OUVERTURE DU SALON DU LIVRE DE
LIBREVILLE
"Re-signifier
le projet de lecture"
Toutes les interventions
faites, hier au Sénat, ont abondé dans ce sens
afin que le lecteur invente son jeu de langage.
LE Salon du livre, en sa
cinquième édition, a démarré, hier, au palais
Omar Bongo (Sénat). En présence du président de
cette institution, René Radembino Coniquet, des
enseignants-chercheurs, des étudiants et lycéens
de Libreville.
L'hôte du salon et maîtres
des lieux, dans son mot de bienvenue, a affirmé
que le Sénat s'honore d'accueillir un événement
comme celui-ci. Il a émis le souhait de voir
cette initiative s'inscrire dans la durée et
s'éterniser.
Auguste Eyene, directeur
adjoint de l'Institut Cheikh Anta Diop (ICAD),
vice-président du Salon, justifiant celui-ci, a
déclaré que le plus urgent enjoint aux
participants de redire leur relation au livre
et, surtout, de re-signifier le projet de
lecture. A cause de ce que le livre reste
virtuellement un véritable espace de liberté,
"Car pour dire le paradoxe,c'est aussi en lui
que la conscience s'affranchirait du dogme de la
modernité téléologique, que l'individu se
libérerait du totem, que le sujet (au sens
proprement kantien) par un acte de liberté
fondamental transgresserait les doctrines
officielles puisqu'il viendrait d'emblée habiter
au coeur de leur vérité", a-t-il précisé,
avant d'ajouter que lire est d'abord un acte de
subversion, en tant qu'il aurait pour vocation
de solliciter la connivence entre les contenus
et les catégories.
Ainsi lire, c'est déjà
transgresser la fonction de l'héritage que
soutient le livre. Pour Auguste Eyene, l'acte de
lecture est ici donc une tournure, en ce que la
catégorie et la valeur dominante qui président
aux codes en vigueur dans la relation au texte
viendraient à souffrir d'emblée le renversement,
pour laisser place à instanciation critique du
jugement, qui veut que chaque lecteur invente, a
travers le lire, une vraie relation personnelle
au texte. C'est pour cela que tout lecteur n'a
plus le choix de ne pas inventer son idiome
propre, son leu de langage.
Grégoire Biyogo, a émis le
souhait de voir le Salon devenir une tradition
au Gabon. Car, à (instar de l'Europe, il est le
lieu de rassemblement des artisans de l'homme et
de la société. Outre Montaigne et Richard Rorty,
Biyogo a convoqué Dumayet pour qui "lire,
c'est vivre plusieurs fois"' et qu'exister
c'est voyager".
Il a informé le public de ce
que L'Harmattan a cède son label, qu'il se
décentralise et crée une représentation au
Gabon.
Fidèle-Pierre Nze-N uema
s'est honoré d'avoir à présider le Salon du
livre, le 5e du genre, tandis que la première
édition date de 2001.
Organisé par L'Harmattan et
l'ICAD, avec la participation des centre de
recherches -Créduf et l'Irsh -, et des
départements de Lettres modernes, de
Littératures africaines, de philosophie et de
sociologie, le Salon, pour le recteur de
l'Université Omar Bongo (UOB), constitue dans le
paysage culturel et académique gabonais un
exemple de collaboration, d'organisation
dynamique face au statut du livre dans le pays.
En effet, le Salon offre une
grande actualité dans tous les domaines du
savoir, renouvelle les axes de la recherche et
rend accessible, aux élèves, étudiants,
enseignants et aux citoyens, les ouvrages les
plus recherchés, les plus techniques, souvent à
un coût préférentiel.
Fidèle-Pierre Nze-Nguema a
émis le souhait de voir le Sénat devenir, pour
deux jours, une espèce d'Agora, un lieu de
lecture, de travail dans la sérénité, un lieu de
rencontre des amis du livre et des auteurs.
Aussi, a-t-il salué et
remercié tous les invités, les nouveaux auteurs
et ceux déjà confirmés, les universitaires et
autres bibliophiles et les a conviés à découvrir
les autres et à se découvrir eux-mêmes par le
livre, car le livre doit devenir pour la
communauté des lecteurs le lieu de tolérance et
de solidarité.