise à plat du fichier ou sa
révision, posé naguère lors des discussions de
la classe politique, a été remis au goût du
jour. Il est clairement apparu que si pour la
majorité on parle de révision, l'opposition,
elle de son côté, souhaite une refonte du
fichier électoral. Laquelle, selon ses leaders,
est la seule susceptible de l'améliorer. Or, du
côté de la majorité et même du ministère de
l'Intérieur, qui s'appuient tous sur le cadre
légal, c'est-à-dire, l'ordonnance, celle-ci ne
mentionne nullement une refonte elle fixe plutôt
les modalités relatives a une opération de
révision des listes électorales. Mieux, la tenue
des élections locales au plus tard fin avril ne
permet pas une opération destinée à remettre à
plat le fichier électoral.
DISPOSITIONS
Il est bon de rappeler que les discussions nées
de la concertation politique et l'adoption par
le Parlement de l'Ordonnance 19/2007 ont eu une
incidence sur le chronogramme de la préparation
en amont des élections locales. Cette ordonnance
qui introduisait, entre autres, les éléments de
biométrie pour le prochain scrutin local, n'a pu
être adoptée par le Parlement en l'état. Dans
l'attente de la deuxième phase de la
concertation politique, il n'a pas été procédé à
la révision annuelle des listes électorales,
conformément aux articles 37, 43 et 44 de la loi
7/96 portant disposition commune à toutes les
élections politiques. Ce qui fait qu'en 2007 il
n'y a pas eu du tout de révision des listes
électorales. Le nouveau dispositif donne donc
l'occasion de procéder à cette opération.
L'on retient du débat que
la révision lancée lundi 14 janvier 2008 sur
l'ensemble du territoire se fera pendant 45
jours. Elle est ouverte à toutes catégories de
citoyens, elle concerne autant les personnes
ayant atteint dix huit ans révolus (majorité
électorale), celles changeant de résidence, pour
cause d'affectation, les radiations, ceux qui
veulent changer de centre de vote. Elle vise
aussi à expurger les décédés et autres erreurs.
Toutes les dispositions particulières ont été
prises par le ministère de l'Intérieur pour que
l'opération se déroule conformément à la loi.
André Mba Obame s'est engagé à respecter les
délais de manière à remettre la liste électorale
à la Commission électorale nationale autonome et
permanente.
Le ministre de l'Intérieur
a été on ne peut plus ferme en indiquant que
l'opération se fera même si les partis
politiques de la majorité et de l'opposition ne
participent pas à la phase de révision, comme il
a souhaité, pour maintenir l'esprit qui a
prévalu depuis les pour parlers d'Arambo, même
si aucune disposition ne l’oblige, en 2006 les
deux groupements politiques avaient pris part à
la révision prélude aux élections législatives.
La majorité présidentielle a exprimé son
adhésion devant se traduire très rapidement par
la transmission au ministère de l’Intérieur des
noms de ses représentants. Quant à l'opposition,
qui a été sollicitée également, sa position est
quelque peu ambiguë. "Elle avisera le moment
venu", a dit le président de l’Union gabonaise
pour la démocratie et le développement, Zacharie
Myboto, sans pour autant fixer une date. Dans
tous les cas, les Gabonais ont été invités à se
rendre dans les centres de révision afin de
procéder aussi bien aux vérifications, qu'aux
inscriptions, radiations et autres.
Au demeurant, la question
relative à la mise en place de Délégations
spéciales chargées d'assurer la transition à la
tête des collectivités locales n'a guère soulevé
de contradictions particulières. Le mandat des
élus ayant expiré le 12 janvier, tous les
acteurs respectent la décision de la Cour. La
décision gouvernementale de mettre en place ce
dispositif de gestion, devant permettre la
continuité du service au sein des mairies et des
assemblées départementales en réponse aux
craintes exprimées ici et là dans l'opinion. Des
assurances ont été données par rapport aux
pouvoirs des Délégations spéciales, notamment la
gestion du patrimoine, les actes d'état civil,
du passif des équipes sortantes.