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Le quotidien l'Union du 18 Janvier 2007

 

CONFLIT SOCIAL

Mounana : bras de fer entre la mairie et des enseignants auxiliaires

La réduction de 34% des salaires des moniteurs auxiliaires rémunérés par la mairie, le licenciement abusif de trois enseignants, ainsi que le non paiement, jusqu'à présent, des allocations familiales et de rentrée scolaire seraient à l'origine de cette situation. Le maire, César Opinagah, entend saisir, en temps opportun, le conseil municipal pour trouver une issue favorable à ce différend. Mais la réunion convoquée à cet effet a accouché d'une souris.

RIEN ne va lus entre la mairie de fa commune de Mounana et les enseignants auxiliaires employés par l'institution que dirige César Opiangah.

En effet, dans une correspondance adressée à l'édile, les moniteurs auxiliaires rémunérés par la mairie s'insurgent contre la décision du conseil municipal d'amputer leur salaire de 34%. Salaire qui, selon les intéressés, se' situerait actuellement en dessous du Smig.

Autres revendications et non des moindres, le familiales des allocations Familiales et de rentrée scolaire.

En outre, les moniteurs auxiliaires rémunérés par la mairie s'élèvent contre le licenciement abusif de trois de leurs collègues.

Qu'ils qualifient d'infondé et d'arbitraire.

Prenant fait et cause pour ses adhérents, le Syndicat de l'éducation nationale (SENA), représenté par son secrétaire provincial, Paul Bekalé, a aussitôt sollicité l'ouverture des négociations.

COUP DE THEÂTRE • Le maire, César Opiangah, souhaite l'apaisement. En effet, il dit ne pas vouloir envenimer les choses, ni couper les salaires des grévistes, aussi va-t-il saisir le conseil municipal au moment opportun pour, assure-t-il, trouver une solution à cet épineux problème.

Mais, coup de théâtre, c'est le même César 0piangah qui va enfoncer le clou en portant plainte contre le SENA au tribunal de première instance de Franceville. Une plainte qui sera d'ailleurs rejetée "diplomatiquement" d'autant que le président du tribunal appellera les parties en conflit a négocier en vue de trouver une solution à même de satisfaire les deux parties. Ce qui fut fait dans la salle de réunion de la municipalité de Mounana.

S'expliquant sur les motifs du licenciement de Françoise Mamboma, Laure Mabeka et Michèle Moukonp, toutes monitrices auxiliaires ayant respectivement 22,12 et 6 ans d'ancienneté dans leur profession, le maire a dit que ces dames ont participé à une grève illégale, tente de poser des barricades et empêché d'autres employés municipaux de travailler.

Quant à l'annulation de la mesure de réduction de 34% des salaires, il a affirmé que cela ne eut se faire que si le budget 2007 connaît une lé~ère hausse. Car, a-t-il précise et déploré, des coupes claires ont été opérées ces dernières années dans les budgets de la mairie : en 1999, celui-ci était de 220 millions, en 2005 de 184 millions et 2006 de 167 millions de francs. Une régression causée par la fermeture de la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf), a martelé l'édile.

A son tour, le secrétaire provincial du SENA, Paul Bekalé, a fait observer au maire et à ses collaborateurs, ainsi qu'à toute l'assistance, la légereté avec laquelle la municipalité prend des décisions lors des sessions municipales et le refus de l'édile d'appliquer certaines mesures pourtant susceptibles de renforcer et maintenir la concorde, la cohésion sociale au sein de la communauté.

"Je vous fais remarquer, par exemple, qu4Au cours d'une session municipalee axée essentiellement sur le budget primitif de l'année 2005, le conseil municipal, ayant pris sérieusement connaissance des revendications du Syndicat libre des agents municipaux de la mairie de Mounana (Sylamum), avait décidé d'appliquer de manière régressive la mesure liée à l'annulation de la diminution de 34% des salaires des agents municipaux".

"Et depuisl ors, a-t-il ajouté, le maire refuse d'appliquer cette mesure, prouvant ainsi qu'il ne respecte pas à la lettre le caractère souverain des décisions du conseil municipal.

HUMOUR OU REFUS DE GUISE • A la question de savoir s'il était compétent pour trouver un consensus, afin de ramener la sérénité dans la famille municipale, le maire a répondu au SENA avec humour (à moins qu'il ne s'agisse d'un refus poli) "je ne le suis pas... je ne fais pas de miracle. C'est Dieu qui le faIt. Car je ne peux pas vous trouver une solution miracle !" "S'il vous plais, M. le maire Qu'est-ce que nous sommes donc venus faire alors dans cette salle, nous balader pour qu'au finish, il n'y ait aucun compromis salutaire ? Si c'est cela, veuillez lever la séance! '; s'est indigné Paul Bekalé.

Et sans hésiter, le premier citoyen de la ville a obtempéré.

Affaire à suivre.

Source : Journal L'Union Plus du 18 Janvier 2007

 



   

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