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Le quotidien l'Union du 20 et 21 Janvier 2007

 

RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ/PRÉVISIONS 2007

La croissance ne sera pas au rendez-vous

Les perspectives de cette année sont encore loin des espérances visant à une amélioration qualitative du niveau de vie des populations. Pour cette année encore, ni les objectifs du DSCRP et encore moins ceux des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ne seront atteints. Explications.

SELON les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le taux de croissance économique du Gabon ne dépasserait pas les 3% cette année. Il se situerait à 2,5% contre 2,4% en 2006, en deçà de la moyenne sous régionale (4,1%) et continentale (5%).

Pour la énième année consécutive, la Guinée Equatoriale enregistrerait le taux de croissance le plus élevé de l'espace Cémac (9,4%) suivie respectivement par le Cameroun (4,3%), la RCA (3,8%), le Tchad (2,5%), le Gabon (2,5%) et le Congo (2,1 %).

Cette très légère embellie et cette reprise timide de la croissance après des années difficiles (on se souviendra du -0,3% atteint en 2002), le Gabon le doit... au secteur hors-pétrole: 4 % de croissance annuelle. Ce qui, à juste titre, peut laisser croire à un début d'amorce de la diversification de l'économie.

Mais cette performance du Gabon, quoique prévisionnelle, complique un peu plus sa croisade contre la pauvreté.

Selon le Document stratégique de croissance pour la réduction de la pauvreté (DSCRP) qui a nécessité 4 années de préparation, il faudrait en moyenne entre 3 et 4% de croissance annuelle pour espérer réduire la pauvreté de 25 % d'ici 2015. Et pour la deuxième année consécutive, elle n'est toujours pas au rendez-vous.

Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui tablent, eux, sur 7% de croissance pour réduire la pauvreté de moitié à l'horizon 2015, ne sont même plus, pour les plus sceptiques (ou les plus réalistes) envisageables en l'état actuel des choses.

Une constance soit à la stagnation soit à l'équilibre que révèle, entre autres, un document spécifique publié en 2006 para Banque mondiale et intitulé African Développement Indicators.

REGRESSION • Selon ce document, le Gabon enregistrerait le plus faible taux de croissance positif de ces six dernières années en Afrique (2000-2005 en moyenne annuelle), avec 1, 6 loin, très loin derrière des pays bien moins nantis économiquement comme le Tchad (14,5%), le Mali (5,8%) ou encore le Burkina Faso (5,1%).

Cette étude a été même complétée par celle plus récente, Global Economic Prospects, publiée par la même institution en début d'année.

Elle atout simplement comparé le classement de 130 pays entre 1980 et 2005 en fonction de leurs Produits intérieurs brut (PI B) exprimés en dollars courants.

Une méthode très significative qui permet de déterminer la puissance ou la faiblesse d'un pays au cours d'une période.

Et les résultats ne sont franchement pas réjouissants pour le Gabon. Il appartient à la liste noire des 25 pays dont le PIB a, le plus, reculé en 25 ans (1980-2005). Il a perdu 12 places.

Son voisin septentrional, la Guinée Equatoriale, lui, à l'inverse détient le record mondial de progression (+ 44 places).

Ces différentes études nous prouvent au moins une chose. La manne du pétrole, dont le Gabon a longtemps été tributaire (et il l'est d'ailleurs toujours) ne lui a que très faiblement ou pas du tout servi à créer de nouvelles activités génératrices de croissance.

De plus, la relance de son économie est largement handicapée par le poids de sa dette (4172 milliards de francs selon la Banque mondiale) au paiement de laquelle elle consacre pratiquement le double de son budget d'investissement annuel.

Cette année encore d'après le budget 2007, 547 milliards de francs iront au remboursement de la dette publique contre seulement 200 milliards pour les investissements. Ce qui réduit, de facto, les perspectives de croissance.

Source : Journal L'Union Plus du 20 et 21 Janvier 2007

 



   

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