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Le quotidien l'Union du 15 Janvier 2008

 

DANS LA PERSPECTIVE DES ELECTIONS LOCALES

La révision des listes électorales suscite un vif débat télévisé

Le ministre de l'intérieur, André Mba Obame, responsables de la majorité et leaders des partis de l'opposition, ont eu des échanges parfois passionnés, dimanche soir lors d'une émission spéciale.


L 'OPERATION de révision des listes électorales lancée lundi 14 janvier 2008, sur l'ensemble janvier a suscité un vif débat dimanche soir lors d'une émission télévisée "Face à la Une" entre le ministre de l'Intérieur, André Mba Obame, des responsables des partis de la majorité présidentielle et les leaders de l'opposition gabonaise.

Pendant un peu plus de trois heures d'horloge, les acteurs politiques invités sur le plateau de la 1ère chaîne de télévision, se sont livrés à un exercice pédagogique, ayant parfois soulevé, sans nul doute en raison de l'intérêt du thème central quelques passions, et laissé tout aussi réapparaître des approches différentes s'agissant des modalités de cette opération.

Si tant pour René Ndémezo' Obiang (PDG), Pierre-Claver Zeng Ebome (MAD), Dieudonné Pambo (ADERE), que Jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé (CDJ), Zacharie Myboto (UGDD), Pierre Mamboundou (UPG) que pour le ministre de l'intérieur, André Mba Obame, le dispositif juridique notamment, l'ordonnance 19/2007 modifiant certaines dispositions de la loi sur les élections politiques dans notre pays, sous-tend cette opération, il n'en reste pas moins que les contradictions se sont révélées quant aux modalités de celle-ci.

Ainsi, le débat sur la nécessité d'une mise à plat du fichier ou sa révision, posé naguère lors des discussions de la classe politique, a été remis au goût du jour. Il est clairement apparu que si pour la majorité on parle de révision, l'opposition, elle de son côté, souhaite une refonte du fichier électoral. Laquelle, selon ses leaders, est la seule susceptible de l'améliorer. Or, du côté de la majorité et même du ministère de l'Intérieur, qui s'appuient tous sur le cadre légal, c'est-à-dire, l'ordonnance, celle-ci ne mentionne nullement une refonte elle fixe plutôt les modalités relatives a une opération de révision des listes électorales. Mieux, la tenue des élections locales au plus tard fin avril ne permet pas une opération destinée à remettre à plat le fichier électoral.

DISPOSITIONS Il est bon de rappeler que les discussions nées de la concertation politique et l'adoption par le Parlement de l'Ordonnance 19/2007 ont eu une incidence sur le chronogramme de la préparation en amont des élections locales. Cette ordonnance qui introduisait, entre autres, les éléments de biométrie pour le prochain scrutin local, n'a pu être adoptée par le Parlement en l'état. Dans l'attente de la deuxième phase de la concertation politique, il n'a pas été procédé à la révision annuelle des listes électorales, conformément aux articles 37, 43 et 44 de la loi 7/96 portant disposition commune à toutes les élections politiques. Ce qui fait qu'en 2007 il n'y a pas eu du tout de révision des listes électorales. Le nouveau dispositif donne donc l'occasion de procéder à cette opération.

L'on retient du débat que la révision lancée lundi 14 janvier 2008 sur l'ensemble du territoire se fera pendant 45 jours. Elle est ouverte à toutes catégories de citoyens, elle concerne autant les personnes ayant atteint dix huit ans révolus (majorité électorale), celles changeant de résidence, pour cause d'affectation, les radiations, ceux qui veulent changer de centre de vote. Elle vise aussi à expurger les décédés et autres erreurs. Toutes les dispositions particulières ont été prises par le ministère de l'Intérieur pour que l'opération se déroule conformément à la loi. André Mba Obame s'est engagé à respecter les délais de manière à remettre la liste électorale à la Commission électorale nationale autonome et permanente.

Le ministre de l'Intérieur a été on ne peut plus ferme en indiquant que l'opération se fera même si les partis politiques de la majorité et de l'opposition ne participent pas à la phase de révision, comme il a souhaité, pour maintenir l'esprit qui a prévalu depuis les pour parlers d'Arambo, même si aucune disposition ne l’oblige, en 2006 les deux groupements politiques avaient pris part à la révision prélude aux élections législatives. La majorité présidentielle a exprimé son adhésion devant se traduire très rapidement par la transmission au ministère de l’Intérieur des noms de ses représentants. Quant à l'opposition, qui a été sollicitée également, sa position est quelque peu ambiguë. "Elle avisera le moment venu", a dit le président de l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement, Zacharie Myboto, sans pour autant fixer une date. Dans tous les cas, les Gabonais ont été invités à se rendre dans les centres de révision afin de procéder aussi bien aux vérifications, qu'aux inscriptions, radiations et autres.

Au demeurant, la question relative à la mise en place de Délégations spéciales chargées d'assurer la transition à la tête des collectivités locales n'a guère soulevé de contradictions particulières. Le mandat des élus ayant expiré le 12 janvier, tous les acteurs respectent la décision de la Cour. La décision gouvernementale de mettre en place ce dispositif de gestion, devant permettre la continuité du service au sein des mairies et des assemblées départementales en réponse aux craintes exprimées ici et là dans l'opinion. Des assurances ont été données par rapport aux pouvoirs des Délégations spéciales, notamment la gestion du patrimoine, les actes d'état civil, du passif des équipes sortantes.

 

Source : Journal L'Union Plus du 15/01/2008

 

 



   

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