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Le quotidien l'Union du 18 Janvier 2007

 

ENTRETIEN AVEC LE DIRECTEUR GENERAL DES TRANSPORTS TERRESTRES

Pascal Boileau Obiang Ondo : "j'ai été envoyé ici pour mettre de l'ordre dans la maison"

80 millions de francs d'arriérés de loyer impayés, immixtion des hauts fonctionnaires du cabinet du ministre dans son fonctionnement, conflit de compétences avec la Brigade de contrôle router, perte de l'une de ses missions régaliennes – le contrôle technique des véhicules - qui a été concédé à deux opérateurs privés: la direction générale des Transports terrestres (DGTT) se porte mal. Le nouveau directeur général, Pascal Boileau Obiang Ondo, est cependant déterminé à mener à bien sa mission, en s'appuyant sur les textes et lois en vigueur. Son ambition est de redonner espoir aux usagers, ripais aussi et surtout, mettre fin aux pratiques de ceux qui bloqueraient le bon fonctionnement de la maison. Rencontre avec un homme pragmatique et résolu.

L'Union. M. le directeur général, quelles sont les attributions de la Direction générale des transports terrestres ?

- Pascal Boileau Obiang Ondo : La Direction générale des transports terrestres DGTT - s'occupe de tous les problèmes liés aux différents modes de transports terrestres, à savoir: traiter des questions administratives, techniques, financières, économiques et sociales, relatives à l'exploitation et au fonctionnement des transports terrestres; participera l'élaboration et à l'application des lois et règlements; procéder aux études préalables des accords et conventions bilatérales et multilatérales, ainsi que des règlements et arrangements internationaux. De ce fait, elle participe soit directement, soit par l'intermédiaire de ses collaborateurs, à toutes les réunions ayant pour objet des études tarifaires en matière de transports terrestres, elle participe également à l'échelon national, voire international, aux réunions sur la circulation routière et les transports terrestres, publics et privés.

Elle préside les commissions de délivrance, de suspension et de retrait de permis de conduire et contrôle l'attribution de la carte grise des véhicules; elle signe les signe les permis de conduire et gère les inspections provinciales. De manière générale, nous nous occupons de tout ce qui touche à l'organisation de transport dans notre pays.

• Sur le terrain on constate comme un conflit de compétence entre le ministère de tutelle et la Direction générale des transports terrestres. Qu'en est-il exactement ?

- Lorsqu'on met une structure sur pied , les choses se passent bien au départ, mais avec le temps, on constate un gain d'essoufflement, un désintérêt; une sclérose--... et la suite dépendra maintenant du gestionnaire, du responsable de l'organisme pour maintenir le cap. Mais aussi, des relations qui existent entre la hiérarchie et la direction générale. C'est pourquoi, chacun doit savoir quel est son rôle et la limite de son champ d'action. C'est le

ministre qui fixe les orientations et définit la politique du ministère, et lorsque le cabinet descend, comme c'est souvent le cas pour assumer les tâches dévolues à la direction générale, il y a là comme un grand malaise qui ne dit pas son nom.

• Que faire alors face à ce genre d'agissements ?

- J'ai été envoyé ici à la demande des plus hautes autorités du pays pour essayer de mettre un peu d'ordre dans la maison, c'est-à-dire, et surtout, protéger le permis de conduire, lequel est une pièce nationale et internationale, au même titre que le passeport et la carte nationale d'identité. Donc, nous avons l'obligation de tout faire pour redonner de la crédibilité à cette pièce.

Autre chose, respecter les délais de remise du permis aux ayants droit, c'est-à-dire: six mois pour le permis provisoire et après cette date, le permis définitif. Autre volet des missions de la Direction générale des transports terrestres, le contrôle technique de tous les véhicules. Même si cette mission régalienne de l'Etat a été aliénée, parce que concédée à., deux opérateurs privés.

• Etes-vous tout de même associé par vos partenaires à la prise des décisions ?

-Je suis associé de temps en temps, et pour cela, je mets à disposition de ces derniers, des hauts fonctionnaires qui assistent à l'exercice de cette mission. Cette collaboration ne nous gêne pas, car la finalité reste l'efficacité du service. C'est une décision des pouvoirs publics que nous respectons. Et nous disons simplement que l'exercice de cette mission doit être contrôlé, encadré et concerté afin de limiter les abus. Dans les clauses établies entre le gouvernement et certains opérateurs économiques, comme le Centre auto bilan agréé, il est dit, entre autres, que cette entreprise. doit renouveler ses équipement. Ce qui n'a pas été fait. Résultat, cet opérateur a reçu une mise en demeure. Et pour avoir une idée plus claire là-dessus, je viens de diligenter une mission d'experts sur les installations d'Auto bilan agréé, dont j'attends les conclusions. Parallèlement, j'ai initié des rencontres avec tous les partenaires, y compris les syndicats et le personnel de la direction. L'objectif visé est de redonner espoir et confiance à tous. Dans cet ordre d'idées, un séminaire sera organisé le moment venu avec l'ensemble de nos partenaires.

• De quoi avez-vous parlé avec vos interlocuteurs ?

- De toutes les personnes rencontrées, le constat est le même. Il s'agit de l'immixtion des hauts fonctionnaires du cabinet dans le fonctionnement de la DGTT. Il y a donc là, un conflit de compétences qui ne dit pas son nom. J'ai pu m'en rendre compte depuis mon arrivée.

Actuellement, je prépare un rapport sur la situation réelle de la Direction générale des transports terrestres afin que tout le monde sache dans quel état je l'ai trouvée, mais également, ce qui bloque son fonctionnement et y compris les personnes en cause.

• Avez-vous déjà une idée sur la façon dont vous allez gérer cette situation ?

- En premier lieu, je suis décidé à tout faire pour ramener de l'ordre dans la maison et mettre fin à cet état de choses. Les textes existent, il suffit de les faire appliquer. En effet, celui qui accepterait de travailler dans un tel cadre court à l'échec. Pour ma part, je n'ai aucune intention d'échouer dans ma mission de redresser la maison.

Des directives m'ont été données afin que les usagers retrouvent la confiance quant aux actes que nous posons. Ceci étant, je m'efforce d'expliquer à la hiérarchie l'intérêt pour elle de laisser le directeur général des transports terrestres assumer les missions qui lui sont assignées par la loi.

C'est au directeur général des transports terrestres de signer les permis de conduire et les autres actes administratifs. Et pour réussir cette mission, j'ai le devoir de neutraliser tous ceux qui bloquent le fonctionnement de la direction. Comment voulez-vous que des noms des gens régulièrement admis soient purement et simplement enlevés sur le fichier informatique, au détriment d'une autre catégorie de personnes n'ayant jamais passé de permis? Afin de mettre un terme à ces pratiques, en collaboration avec la direction générale des services informatiques, nous renforçons les moyens de sécurité du fichier central du permis de conduire. Désormais,l'accès à ce fichier se fera à partir de mon bureau.

• A la lumière de tous les problèmes évoqués, on constate que le bilan de l'exercice 2006 n'a pas d'importance pour la direction générale.

- Dans cette administra fion, c'est difficile de faire un bilan. En moins de deux ans, elle a vu passer deux directeurs généraux. Quand vous constatez ce genre de choses, c'est que le problème se situe ailleurs .Ce ne sera pas à moi de faire le bilan, mais à ceux qui ont géré cette direction. A côté de cette activité, il y a aussi la délivrance des licences de transports voyageurs et marchandises, les délivrances des autorisations et permis administratifs.

Vous parlez des difficultés et de conflit de compétence entre le cabinet et a DGTT. Les actes posés par la brigade de contrôle routière échappent-ils à votre contrôle ?

- Ce service mis en place par la Direction générale des transports terrestres, a pour mission de vérifier que la réglementation en matière de circulation routière est respectée. Dans le cas contraire, d'amener les usagers à se conformer à cette réglementation. Mais à notre plus grand étonnement, c'est un service bis qui a été mis en place. On a pris les fonctionnaires de la DGTT pour servir une administration qui ne poursuit pas les mêmes logique que la nôtre.

Qui est responsable de cette brigade

- Cette structure qui devrait amener les usagers à respecter notre réglementation fait aujourd'hui le contraire et va jusqu'à établir des partenariats avec les usagers qui sont exemptés de payer les licences. Aujourd'hui, les transporteurs de grumes, les chauffeurs des boulangeries et autres, ne viennent plus rien payer à la DGTT. Conséquence, la Direction générale des transports terrestres a des difficultés pour verser au Trésor public, les moyens prévus. Les fonds prélevés par la brigade prennent une autre direction.

• Quelles autres difficultés rencontrez-vous dans le cadre de votre travail ?

Actuellement, la DGTT est menacée d'expulsion car le propriétaire des locaux estime la dette à plus de quatre vingt millions (80 000 000) de francs. Dès lors, nous travaillons sous pression. Aux dernières nouvelles, il nous revient que la hiérarchie serait en train d'acheter un immeuble, grâce aux financements mobilisés par l'Etat. De même, nous estimons que le problème de la brigade doit être clarifié. A ce sujet, le premier responsable du département m'a assuré qu'il ne ménagera aucun effort pour apporter des solutions à ces situations regrettables.

 

Source : Journal L'Union Plus du 18 Janvier 2007

 



   

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