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Le quotidien l'Union du 26 Janvier 2007

 

OUVERTURE DU SALON DU LIVRE DE LIBREVILLE

"Re-signifier le projet de lecture"

Toutes les interventions faites, hier au Sénat, ont abondé dans ce sens afin que le lecteur invente son jeu de langage.

LE Salon du livre, en sa cinquième édition, a démarré, hier, au palais Omar Bongo (Sénat). En présence du président de cette institution, René Radembino Coniquet, des enseignants-chercheurs, des étudiants et lycéens de Libreville.

L'hôte du salon et maîtres des lieux, dans son mot de bienvenue, a affirmé que le Sénat s'honore d'accueillir un événement comme celui-ci. Il a émis le souhait de voir cette initiative s'inscrire dans la durée et s'éterniser.

Auguste Eyene, directeur adjoint de l'Institut Cheikh Anta Diop (ICAD), vice-président du Salon, justifiant celui-ci, a déclaré que le plus urgent enjoint aux participants de redire leur relation au livre et, surtout, de re-signifier le projet de lecture. A cause de ce que le livre reste virtuellement un véritable espace de liberté, "Car pour dire le paradoxe,c'est aussi en lui que la conscience s'affranchirait du dogme de la modernité téléologique, que l'individu se libérerait du totem, que le sujet (au sens proprement kantien) par un acte de liberté fondamental transgresserait les doctrines officielles puisqu'il viendrait d'emblée habiter au coeur de leur vérité", a-t-il précisé, avant d'ajouter que lire est d'abord un acte de subversion, en tant qu'il aurait pour vocation de solliciter la connivence entre les contenus et les catégories.

Ainsi lire, c'est déjà transgresser la fonction de l'héritage que soutient le livre. Pour Auguste Eyene, l'acte de lecture est ici donc une tournure, en ce que la catégorie et la valeur dominante qui président aux codes en vigueur dans la relation au texte viendraient à souffrir d'emblée le renversement, pour laisser place à instanciation critique du jugement, qui veut que chaque lecteur invente, a travers le lire, une vraie relation personnelle au texte. C'est pour cela que tout lecteur n'a plus le choix de ne pas inventer son idiome propre, son leu de langage.

Grégoire Biyogo, a émis le souhait de voir le Salon devenir une tradition au Gabon. Car, à (instar de l'Europe, il est le lieu de rassemblement des artisans de l'homme et de la société. Outre Montaigne et Richard Rorty, Biyogo a convoqué Dumayet pour qui "lire, c'est vivre plusieurs fois"' et qu'exister c'est voyager".

Il a informé le public de ce que L'Harmattan a cède son label, qu'il se décentralise et crée une représentation au Gabon.

Fidèle-Pierre Nze-N uema s'est honoré d'avoir à présider le Salon du livre, le 5e du genre, tandis que la première édition date de 2001.

Organisé par L'Harmattan et l'ICAD, avec la participation des centre de recherches -Créduf et l'Irsh -, et des départements de Lettres modernes, de Littératures africaines, de philosophie et de sociologie, le Salon, pour le recteur de l'Université Omar Bongo (UOB), constitue dans le paysage culturel et académique gabonais un exemple de collaboration, d'organisation dynamique face au statut du livre dans le pays.

En effet, le Salon offre une grande actualité dans tous les domaines du savoir, renouvelle les axes de la recherche et rend accessible, aux élèves, étudiants, enseignants et aux citoyens, les ouvrages les plus recherchés, les plus techniques, souvent à un coût préférentiel.

Fidèle-Pierre Nze-Nguema a émis le souhait de voir le Sénat devenir, pour deux jours, une espèce d'Agora, un lieu de lecture, de travail dans la sérénité, un lieu de rencontre des amis du livre et des auteurs.

Aussi, a-t-il salué et remercié tous les invités, les nouveaux auteurs et ceux déjà confirmés, les universitaires et autres bibliophiles et les a conviés à découvrir les autres et à se découvrir eux-mêmes par le livre, car le livre doit devenir pour la communauté des lecteurs le lieu de tolérance et de solidarité.

Source : Journal L'Union Plus du 26 Janvier 2007

 



   

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