GOUVERNEMENT
Eyeghé
Ndong II, pas d'état de grâce
EYEGHE Ndong II.
L'expectative a pris fin. Le président de fa
République a confirmé le Premier ministre
sortant au 2Décembre. Le chef de l'Etat
s'exposera au feu nourri des critiques de ceux
de ses compatriotes, acteurs politiques et
autres citoyens, qui nourrissaient le vain
espoir d'un changement d'homme à la Primature,
oubliant même que le droit et la logique donnent
raison au président de la République.
Comme leur nom l'indique, les
élections des députés à l'Assemblée nationale
ont une portée nationale, puisqu'elles
permettent délire les membres de la
Représentation nationale au sein de laquelle
sont choisis le Premier ministre et les autres
membres du gouvernement. Étant du Parti
démocratique gabonais, majoritaire au sein e
cette nouvelle Assemblée, le choix porté par le
chef de l'Etat sur Eyeghé Ndong, répond, dans ce
contexte post-électoral, à la norme juridique
conférant au président de la République,
principale clé de voûte de la République
gabonaise, le pouvoir discrétionnaire de
nomination du Premier ministre au sein la
famille politique quia remporté les élections,
sauf cas exceptionnel et en la matière, la
logique a été totalement respectée. Pour l'avoir
fait au sortir des élections législatives de
1990, 96 et 2001 prélude aux nominations des
Premiers ministres Casimir Oyé Mba, Paulin Obame
Nguema, Jean-François Ntoutoume Emane, le
président Omar Bongo Ondimba, ne pouvait
qu'inscrire son acte politique que dans cette
logique. Ce qui ne doit nullement étonner, mais
plutôt être compris comme étant l'affirmation de
sa constante volonté politique de privilégier la
continuité, de maintenir les équilibres
géopolitiques contraires à une configuration
politico-politicienne de rupture avec ce
principe de gestion du pays qu'il n'a eu cesse
de pratiquer dans le pays, en vue de la
consolidation de l'unité et de la cohésion
sociales.
COMPRADORES. Reconduit au
2-Décembre, à la suite d'une élection politique
intervenant au terme d'une année post
présidentielle au cours de laquelle il aura
bénéficié d'un sursis politique, il n y' aura
pas, en revanche, cette fois-ci, d'état de grâce
pour Eyéghé Ndong II. En ce sens que si, fendant
son premier ministère, son action politique a
été davantage axée sur la réflexion, en dépit de
quelques actions fortes posées au plan social,
il ne saurait se complaire dans le constat
d'immobilisme qui a caractérisé son gouvernement
en bien de points. Alors crue la principale
mission était de résoudre les problèmes auxquels
les populations gabonaises plongées dans les
eaux troubles et profondes de la pauvreté et la
précarité, sont confrontées. I,e gros des
Gabonais ayant du mal à joindre les deux bouts,
à faire face à la cherté de la vie liée à
une inflation toujours galopante et aux
difficultés en tout genre, cela parfois
dans l'indifférence totale du groupuscule
de compatriotes composant la caste de "compradores
" qui roulent carrosse, mènent, sans
vergogne, grand train.
C'est dire que, devant les
fortes attentes et aspirations des Gabonais, il
n'est guère redondant d'affirmer, dans ce
contexte, que les populations ayant apprécie la
fibre sociale forte du Premier ministre Eyéghé
Ndong, lui sauront gré de ne pas sombrer,
lui-aussi, dans la rhétorique plate, ou encore,
dans les discours fumeux truffés de promesses et
bonnes intentions qu'affectionnent certains
hommes politiques gagnés par le virus du
carriérisme. Lequel annihile toute initiative de
réforme et la prise de risques politiques
indispensables à l'amélioration du quotidien des
Gabonais. Car, ils ne lui pardonneront pas le
maintien encore longtemps de leur situation
sociale actuelle, si des changements notables ne
sont pas enregistrés dans plusieurs domaines
sociaux, si l'amélioration de leur vécu
quotidien n'est pas effective et palpable. Une
révolution de l'action du gouvernement s'impose
manifestement. Pour cela, en sa qualité de chef
du gouvernement, son principal rôle devra être
d'amener les membres de sa nouvelle équipe à se
mettre résolument au travail en posant des actes
concrets pour le bien des populations
gabonaises. Ces actes seuls en mesure de
redonner confiance et espoir aux Gabonais.