RENTRÉE DE LA COUR
CONSTITUTIONNELLE HIER
La Haute
juridiction invite le prochain gouvernement à
reprendre le fichier électoral
Pour mieux préparer les
échéances a venir, et par conséquent mettre un
terme aux imperfections ayant été constatées
lors du dernier scrutin des législatives.
LA
Cour constitutionnelle a effectué sa rentrée
solennelle pour l'année 2007 hier à son siège
sis au front de mer. En présence, comme il est
de coutume, du président de la République, chef
de l'État, Omar Bongo Ondimba.
D'autres personnalités,
notamment le vice-président de la République,
Didjob Divungi Di Ndinge, le Premier ministre,
chef du gouvernement, Jean Eyeghé Ndong, les
présidents des Institutions constitutionnelles,
l'archevêque de Libreville, Mgr Basile Mvé
Engone et les membres du gouvernement ont
également pris art à cette cérémonie officiel,
rehaussée du reste par la présence de plusieurs
ambassadeurs accrédités dans notre pays et
quelques invités de marque les présidents de la
Cour constitutionnelle du Togo et du
Burkina-Faso, celui de la Cour Suprême du Togo,
le Conseiller juridique du chef de l'État
togolais. Mme le président de la Haute
juridiction, Marie-Madeleine Mborantsuo a dit
apprécier "la délicatesse de leur geste et
l'expression de leur solidarité active".
Cette audience solennelle
intervient au lendemain des élections
législatives qui se sont tenues les 17 et 24
décembre 2006 dans notre pays. L'essentiel du
discours lu hier a, pour l'essentiel, consacré à
cet évènement. N'occultant en rien les autres
activités menées par la Cour tout au long de
l'année 2006. Ainsi, outre les activités qui ont
un caractère institutionnel, est-il important de
rappeler que la Haute instance, comme de
coutume, a reçu pour examen de nombreux recours
relatifs, entre autres, "au contrôle de
constitutionnalité des lois et des actes
réglementaires, au contentieux préélectoral, à
l'interprétation des dispositions de la
Constitution et des textes à valeur
constitutionnelle".
Mais la Cour s'est appesantie
sur trois décisions, en raison de leur
interférence avec l'action du gouvernement et le
Parlement. Celles liées au renouvellement du
Bureau de l'Assemblée du Conseil économique et
social (CES), au Statut général de la Fonction
publique et, enfin, au contentieux des
candidatures à l'élection des députés à
l'Assemblée nationale.
Suite à l'absence d'un cadre
juridique concernant le CES, Marie-Madeleine
Mborantsuo a, "une fois de plus", invité le
gouvernement et le Parlement à adopter, dans les
délais les meilleurs, ladite loi et les
différents textes y relatifs. Les textes
régissant le CES, pris dans un contexte donné en
1993, ne répondant plus aux exigences de
l'heure. Mais il y a aussi l'inexistence d'un
texte qui fixe les critères de représentativité
des Syndicats et des associations, "ce qui
favorise de facto la prolifération des
structures syndicales ". Etc.
VOEUX ET INVITE• Du
contentieux lié aux dernières législatives,
l'épineux problème du casier judiciaire dans
notre pays, a été évoqué. Mme Mborantsuo a émis
un souhait, celui d'informatiser désormais ce
document. Ce qui éviterait de valider les
candidatures des compatriotes ayant déjà subi
postérieurement une condamnation infamante.
Au lendemain d'un scrutin et
à la veille d'un autre aussi capital que les
locales à venir, il y a lieu de faire en sorte
que les structures chargées de l'organisation
des élections dans notre pays s'y prennent mieux
les prochaines fois. L'abondant contentieux en
cours d'examen par la juridiction
constitutionnelle, malgré le fait que le vote se
soit déroulé sous l'égide des dispositions
nouvelles de la loi électorale et
particulièrement au scrutin uninominal à un
tour, est la preuve que des améliorations
doivent être apportées. Pour davantage coller
aux objectifs visés de dissiper les malentendus,
de minimiser les soupçons de fraude et autres
récriminations nés pendant et après le vote, et
aux conséquences parfois dommageables. C'est
dire qu'au stade actuel; "il est difficile
pour la Cour, d'apprécier avec justesse
l'efficacité de l'ensemble des dispositions
initiées dans la nouvelle loi, aussi
longtemps qu'elle n'aura pas vidé l'abondant
contentieux qui lui est soumis" a déclaré en
substance Mme Mborantsuo.
Au niveau fichier électoral,
une recommandation a été faite dans l'hypothèse
où, une nouvelle modification de cette loi
s'avérait nécessaire, avant la tenue du prochain
scrutin, que celle-ci intervienne à temps, de
telle sorte, a-t-elle poursuivi, que tous les
délais prescrits par la loi puissent être
respectés.
La Cour a aussi invité à
l'harmonisation, en milieu urbain, des
conditions d'inscription avec celles d'accès au
bureau de vote. Sur ce, le gouvernement a été
invité à repenser la procédure d'établissement
de la carte nationale d'identité dans la mesure
où la procédure en vigueur impose, au moment du
renouvellement, le retrait de l'ancienne carte
contre la remise d'un récépissé ne comportant ni
l'identité complète du demander, et encore moins
la photo de ce dernier.
TACHE ET LAURIERS. La
Haute Instance estime dés lors que la première
tâche du prochain gouvernement consistera à la
reprise totale du fichier électoral selon les
dispositions légales.
Des lauriers ont du reste été
tressés au chef de l'Etat, Omar Bongo Ondimba
dont "la disposition naturelle au dialogue et à
la concertation ainsi que de sa capacité
d'anticipation " à l'origine, une fois de plus,
du dégel politique né de la concertation à son
gré avec l'ensemble de la classe politique
gabonaise, pour fixer un cadre propice à la
tenue d'élections à même de conférer aux élus
une légitimité de plus en plus attestée. La
conséquence immédiate étant l'embellie saluée
par plusieurs observateurs avertis. Mettant
ainsi un terme aux discussions qui s'enlisaient
"dangereusement'; au regard des délais
constitutionnels de renouvellement de
l'Assemblée nationale.