PORTRAIT
Rigobert
Ikambouayat-Ndéka
:
mu par l'envie de bien
faire
La dernière recomposition du
gouvernement a donné lieu à l'entrée de quatre
'nouvelles personnalités. Parmi lesquelles
l'ancien directeur généra de l'Agence de
régulation des Postes comme ministre délégué à
la communication.
VOIX
calme, air taciturne qui ne cache que très mal
des traits d'humilité et une certaine envie de
bien faire. C'est ainsi que nous est apparu de
prime abord le tout nouveau ministre délégué à
la Communication, Rigobert Ikambouayat-Ndéka. Il
est vrai que notre pays n'a pas tout à fait la
culture des sondages d'opinion, mais s'il nous
était demandé d'avoir recours à cette procédure
d'enquête pour savoir la proportion de gabonais
ayant entendu parler de lui, c'est sûr que
beaucoup ne sauraient identifier ce
fonctionnaire des Postes et Télécommunications
promu membre du gouvernement lors de la dernière
recomposition de l'équipe gouvernementale
intervenue le jeudi 25 janvier dernier.
Né à Laboka,village situé à
environ 100 kilomètres de Booué (Ogooué-Ivindo)le
31 mai 1960, il est bien entendu scolarisé comme
tous les jeunes de son âge. Il fait ses études
primaires y compris une partie de ses études
secondaires (au Collège d'enseignement
secondaire) dans le chef -lieu du département de
la. Lopé (Booué). Cela, bien avant de rallier
Libreville pour parachever lesdites études, au
Lycée Technique National Omar Bongo (LTNOB) où
il obtint un Bac G2.
Lequel lui ouvre grandement
les portes de l'Université Omar Bongo(UOB), à la
Faculté de droit et sciences économiques. Elève
brillant, comme en témoignent beaucoup de ses
condisciples, il obtint son DUES (Diplôme
universitaire d'études économiques), avant la
maîtrise qu' a eue quelques années après.
Après l'obtention de ce
sésame, il es admis à l'Institut des cadres
administratifs des postes (INCAPTT) à Evry
(France), puis à l'Institut national de gestion
des Postes (ING PTT) toujours à Evry, d'où il en
sort chaque fois diplômé.
CARRIERS PROFESSIONNELLE•
Avec une telle formation, il ne pouvait
autrement que s'attendre à une bonne carrière
professionnelle. A raison, puisqu 'il sera tour
à tour chef de service exploitation au CCP-OPT,
chef de service au Centre des chèques postaux de
1989 à 1990. Reconnu pour ses compétences, il va
très vite gravir es échelons: directeur central
des Chèques Postaux (1990), directeur général
adjoint au Service financiers et Postaux OPT
(1991-1997), directeur de la poste OPT
(1997-1999), directeur général EMS Delta+
(1999-2001) et directeur général de l'Agence de
régulation des Postes en 2001 avant son entrée
du gouvernement jeudi dernier.
Si l'Agence de régulation des
Télécommunications est très connue des Gabonais,
il faut se mettre à l'évidente que celle qui
régule les postes l'est moins. Pourtant, aussi
bien pour les Télécommunication que pour les
Postes la création des structures de régulation
avait été rendue nécessaire du fait qu'au
lendemain de la réforme de 2001, l'Etat, qui
avait le monopole de ces deux secteurs
d'activité s'étant complètement désengagé, il
fallait cette structure neutre pour protéger les
trois partes directement concernées Notamment le
consommateur (client), en faisant en sorte que
les prix pratiqués par les opérateurs du secteur
ne soient pas prohibitifs, les opérateurs
économiques du secteur, contre de possibles
comportements interventionnistes de l'Etat qui
est appelé lui aussi à bénéficier des retombées,
à travers une fiscalité souple.
On voit bien à travers ce
bref aperçu l'importance due revêt l'agence de
régulation des Postes qui, pourtant, croupissait
dans une certaine confidentialité. Laquelle a
aussi, on s'en doute, confiné son ancien
directeur général dans l'anonymat. Du moins pour
le grand public.
ASCENSION• Au demeurant,
les exigences professionnelles et les lourdes
charges liées aux fonctions qu'il a occupées
n'ont jamais constitué, loin s'en faut, un
obstacle pouvant l'éloigner du monde politique
qu'il découvre, se plaît-il à le rappeler,
lorsqu'il rentre de France en 1989 après sa
formation. Cette année-là, le PDG, naguère parti
unique, tient un congres à l'issue duquel il
fait son entrée au Comité central. "C'est en
fait à partir de là que ]'e commence réellement
à faire la politique", déclare-t-il. Il va par
la suite connaître une ascension fulgurante.
Puisque deux ans plus tard, c'est-à-dire en
1991, outre le fait qu'il est membre du Comité
central, il est propulsé membre du Bureau
politique. Ce qui fait tout de même grincer les
dents parmi certains hiérarques du coin
qui n'étaient pas forcément favorables à cette
cooptation. Il n'empêche que ses qualités
d'organisateur obligent, même ses adversaires, à
le reconnaître politiquement. Ayant toutefois
perdu sa place au Bureau politique, sa maîtrise
du terrain le propulse toujours au-devant de la
scène. Il occupe les postes de directeur de
campagne du candidat Omar Bongo à la Lopé (Booué)
en 1993 et 1998, trésorier de campagne des
législatives 1990 (Booué), coordinateur de
campagne des législatives 2001(Booué), etc.
Pour autant, ce cadre
pédégiste n'est pas tout a fait obnubilé par ces
distinctions qui ne sont, en réalité, que la
conséquence logique à la fois du travail qu'il
abat, à maintes occasions, sur le terrain qu'il
connaît si bien et de son comportement. Celui de
quelqu'un qui a toujours su la place qu'il
occupe sans être démesurément ambitieux. Depuis
son entrée au gouvernement, il ne cesse de
manifester ses inquiétudes à ses proches sur ce
qu'il a très peur d'avoir le nez sur le guidon
et que si cela lui arrivait, qu'ils n hésitent à
le lui faire observer. Il est marié et père de 7
enfants. Comme distinctions honorifiques, il est
Chevalier du Mérite gabonais, médaillé du mérite
postal et médaillé de bronze du travail.