FAITS DIVERS
Débarquement raté pour 75 "dos mouillés"
65 hommes, 9 femmes et 1
enfant, en provenance du Togo, Bénin, Nigeria,
Niger, Ghana et Burkina Faso, sont tombés
directement dans les mailles du filet tendu par
la gendarmerie nautique du port môle de
Libreville, dans un bras de rivière, du côté de
la Pointe Denis, alors qu'ils s'apprêtaient à
descendre de la pirogue.
SOIXANTE
quinze "dos mouillés" (65 hommes, 9 femmes et 1
enfant) en provenance du Togo, Bénin, Nigeria,
Niger, Ghana et Burkina Faso), ont été
interpellés lundi dernier par les agents la
gendarmerie nautique du port-, môle de
Libreville, dans un bras de rivière du côté de
la Pointe Denis, alors qu'ils s'apprêtaient à
descendre de leur embarcation.
Le commandant de la brigade
nautique du port-môle de Libreville, le
lieutenant Hervé Chaby-Biong, raconte les
circonstances de cette interpellation-: "nous
détenions une vieille information nous
indiquant qu'une pirogue transportant des
clandestins devrait arriver sur nos côtes
entre jeudi et vendredi de cette semaine.
Mais pour ne pas attendre à cette
date, j'ai envoyé dès lundi 29 janvier
2007 à 10h, des agents à bord de deux
vedettes pour fouiller tous les bras des
rivières côtières".
C'est donc à l'issue de cette
mission que les agents de la brigade nautique
ont mis la main sur une pirogue transportant
près de 100 personnes en provenance du Nigeria.
Pour maîtriser ces clandestins, alors que
certains commençaient à prendre la poudre
d'escampette, les agents ont dû tirer un coup de
feu en l'air. Créant ainsi la psychose au sein
du groupe.
Lawali Chihitou, un jeune
cultivateur nigérien de 26 ans, l'un des
clandestins qui a affirmé qu'il gagnait tant
bien que mal sa vie, grâce à ses plantations,
nous a raconté les péripéties de ce voyage en
"terre promise":
Un jour, dit-il, il a entendu
parler du Gabon et de sa capitale, Libreville,
où coulerait, lui aurait-on raconté, le lait et
le miel. En vue de rompre avec sa vie de
planteur, Lawali Chihitou a décidé lui aussi de
tenter sa chance en cherchant, à tous prix, à
arriver à Libreville, son Eldorado."Nous
sommes nombreux à avoir quitté le Niger pour
ce périple qui nous a d'abord conduits au
Nigeria, avant d'arriver ici à Libreville";
raconte le jeune clandestin. Qui précise que le
voyage qui s'est fait en voiture entre le Niger
et le Nigeria a duré deux jours, sans problèmes.
PÉNIBLES• Une fois dans
ce géant d'Afrique et le départ sur Libreville
retardant, Lawali Chihitou et ses compagnons
d'infortune ont été contraints d'exercer
quelques petits métiers pour pouvoir survivre.
L'un, par exemple, s'est lancé dans le nettoyage
des ongles, métier qu'il comptait d'ailleurs
exercer, une fois installé en terre gabonaise.
Après plusieurs tractations,
le passeur devant les transporter à bord de sa
pirogue d'Oron (Nigeria) jusqu'à Libreville a
fini par arriver. Et le mercredi 24 janvier 2007
à 21h, ils ont repris la route, pour ne pas dire
l'océan Atlantique, en direction de Libreville à
bord de la pirogue contenant près de 100
personnes venant de six pays différents.
Selon Lawali Chihitou, le
voyage est si long et pénible que les provisions
en nourriture et en eau s'épuisent. "Certains
d'entre nous ont été contraints de boire l'eau
de mer pour survivre. Il n'y avait aucune
intimité. On faisait nos besoins naturels devant
tout le monde. Il n'y avait plus de différence
entre femmes et hommes. Les passagers, à la
santé fragile, ont commencé à tomber malade et
je suis sur que si l'on avait passé un
jour de plus dans ces conditions, certains
allaient trouver la mort. C'est difficile de
faire un voyage aussi pénible pour la seule
recherche du bonheur'' a-t-il dit.
Après 5 jours d'un voyage sur
une mer houleuse, ils sont arrivés sur nos
côtes, dans la nuit de dimanche 28 à lundi 29
janvier 2007, où les attendaient,
malheureusement (ou heureusement) les forces de
sécurité. Pris au piège au moment où le passeur
et certains d'entre eux, qui connaissaient déjà
les circuits, sont allés à la recherche des
pêcheurs, leurs complices dans cette immigration
clandestine, qui ont l'habitude de faire
traverser nuitamment les dos mouillés et de
contacter leurs parents, afin de récupérer ces
derniers et les frais de transport.
Rappelons que parmi les 65
clandestins hommes interpellés, l'un est
manchot. Après leur arrestation, ils ont tous
été conduits à la base de la brigade nautique,
en attendant les instructions du procureur de la
République.