ENTRETIEN AVEC LE DIRECTEUR
GENERAL DES TRANSPORTS TERRESTRES
Pascal
Boileau Obiang Ondo : "j'ai été envoyé ici pour
mettre de l'ordre dans la maison"
80 millions de francs
d'arriérés de loyer impayés, immixtion des hauts
fonctionnaires du cabinet du ministre dans son
fonctionnement, conflit de compétences avec la
Brigade de contrôle router, perte de l'une de
ses missions régaliennes – le contrôle technique
des véhicules - qui a été concédé à deux
opérateurs privés: la direction générale des
Transports terrestres (DGTT) se porte mal. Le
nouveau directeur général, Pascal Boileau Obiang
Ondo, est cependant déterminé à mener à bien sa
mission, en s'appuyant sur les textes et lois en
vigueur. Son ambition est de redonner espoir aux
usagers, ripais aussi et surtout, mettre fin aux
pratiques de ceux qui bloqueraient le bon
fonctionnement de la maison. Rencontre avec un
homme pragmatique et résolu.
L'Union.
M. le directeur général, quelles sont les
attributions de la Direction générale des
transports terrestres ?
- Pascal Boileau Obiang
Ondo : La Direction générale des
transports terrestres DGTT - s'occupe de tous
les problèmes liés aux différents modes de
transports terrestres, à savoir: traiter des
questions administratives, techniques,
financières, économiques et sociales, relatives
à l'exploitation et au fonctionnement des
transports terrestres; participera l'élaboration
et à l'application des lois et règlements;
procéder aux études préalables des accords et
conventions bilatérales et multilatérales, ainsi
que des règlements et arrangements
internationaux. De ce fait, elle participe soit
directement, soit par l'intermédiaire de ses
collaborateurs, à toutes les réunions ayant pour
objet des études tarifaires en matière de
transports terrestres, elle participe également
à l'échelon national, voire international, aux
réunions sur la circulation routière et les
transports terrestres, publics et privés.
Elle préside les commissions
de délivrance, de suspension et de retrait de
permis de conduire et contrôle l'attribution de
la carte grise des véhicules; elle signe les
signe les permis de conduire et gère les
inspections provinciales. De manière
générale, nous nous occupons de tout ce qui
touche à l'organisation de transport dans notre
pays.
• Sur le terrain on constate
comme un conflit de compétence entre le
ministère de tutelle et la Direction générale
des transports terrestres. Qu'en est-il
exactement ?
- Lorsqu'on met une structure
sur pied , les choses se passent bien au départ,
mais avec le temps, on constate un gain
d'essoufflement, un désintérêt; une
sclérose--... et la suite dépendra maintenant du
gestionnaire, du responsable de l'organisme pour
maintenir le cap. Mais aussi, des
relations qui existent entre la hiérarchie et la
direction générale. C'est pourquoi, chacun doit
savoir quel est son rôle et la limite de son
champ d'action. C'est le
ministre qui fixe les
orientations et définit la politique du
ministère, et lorsque le cabinet descend, comme
c'est souvent le cas pour assumer les tâches
dévolues à la direction générale, il y a là
comme un grand malaise qui ne dit pas son nom.
• Que faire alors face à ce
genre d'agissements ?
- J'ai été envoyé ici à la
demande des plus hautes autorités du pays pour
essayer de mettre un peu d'ordre dans la maison,
c'est-à-dire, et surtout, protéger le permis de
conduire, lequel est une pièce nationale et
internationale, au même titre que le passeport
et la carte nationale d'identité. Donc, nous
avons l'obligation de tout faire pour redonner
de la crédibilité à cette pièce.
Autre chose, respecter les
délais de remise du permis aux ayants droit,
c'est-à-dire: six mois pour le permis provisoire
et après cette date, le permis définitif. Autre
volet des missions de la Direction générale des
transports terrestres, le contrôle technique de
tous les véhicules. Même si cette mission
régalienne de l'Etat a été aliénée, parce que
concédée à., deux opérateurs privés.
• Etes-vous tout de même
associé par vos partenaires à la prise des
décisions ?
-Je suis associé de temps en
temps, et pour cela, je mets à disposition de
ces derniers, des hauts fonctionnaires qui
assistent à l'exercice de cette mission. Cette
collaboration ne nous gêne pas, car la finalité
reste l'efficacité du service. C'est une
décision des pouvoirs publics que nous
respectons. Et nous disons simplement que
l'exercice de cette mission doit être contrôlé,
encadré et concerté afin de limiter les abus.
Dans les clauses établies entre le gouvernement
et certains opérateurs économiques, comme
le Centre auto bilan agréé, il est dit, entre
autres, que cette entreprise. doit renouveler
ses équipement. Ce qui n'a pas été fait.
Résultat, cet opérateur a reçu une mise en
demeure. Et pour avoir une idée plus claire
là-dessus, je viens de diligenter une
mission d'experts sur les installations d'Auto
bilan agréé, dont j'attends les conclusions.
Parallèlement, j'ai initié des rencontres avec
tous les partenaires, y compris les syndicats et
le personnel de la direction. L'objectif visé
est de redonner espoir et confiance à tous. Dans
cet ordre d'idées, un séminaire sera organisé le
moment venu avec l'ensemble de nos partenaires.
• De quoi avez-vous parlé
avec vos interlocuteurs ?
- De toutes les personnes
rencontrées, le constat est le même. Il s'agit
de l'immixtion des hauts fonctionnaires du
cabinet dans le fonctionnement de la DGTT. Il y
a donc là, un conflit de compétences qui ne dit
pas son nom. J'ai pu m'en rendre compte
depuis mon arrivée.
Actuellement, je prépare un
rapport sur la situation réelle de la Direction
générale des transports terrestres afin que tout
le monde sache dans quel état je l'ai trouvée,
mais également, ce qui bloque son fonctionnement
et y compris les personnes en cause.
• Avez-vous déjà une idée sur
la façon dont vous allez gérer cette situation ?
- En premier lieu, je suis
décidé à tout faire pour ramener de l'ordre dans
la maison et mettre fin à cet état de choses.
Les textes existent, il suffit de les faire
appliquer. En effet, celui qui accepterait de
travailler dans un tel cadre court à l'échec.
Pour ma part, je n'ai aucune intention d'échouer
dans ma mission de redresser la maison.
Des directives m'ont été
données afin que les usagers retrouvent la
confiance quant aux actes que nous posons.
Ceci étant, je m'efforce d'expliquer à la
hiérarchie l'intérêt pour elle de laisser le
directeur général des transports terrestres
assumer les missions qui lui sont assignées par
la loi.
C'est au directeur général
des transports terrestres de signer les permis
de conduire et les autres actes administratifs.
Et pour réussir cette mission, j'ai le devoir de
neutraliser tous ceux qui bloquent le
fonctionnement de la direction. Comment
voulez-vous que des noms des gens régulièrement
admis soient purement et simplement enlevés sur
le fichier informatique, au détriment d'une
autre catégorie de personnes n'ayant jamais
passé de permis? Afin de mettre un terme à ces
pratiques, en collaboration avec la direction
générale des services informatiques, nous
renforçons les moyens de sécurité du fichier
central du permis de conduire. Désormais,l'accès
à ce fichier se fera à partir de mon bureau.
• A la lumière de tous les
problèmes évoqués, on constate que le bilan de
l'exercice 2006 n'a pas d'importance pour la
direction générale.
- Dans cette administra fion,
c'est difficile de faire un bilan. En moins de
deux ans, elle a vu passer deux directeurs
généraux. Quand vous constatez ce genre de
choses, c'est que le problème se situe ailleurs
.Ce ne sera pas à moi de faire le bilan, mais à
ceux qui ont géré cette direction. A côté de
cette activité, il y a aussi la délivrance des
licences de transports voyageurs et
marchandises, les délivrances des autorisations
et permis administratifs.
• Vous parlez des
difficultés et de conflit de compétence entre le
cabinet et a DGTT. Les actes posés par la
brigade de contrôle routière échappent-ils à
votre contrôle ?
- Ce service mis en place par
la Direction générale des transports
terrestres, a pour mission de vérifier que la
réglementation en matière de circulation
routière est respectée. Dans le cas contraire,
d'amener les usagers à se conformer à cette
réglementation. Mais à notre plus grand
étonnement, c'est un service bis qui a été mis
en place. On a pris les fonctionnaires de la
DGTT pour servir une administration qui ne
poursuit pas les mêmes logique que la nôtre.
Qui est responsable de cette
brigade
- Cette structure qui devrait
amener les usagers à respecter notre
réglementation fait aujourd'hui le contraire et
va jusqu'à établir des partenariats avec les
usagers qui sont exemptés de payer les licences.
Aujourd'hui, les transporteurs de grumes, les
chauffeurs des boulangeries et autres, ne
viennent plus rien payer à la DGTT. Conséquence,
la Direction générale des transports terrestres
a des difficultés pour verser au Trésor public,
les moyens prévus. Les fonds prélevés par
la brigade prennent une autre direction.
• Quelles autres difficultés
rencontrez-vous dans le cadre de votre travail ?
Actuellement, la DGTT est
menacée d'expulsion car le propriétaire des
locaux estime la dette à plus de quatre vingt
millions (80 000 000) de francs. Dès lors, nous
travaillons sous pression. Aux dernières
nouvelles, il nous revient que la hiérarchie
serait en train d'acheter un immeuble,
grâce aux financements mobilisés par l'Etat. De
même, nous estimons que le problème de la
brigade doit être clarifié. A ce sujet, le
premier responsable du département m'a assuré
qu'il ne ménagera aucun effort pour apporter des
solutions à ces situations regrettables.