AU LENDEMAIN DE L'ÉLECTION DU
BUREAU DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE
L'opposition durcit le ton
Après avoir manifesté sa
désapprobation mercredi dernier en sortant de
l'hémicycle du alois Léon Mba, l'opposition a
annoncé hier, au cours d'une conférence de
presse qu'elle ne ferait pas partie du bureau de
cette institution.
C'EST décidé, les leaders des
partis politiques de l'opposition représentés à
l'Assemblée nationale ont unanimement convenu,
au cours de la conférence de presse qu'ils ont
animée hier au siège du CDJ (Congrès pour la
démocratie et le progrès) à Mont-Bouët, de
boycotter le bureau de cette institution;
c'est-à-dire que les députés de leurs rangs n'en
feront pas partie, ce, jusqu'à la fin de la
présente législature, la onzième du genre depuis
la mise en place des institutions de la
République.
Une décision qui s'explique,
selon les leaders de l'opposition qui ont
conjointement animé la conférence de presse, du
fait que la majorité, notamment la principale
formation politique qui la constitue (le PDG) ,
se montre arrogante et condescendante à tel
point que ce parti, toujours selon les
opposants, ri hésite pas à fouler aux pieds les
textes réglementaires.
Comme en témoigne, précise le
secrétaire général du CDJ, Jules-Aristide
Bourdès Ogouliguendé, le comportement du doyen
d'âge de l'Assemblée nationale, le Dr Paulin
Obame Nguema, qui n'a pas hésité à envoyer
paître les députés de l'opposition, qui
soulevaient des questions préjudicielles
inhérentes à l'application stricte des
dispositions constitutionnelles (article 40
alinéa 1) et réglementaires (articles 9 et 10)
qui régissent l'élection du président de
l'Assemblée nationale et des autres membres du
bureau, en leur disant: "faites ce que vous
voulez!"
Face à ce qu'il qualifient de
"mépris" les leaders de l'opposition, disent
qu'ils n'avaient plus rien à faire au sein de
l'hémicycle. Car pour l'élu de Bendjé (dans l'Ogooué-Maritime),
"ce qui s'est passé mercredi dernier au palais
Léon Mba relève tout simplement du mépris et de
l'arrogance".
En plus de cela, poursuivent
les opposants, la majorité a complètement FOULÉ
AUX PIED la pratique de la concertation qui
prévaut toujours avant la composition du bureau
de l'Assemblée nationale, cela pour répondre à
l'esprit de la loi qui stipule que les
différentes sensibilités doivent être
représentées au sein du bureau.
DERIVE• S'appuyant sur
les habitudes de a répartition des postes au
sein du bureau, notamment dans la 10e
législature qui vient de s'achever, laquelle a
vu l'opposition détenir cinq postes alors
qu'elle n'était représentée que par trois partis
politiques, un nombre bien inférieur par rapport
à la présente législature dans la quelle elle
compte 5 partis. Pour le leader de l'UPG, Pierre
Mamboundou, si les ratios étaient simplement
appliqués, l'opposition étant représentée à
l'Assemblée nationale à hauteur de 13,33%, le
minimum auquel elle pouvait s'attendre c'est 5
postes par défaut et 6 par excès. Au lieu de
cela, regrette l'élu du département la Dola,
l'opposition n'a eu droit qu'à des comportements
condescendants. Et la décision de ne pas siéger
dans le Prochain bureau de la deuxième chambre
du Parlement résulte donc à la fois de la non
application par la majorité des dispositions
constitutionnelles et réglementaires, et du
mépris que les députés de ce camp politique ont
essuyé en voulant faire triompher la loi.
"Si au sein de l'Assemblée
nationale où sont élaborées les lois, les
députés qui les élaborent marchent dessus, il
est à craindre pour le pays", s'inquiètent les
présidents de l'UGDD, Zacharie Myboto et PGP, Me
Séraphin Ndaot Rembogo qui du reste se félicite
de la décision qui a été prise, laquelle
constitue Pour lui "une victoire morale .
A la question de savoir
comment vont-ils désormais siéger en étant
absent de cet organe décisionnel. Pour JABO,
aidé en cela par les textes, le bureau de
l'Assemblée nationale, loin d'être un organe
décisionnel est plutôt administratif. En
revanche c'est la conférence des présidents dans
laquelle les députés de l'opposition seront
forcément présents, fui est l'organe qui gère
les décisions.
Autour de cette question
"fondamentale", selon Me Ndaot Rembogo,
l'opposition s'est montrée très unie pour faire
face, selon l'honorable Ogoulinguendé, aux
dérives du pouvoir qui clame pourtant haut et
fort qu'il s'emploie à la construction de l'Etat
de droit, mais qui, à l'épreuve des faits,
présente une image plutôt sectaire.