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Le quotidien l'Union du 26 Janvier 2007

 

AU LENDEMAIN DE L'ÉLECTION DU BUREAU DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE

L'opposition durcit le ton

Après avoir manifesté sa désapprobation mercredi dernier en sortant de l'hémicycle du alois Léon Mba, l'opposition a annoncé hier, au cours d'une conférence de presse qu'elle ne ferait pas partie du bureau de cette institution.

C'EST décidé, les leaders des partis politiques de l'opposition représentés à l'Assemblée nationale ont unanimement convenu, au cours de la conférence de presse qu'ils ont animée hier au siège du CDJ (Congrès pour la démocratie et le progrès) à Mont-Bouët, de boycotter le bureau de cette institution; c'est-à-dire que les députés de leurs rangs n'en feront pas partie, ce, jusqu'à la fin de la présente législature, la onzième du genre depuis la mise en place des institutions de la République.

Une décision qui s'explique, selon les leaders de l'opposition qui ont conjointement animé la conférence de presse, du fait que la majorité, notamment la principale formation politique qui la constitue (le PDG) , se montre arrogante et condescendante à tel point que ce parti, toujours selon les opposants, ri hésite pas à fouler aux pieds les textes réglementaires.

Comme en témoigne, précise le secrétaire général du CDJ, Jules-Aristide Bourdès Ogouliguendé, le comportement du doyen d'âge de l'Assemblée nationale, le Dr Paulin Obame Nguema, qui n'a pas hésité à envoyer paître les députés de l'opposition, qui soulevaient des questions préjudicielles inhérentes à l'application stricte des dispositions constitutionnelles (article 40 alinéa 1) et réglementaires (articles 9 et 10) qui régissent l'élection du président de l'Assemblée nationale et des autres membres du bureau, en leur disant: "faites ce que vous voulez!"

Face à ce qu'il qualifient de "mépris" les leaders de l'opposition, disent qu'ils n'avaient plus rien à faire au sein de l'hémicycle. Car pour l'élu de Bendjé (dans l'Ogooué-Maritime), "ce qui s'est passé mercredi dernier au palais Léon Mba relève tout simplement du mépris et de l'arrogance".

En plus de cela, poursuivent les opposants, la majorité a complètement FOULÉ AUX PIED la pratique de la concertation qui prévaut toujours avant la composition du bureau de l'Assemblée nationale, cela pour répondre à l'esprit de la loi qui stipule que les différentes sensibilités doivent être représentées au sein du bureau.

DERIVE• S'appuyant sur les habitudes de a répartition des postes au sein du bureau, notamment dans la 10e législature qui vient de s'achever, laquelle a vu l'opposition détenir cinq postes alors qu'elle n'était représentée que par trois partis politiques, un nombre bien inférieur par rapport à la présente législature dans la quelle elle compte 5 partis. Pour le leader de l'UPG, Pierre Mamboundou, si les ratios étaient simplement appliqués, l'opposition étant représentée à l'Assemblée nationale à hauteur de 13,33%, le minimum auquel elle pouvait s'attendre c'est 5 postes par défaut et 6 par excès. Au lieu de cela, regrette l'élu du département la Dola, l'opposition n'a eu droit qu'à des comportements condescendants. Et la décision de ne pas siéger dans le Prochain bureau de la deuxième chambre du Parlement résulte donc à la fois de la non application par la majorité des dispositions constitutionnelles et réglementaires, et du mépris que les députés de ce camp politique ont essuyé en voulant faire triompher la loi.

"Si au sein de l'Assemblée nationale où sont élaborées les lois, les députés qui les élaborent marchent dessus, il est à craindre pour le pays", s'inquiètent les présidents de l'UGDD, Zacharie Myboto et PGP, Me Séraphin Ndaot Rembogo qui du reste se félicite de la décision qui a été prise, laquelle constitue Pour lui "une victoire morale .

A la question de savoir comment vont-ils désormais siéger en étant absent de cet organe décisionnel. Pour JABO, aidé en cela par les textes, le bureau de l'Assemblée nationale, loin d'être un organe décisionnel est plutôt administratif. En revanche c'est la conférence des présidents dans laquelle les députés de l'opposition seront forcément présents, fui est l'organe qui gère les décisions.

Autour de cette question "fondamentale", selon Me Ndaot Rembogo, l'opposition s'est montrée très unie pour faire face, selon l'honorable Ogoulinguendé, aux dérives du pouvoir qui clame pourtant haut et fort qu'il s'emploie à la construction de l'Etat de droit, mais qui, à l'épreuve des faits, présente une image plutôt sectaire.

Source : Journal L'Union Plus du 26 Janvier 2007

 



   

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