INDEX MONDIALE 2007 DE LA
LIBERTÉ ÉCONOMIQUE
Le Gabon
recule de 27 places !
Interventionnisme de l'Etat,
fiscalité élevée, corruption… c'est le bilan peu
flatteur que dresse The Heritage Foundation
think tank des conservateurs américaines et le
Wall Street Journal sur l'environnement
économique dans la sous-région et plus
particulièrement au Gabon. Un pavé jeté dans la
mare !.
DIS-moi quelle est la
politique économique de ton pays (impôts, taxes,
droits de propriété...) et je te dirai si tu vis
dans un pays (économiquement) libre, presque
libre, répressif ou en passe de le devenir.
C'est pourtant, à s'y
méprendre, l'objet du rapport 2007 sur la
liberté économique établi par thé Héritage
Foundation et le très sérieux quotidien
américain The Wall Street journal.
Ces deux entités ont tout
simplement, à l'aide de dix indicateurs triés
sur le volet (libéralisme commercial, monétaire,
fiscalité...) mesuré le degré de liberté
économique dont jouit chaque pays en les notant
de 0 à 100 en pourcentage.
Par liberté économique,
entendez l'absence de toute emprise ou
contrainte de la part du gouvernement sur la
production, la distribution, ou la consommation
de marchandises au-delà de ce qui est nécessaire
pour protéger et maintenir la liberté des
citoyens.
Résultat: dans la sous-région,
les politiques contrôlent tout ou presque tout.
Et cette trop grande ingérence a des effets
induits négatifs sur la liberté des citoyens et
sur l'économie en général.
Le cas du Gabon, comme
beaucoup d'autres, l'illustre. En l'espace d'un
an, relève l'étude, notre pays a chuté de 27
places au niveau mondial. Il figure désormais au
129e rang (102e l'année écoulée).
Il a perdu sa couronne
sous-régionale de pays le plus libéral d'Afrique
centrale au détriment de son voisin camerounais.
Et ses principaux atouts d'antan sont devenus
ses faiblesses d'aujourd'hui.
Pour prendre quelques
exemples, les auteurs de ce rapport font état de
l'interférence quasi-systématique des politiques
dans le système financier et juridique national.
Ce qui laisse peu d'autonomie et de transparence
à ces institutions dans le traitement équitable
des dossiers ou des affaires qui leur
sont soumises.
De plus au niveau fiscal,
hormis la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les
taux d'imposition fiscaux sont jugés par l'étude
comme particulièrement élevés. A l'exemple de
l'impôt sur les sociétés (35%).
La liberté d'entreprendre est
aussi grippée. Le temps moyen pour démarrer une
activité (60 jours) ajouté aux complications
administratives et bureaucratiques est au-dessus
de la moyenne mondiale (48 jours).
Cette lenteur préjudiciable à
l'investissement, et déjà mentionnée dans le
rapport 2006 de la Banque mondiale Doing
Business 2006, freine l'esprit d'entreprise
indispensable à la création d'emplois.
La corruption peut alors se
manifester à différents niveaux.
PAYS PRESQUE RÉPRESSIFS •
D'une manière générale, les deux économies
africaines les plus libres sont celles du
Botswana (38e) et l'Afrique du Sud (52e). Elles
sont les seules (sur les 42 notées) à être
classées dans la catégorie pays modérément
libres. Elles devancent même les grandes nations
occidentales que sont la France (45e) et
l'Italie (60e).
L'Angola (149e), le Zimbabawé
(154e), la Libye (155e) sont les pays du
continent et du monde les plus répressifs en
matière de liberté économique. Ils se partagent
le bonnet d'âne.
Notre pays, comme la grande
majorité, est étiqueté, «pays presque
répressif».
Hong-Kong (1er), Singapour
(2e), l'Australie (3e) et les États-Unis
d'Amérique (4e) sont les pays qui appliquent le
mieux les thèses néo-libérales.
A noter que dans ce
classement, et loin de toute interprétation, les
pays africains de langue anglaise sont mieux
notés que les francophones.
Une constante qui revient
très souvent dans les études de cette nature.
Dans le top 5, quatre sont anglophones
(Botswana, Afrique du Sud, Ouganda, Swaziland)
pour un seul francophone (Madagascar). Mais
est-ce un hasard de les retrouver en haut du
tableau ?
«Un plus haut niveau de
liberté économique équivaut à un plus haut
niveau de vie des habitants. La croissance
augmente, et la performance économique du pays
s'améliore» indique l'étude.
Et cela se confirme de fort
belle manière. L'Afrique du Sud, le Botswana, le
Nigeria, la Tanzanie, le Kenya et la Namibie
(non classés)... sont parmi les 15 économies du
continent les plus compétitives selon le rapport
2006 du forum social mondial de Davos. Avis donc
aux francophones.