RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ/PRÉVISIONS
2007
La
croissance ne sera pas au rendez-vous
Les perspectives de cette
année sont encore loin des espérances visant à
une amélioration qualitative du niveau de vie
des populations. Pour cette année encore, ni les
objectifs du DSCRP et encore moins ceux des
Objectifs du millénaire pour le développement (OMD)
ne seront atteints. Explications.
SELON les prévisions du Fonds
monétaire international (FMI), le taux de
croissance économique du Gabon ne dépasserait
pas les 3% cette année. Il se situerait à 2,5%
contre 2,4% en 2006, en deçà de la moyenne sous
régionale (4,1%) et continentale (5%).
Pour la énième année
consécutive, la Guinée Equatoriale
enregistrerait le taux de croissance le plus
élevé de l'espace Cémac (9,4%) suivie
respectivement par le Cameroun (4,3%), la RCA
(3,8%), le Tchad (2,5%), le Gabon (2,5%) et le
Congo (2,1 %).
Cette très légère embellie et
cette reprise timide de la croissance après des
années difficiles (on se souviendra du -0,3%
atteint en 2002), le Gabon le doit... au secteur
hors-pétrole: 4 % de croissance annuelle. Ce
qui, à juste titre, peut laisser croire à un
début d'amorce de la diversification de
l'économie.
Mais cette performance du
Gabon, quoique prévisionnelle, complique un peu
plus sa croisade contre la pauvreté.
Selon le Document stratégique
de croissance pour la réduction de la pauvreté (DSCRP)
qui a nécessité 4 années de préparation, il
faudrait en moyenne entre 3 et 4% de croissance
annuelle pour espérer réduire la pauvreté de 25
% d'ici 2015. Et pour la deuxième année
consécutive, elle n'est toujours pas au
rendez-vous.
Les Objectifs du millénaire
pour le développement (OMD) qui tablent, eux,
sur 7% de croissance pour réduire la pauvreté de
moitié à l'horizon 2015, ne sont même plus, pour
les plus sceptiques (ou les plus réalistes)
envisageables en l'état actuel des choses.
Une constance soit à la
stagnation soit à l'équilibre que révèle, entre
autres, un document spécifique publié en 2006
para Banque mondiale et intitulé African
Développement Indicators.
REGRESSION • Selon ce
document, le Gabon enregistrerait le plus faible
taux de croissance positif de ces six dernières
années en Afrique (2000-2005 en moyenne
annuelle), avec 1, 6 loin, très loin derrière
des pays bien moins nantis économiquement comme
le Tchad (14,5%), le Mali (5,8%) ou encore le
Burkina Faso (5,1%).
Cette étude a été même
complétée par celle plus récente, Global
Economic Prospects, publiée par la même
institution en début d'année.
Elle atout simplement comparé
le classement de 130 pays entre 1980 et 2005 en
fonction de leurs Produits intérieurs brut (PI
B) exprimés en dollars courants.
Une méthode très
significative qui permet de déterminer la
puissance ou la faiblesse d'un pays au cours
d'une période.
Et les résultats ne sont
franchement pas réjouissants pour le Gabon. Il
appartient à la liste noire des 25 pays dont le
PIB a, le plus, reculé en 25 ans (1980-2005). Il
a perdu 12 places.
Son voisin septentrional, la
Guinée Equatoriale, lui, à l'inverse détient le
record mondial de progression (+ 44 places).
Ces différentes études nous
prouvent au moins une chose. La manne du
pétrole, dont le Gabon a longtemps été
tributaire (et il l'est d'ailleurs toujours) ne
lui a que très faiblement ou pas du tout servi à
créer de nouvelles activités génératrices de
croissance.
De plus, la relance de son
économie est largement handicapée par le poids
de sa dette (4172 milliards de francs selon la
Banque mondiale) au paiement de laquelle elle
consacre pratiquement le double de son budget
d'investissement annuel.
Cette année encore d'après le
budget 2007, 547 milliards de francs iront au
remboursement de la dette publique contre
seulement 200 milliards pour les
investissements. Ce qui réduit, de facto, les
perspectives de croissance.