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Le quotidien l'Union du 31 Janvier 2007

 

FAITS DIVERS

Débarquement raté pour 75 "dos mouillés"

65 hommes, 9 femmes et 1 enfant, en provenance du Togo, Bénin, Nigeria, Niger, Ghana et Burkina Faso, sont tombés directement dans les mailles du filet tendu par la gendarmerie nautique du port môle de Libreville, dans un bras de rivière, du côté de la Pointe Denis, alors qu'ils s'apprêtaient à descendre de la pirogue.

SOIXANTE quinze "dos mouillés" (65 hommes, 9 femmes et 1 enfant) en provenance du Togo, Bénin, Nigeria, Niger, Ghana et Burkina Faso), ont été interpellés lundi dernier par les agents la gendarmerie nautique du port-, môle de Libreville, dans un bras de rivière du côté de la Pointe Denis, alors qu'ils s'apprêtaient à descendre de leur embarcation.

Le commandant de la brigade nautique du port-môle de Libreville, le lieutenant Hervé Chaby-Biong, raconte les circonstances de cette interpellation-: "nous détenions une vieille information nous indiquant qu'une pirogue transportant des clandestins devrait arriver sur nos côtes entre jeudi et vendredi de cette semaine. Mais pour ne pas attendre à cette date, j'ai envoyé dès lundi 29 janvier 2007 à 10h, des agents à bord de deux vedettes pour fouiller tous les bras des rivières côtières".

C'est donc à l'issue de cette mission que les agents de la brigade nautique ont mis la main sur une pirogue transportant près de 100 personnes en provenance du Nigeria. Pour maîtriser ces clandestins, alors que certains commençaient à prendre la poudre d'escampette, les agents ont dû tirer un coup de feu en l'air. Créant ainsi la psychose au sein du groupe.

Lawali Chihitou, un jeune cultivateur nigérien de 26 ans, l'un des clandestins qui a affirmé qu'il gagnait tant bien que mal sa vie, grâce à ses plantations, nous a raconté les péripéties de ce voyage en "terre promise":

Un jour, dit-il, il a entendu parler du Gabon et de sa capitale, Libreville, où coulerait, lui aurait-on raconté, le lait et le miel. En vue de rompre avec sa vie de planteur, Lawali Chihitou a décidé lui aussi de tenter sa chance en cherchant, à tous prix, à arriver à Libreville, son Eldorado."Nous sommes nombreux à avoir quitté le Niger pour ce périple qui nous a d'abord conduits au Nigeria, avant d'arriver ici à Libreville"; raconte le jeune clandestin. Qui précise que le voyage qui s'est fait en voiture entre le Niger et le Nigeria a duré deux jours, sans problèmes.

PÉNIBLES• Une fois dans ce géant d'Afrique et le départ sur Libreville retardant, Lawali Chihitou et ses compagnons d'infortune ont été contraints d'exercer quelques petits métiers pour pouvoir survivre. L'un, par exemple, s'est lancé dans le nettoyage des ongles, métier qu'il comptait d'ailleurs exercer, une fois installé en terre gabonaise.

Après plusieurs tractations, le passeur devant les transporter à bord de sa pirogue d'Oron (Nigeria) jusqu'à Libreville a fini par arriver. Et le mercredi 24 janvier 2007 à 21h, ils ont repris la route, pour ne pas dire l'océan Atlantique, en direction de Libreville à bord de la pirogue contenant près de 100 personnes venant de six pays différents.

Selon Lawali Chihitou, le voyage est si long et pénible que les provisions en nourriture et en eau s'épuisent. "Certains d'entre nous ont été contraints de boire l'eau de mer pour survivre. Il n'y avait aucune intimité. On faisait nos besoins naturels devant tout le monde. Il n'y avait plus de différence entre femmes et hommes. Les passagers, à la santé fragile, ont commencé à tomber malade et je suis sur que si l'on avait passé un jour de plus dans ces conditions, certains allaient trouver la mort. C'est difficile de faire un voyage aussi pénible pour la seule recherche du bonheur'' a-t-il dit.

Après 5 jours d'un voyage sur une mer houleuse, ils sont arrivés sur nos côtes, dans la nuit de dimanche 28 à lundi 29 janvier 2007, où les attendaient, malheureusement (ou heureusement) les forces de sécurité. Pris au piège au moment où le passeur et certains d'entre eux, qui connaissaient déjà les circuits, sont allés à la recherche des pêcheurs, leurs complices dans cette immigration clandestine, qui ont l'habitude de faire traverser nuitamment les dos mouillés et de contacter leurs parents, afin de récupérer ces derniers et les frais de transport.

Rappelons que parmi les 65 clandestins hommes interpellés, l'un est manchot. Après leur arrestation, ils ont tous été conduits à la base de la brigade nautique, en attendant les instructions du procureur de la République.

Source : Journal L'Union Plus du 31 Janvier 2007

 



   

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