ADMINISTRATION DU TERRITOIRE
Va-t-on
relever le Smig des personnels des collectivités
locales ?
Les indications des plafonds
budgétaires de 2007 énoncées par les tutelles
administrative et financière (Intérieur et
finances) ne prennent pas en compte
l'augmentation récente du Salaire minimum
interprofessionnel garanti et du point d'indice.
Où trouver l'argent pour combler ce manque ? La
question reste posée.
LES personnels en service
dans les collectivités locales (conseils
municipaux et départementaux) percevront-ils
cette fin de mois de janvier 2007, des
émoluments correspondant au nouveau Smig, à
l'image d'autres compatriotes des services
civils et militaires de l'Etat gabonais ? Y
aura-t-il harmonisation des soldes des agents en
poste dans les administrations déconcentrées et
décentralisées ? Ce sont, entre autres, les
interrogations qui préoccupent depuis un certain
temps aussi bien les dirigeants que les
personnels en poste dans ces établissements de
service public.
La mesure salutaire prise
récemment par le chef de l'Etat, SE El Hadj Omar
Bongo Ondimba, de rehausser le Smig de 44 000 à
80 000 F, et le point d'indice de 400 à 425 n'a
pas jusque-là concerné, dans sa phase
d'applicabilité, l'autre maillon de la chaîne de
développement économique et social du pays qui,
du point de vue de la décentralisation, se
trouve être représenté par les conseils
municipaux et départementaux. Il ne pouvait en
être autrement dès lors que pour les
collectivités locales, les budgets primitifs ont
une marge d'exécution d'une durée d'un an après
vote et approbation.
En clair, la mesure du
relèvement du Smig est intervenue l'an dernier
pendant que les collectivités locales avaient
déjà clôturé leurs budgets. Mieux, ceux-ci
étaient en pleine exécution, conformément aux
délibérations des sessions ordinaires de
l'exercice considéré. Tout le monde caressait le
secret espoir qu'au cours de l'exercice qui
vient de démarrer, les choses seraient
réajustées pour aboutir à une harmonisation au
niveau du Smig qui touche l'ensemble des acteurs
du tissu professionnel dépendant de l'Etat. Pour
l'heure, il n'en est rien puisque les plafonds
budgétaires de 2007 font ressortir dans leurs
indications énoncées par les tutelles
administrative et financière, des données
inchangées. La rubrique ressources propres
n'ayant pas enregistré d'apport supplémentaire,
cette préoccupation financière va donc demeurer.
COMPLEXITE DES DONNEES •
Dans l'état actuel de la situation,. les
dirigeants des collectivités locales qui
s'apprêtent à élaborer leurs projets de budget,
auront tout le mal du monde à expliquer à leurs
administrés, la complexité des données. Du côté
du ministère de l'Intérieur, on n'est pas plus
explicite sur la question. Encore moins aux
Finances. On se contente tout simplement
d'indiquer aux responsables des conseils locaux
d'effectuer les engagements des salaires des
personnels sur la base des anciennes grilles, en
attendant que l'Etat puisse trouver une
subvention conséquente.
Si des campagnes
d'explication ne sont pas entreprises d'ici là,
on pourrait assister à des mouvements d'humeur
et autres agissements à même de perturber la
bonne marche du travail. Parce que beaucoup
parmi les personnels ne comprendraient pas que.
l'Etat gabonais entretienne volontairement une
situation de deux poids deux mesures.
Fort logiquement, estiment
les gestionnaires des cités, l'octroi d'une
subvention conforme à la nouvelle donne serait
la bienvenue car elle éviterait d'alourdir les
arriérés de soldes. Il semble que
l'hypothèse retenue va consister pour les
collectivités locales, à éponger les soldes
antérieures, quitte à l'Etat de prendre en
charge la majoration issue du relèvement du Smig
et du point d'indice.
EVITER LE DESORDRE• Le
prochain gouvernement a là, du pain
sur la planche, lui qui doit résoudre
dans les meilleurs délais la question en
débat pour éviter de faire des aigris
au sein de l'appareil productif de l'Etat.
Une mesure financière qui ne
s'appliquerait qu'à une frange de travailleurs,
cela fait évidemment désordre.
On reconnaîtra, toutefois,
que l'autonomie conférée aux collectivités
locales à travers la loi 15/96 relative à la
décentralisation, devrait amener lesdites
structures à pouvoir supporter elles-mêmes tout
type de charges. Seulement, dans notre pays, la
réalité est autre. A 'exception des
collectivités comme Libreville, Owendo,
Port-Gentil ou Gamba qui ont la capacité
d'engranger des, recettes conséquentes, tous les
autres conseils et mairies peinent à réaliser
des performances significatives. Leurs comptes
annuels sont souvent déficitaires, car non
équilibrés en recettes et en dépenses. Et de là
à penser que les collectivités locales du Gabon
resteront encore longtemps tributaires de l'Etat,
il n'y a qu'un pas allègrement franchi.
Aujourd'hui, pensons-nous, il
y a urgence pour l'Etat de doter les
collectivités locales et les mairies d'une autre
subvention qui viendrait résoudre le problème
posé par la revalorisation récente du Smig et du
point d'indice, afin de rétablir les équilibres
salariaux. Si rien n'est fait à la longue, c'est
tout le principe de la décentralisation qui sera
remis en question. A moins qu'on songe à passer
rapidement à la phase de mise en application des
textes qui attendent depuis longtemps.