CONFLIT SOCIAL
Mounana
: bras de fer entre la mairie et des enseignants
auxiliaires
La réduction de 34% des
salaires des moniteurs auxiliaires rémunérés par
la mairie, le licenciement abusif de trois
enseignants, ainsi que le non paiement, jusqu'à
présent, des allocations familiales et de
rentrée scolaire seraient à l'origine de cette
situation. Le maire, César Opinagah, entend
saisir, en temps opportun, le conseil municipal
pour trouver une issue favorable à ce différend.
Mais la réunion convoquée à cet effet a accouché
d'une souris.
RIEN
ne va lus entre la mairie de fa commune de
Mounana et les enseignants auxiliaires employés
par l'institution que dirige César Opiangah.
En effet, dans une
correspondance adressée à l'édile, les moniteurs
auxiliaires rémunérés par la mairie s'insurgent
contre la décision du conseil municipal
d'amputer leur salaire de 34%. Salaire qui,
selon les intéressés, se' situerait actuellement
en dessous du Smig.
Autres revendications et non
des moindres, le familiales des allocations
Familiales et de rentrée scolaire.
En outre, les moniteurs
auxiliaires rémunérés par la mairie s'élèvent
contre le licenciement abusif de trois de leurs
collègues.
Qu'ils qualifient d'infondé
et d'arbitraire.
Prenant fait et cause pour
ses adhérents, le Syndicat de l'éducation
nationale (SENA), représenté par son secrétaire
provincial, Paul Bekalé, a aussitôt sollicité
l'ouverture des négociations.
COUP DE THEÂTRE • Le
maire, César Opiangah, souhaite l'apaisement. En
effet, il dit ne pas vouloir envenimer les
choses, ni couper les salaires des grévistes,
aussi va-t-il saisir le conseil municipal au
moment opportun pour, assure-t-il, trouver une
solution à cet épineux problème.
Mais, coup de théâtre, c'est
le même César 0piangah qui va enfoncer le clou
en portant plainte contre le SENA au tribunal de
première instance de Franceville. Une plainte
qui sera d'ailleurs rejetée
"diplomatiquement" d'autant que le président
du tribunal appellera les parties en conflit a
négocier en vue de trouver une solution à même
de satisfaire les deux parties. Ce qui fut fait
dans la salle de réunion de la municipalité de
Mounana.
S'expliquant sur les motifs
du licenciement de Françoise Mamboma, Laure
Mabeka et Michèle Moukonp, toutes monitrices
auxiliaires ayant respectivement 22,12 et 6 ans
d'ancienneté dans leur profession, le maire a
dit que ces dames ont participé à une grève
illégale, tente de poser des barricades et
empêché d'autres employés municipaux de
travailler.
Quant à l'annulation de la
mesure de réduction de 34% des salaires, il a
affirmé que cela ne eut se faire que si le
budget 2007 connaît une lé~ère hausse. Car,
a-t-il précise et déploré, des coupes claires
ont été opérées ces dernières années dans les
budgets de la mairie : en 1999, celui-ci était
de 220 millions, en 2005 de 184 millions et 2006
de 167 millions de francs. Une régression causée
par la fermeture de la Compagnie des mines
d'uranium de Franceville (Comuf), a martelé
l'édile.
A son tour, le secrétaire
provincial du SENA, Paul Bekalé, a fait observer
au maire et à ses collaborateurs, ainsi qu'à
toute l'assistance, la légereté avec laquelle la
municipalité prend des décisions lors des
sessions municipales et le refus de l'édile
d'appliquer certaines mesures pourtant
susceptibles de renforcer et maintenir la
concorde, la cohésion sociale au sein de la
communauté.
"Je vous fais remarquer, par
exemple, qu4Au cours d'une session municipalee
axée essentiellement sur le budget primitif de
l'année 2005, le conseil municipal, ayant pris
sérieusement connaissance des revendications du
Syndicat libre des agents municipaux de la
mairie de Mounana (Sylamum), avait décidé
d'appliquer de manière régressive la mesure liée
à l'annulation de la diminution de 34% des
salaires des agents municipaux".
"Et depuisl ors, a-t-il
ajouté, le maire refuse d'appliquer cette
mesure, prouvant ainsi qu'il ne respecte pas à
la lettre le caractère souverain des décisions
du conseil municipal.
HUMOUR OU REFUS DE GUISE
• A la question de savoir s'il était compétent
pour trouver un consensus, afin de ramener la
sérénité dans la famille municipale, le maire a
répondu au SENA avec humour (à moins qu'il ne
s'agisse d'un refus poli) "je ne le suis
pas... je ne fais pas de miracle. C'est Dieu qui
le faIt. Car je ne peux pas vous trouver une
solution miracle !" "S'il vous plais, M. le
maire Qu'est-ce que nous sommes donc venus faire
alors dans cette salle, nous balader pour qu'au
finish, il n'y ait aucun compromis salutaire ?
Si c'est cela, veuillez lever la séance! ';
s'est indigné Paul Bekalé.
Et sans hésiter, le premier
citoyen de la ville a obtempéré.
Affaire à suivre.