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Le quotidien l'Union du 16 Janvier 2007

 

FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT

Avec la majorité "utile" et la société civile ?

Avec une majorité écrasante à la prochaine Assemblée nationale, le prochain gouvernement sera essentiellement constitué des membres du camp présidentiel avec le PDG comme locomotive.

APRÈS que l'opposition - du moins les principaux partis qui la constituent- a décliné l'offre du président de la République dont le souci est de toujours maintenir l'ouverture en faisant en sorte que les compatriotes de ce bord politique fassent partie du prochain gouvernement, il est clairement établi aujourd'hui que celui-ci risque d'être, sauf à s'y méprendre, le reflet du gouvernement sortant. C'est-à-dire qu'il sera essentiellement composé de personnalités issues du parti majoritaire le PDG, auxquelles viendront en appoint celles des autres partis de la majorité présidentielle qui se sont positivement illustrées lors des dernières élections législatives et peut-être aussi la société civile, même si le concept est souvent dévoyé. La seule inconnue réside cependant sur le nombre des membres de ce gouvernement et celui de chacune des formations politiques qui vont le constituer.

En toute logique, le nombre de membres devant revenir à chacune de ces formations politiques doit être proportionnel à leur représentativité, c'est-à-dire au nombre de sièges obtenus par chacune d'elles. En s'arc-boutant sur cette logique, le gros de la troupe reviendra bien évidemment au PDG, ainsi que mentionné plus haut. Ce mastodonte de la majorité ayant à lui seul récolté un nombre de sièges pour le moins insolent (83). Puis suivent très loin derrière le RPG (8 sièges), l'Adere (3), le CLR et le PSD (2) chacun, enfin le MAD et le RDR un (1) député chacun.

Les dernières élections législatives ont été utiles en ce qu'elles ont véritablement permis à la majorité de rebattre les cartes, sinon de "se recomposer autour de quelques partis utiles", selon la formule usité par le vice-Premier ministre Emmanuel Ondo Methogo.

A l'évidence, le prochain gouvernement va se constituer autour de ces partis utiles de la majorité susmentionnés qui ont mouillé le maillot et récolté les fruits de leurs efforts sur le terrain.

Ce qui nous éloigne du scénario qui avait caractérisé la composition du gouvernement à l'issue de la présidentielle 2005. Celle-ci avait donné lieu à des revendications de quelques partis politiques de la majorité, notamment ceux du groupe dit d'Akébé, qui estimaient, sûrement à raison, qu'ils méritaient d'être présents au gouvernement tout autant que les autres partis qui avaient été appelés.

QUELLE COHESION. Aujourd'hui la donne a changé, le départ en ordre dispersé aux dernières élections législatives a montré la force des uns autant que les limites de plusieurs d'entre eux qui surfaient sur l'aura des plus représentatifs pour se donner des airs d'une certaine représentativité qui s'est révélée pour le moins surfaite à l'aune des résultats des dernières législatives.

Il est peut-être temps pour ces partis sans contenu idéologique, ni programme de gouvernement - qui laisse supposer du reste qu'ils n'ont aucune ambition à gérer l'Etat de tirer les enseignements de leurs échecs cuisants et de penser à un regroupement. En créant par exemple une structure unique destinée à les fédérer et surtout à donner un sens à des partis pour le moins hétéroclites et sans consistance. Au nom du bon sens et peut-être aussi de leur survie politique, ce regroupement peut constituer pour chacune de ces formations politiques une bouée de sauvetage après la débâcle subie le 17 décembre dernier. Sauf à vouloir se confiner dans une espèce de repli identitaire et coûte que coûte conserver des entités qui ne sont rien moins que des coquilles vides, ce qui va inéluctablement les vouer à la disparition, ces partis n'ont plus d'autre choix que de se regrouper.

En tout cas, n'eût été la volonté du président de la République dont le souci est de maintenir d'une certaine façon la gestion collégiale du pays, il aurait pu, tout aussi bien, se passer des autres partis de la majorité. Y compris même ceux qui ont récolté des sièges qui ne se révèlent, il faut le souligner, qu'une portion congrue : 17 députés au total pour six partis politiques. Une moisson bien maigre, au demeurant, comparativement à celle du PDG, le parti dont il est le président-fondateur.

Au reste, la formation du prochain gouvernement avec les partis utiles de la majorité présidentielle n'est pas sans soulever un certain nombre de questions. En l'occurrence celle concernant la cohésion des membres qui vont le composer. En admettant que la configuration de ce gouvernement ne change pas radicalement, il va sans dire que les adversaires d'hier vont se retrouver en son sein. Quel rapport peuvent entretenir certains d'entre eux lorsqu'on sait que les dernières législatives ont laissé plaies et bosses, puisqu'ayant donné lieu à des passes d'armes qui n'étaient pas toutes aux fleurets mouchetés. Que pourront être les rapports entre le Premier ministre, jean Eyéghé Ndong, et son vice-Premier ministre, mais non moins adversaire, Paul Mba Abessole ? Que dire de Pierre-Claver Maganga Moussavou et Jean-Norbert Diramba, les deux principaux protagonistes de la bataille du siège de Mouila pour laquelle le vice-Premier ministre, Me LouisGaston Mayila a pris ouvertement fait et cause pour son protégé Jean-Norbert Diramba.

Manifestement, les dernières élections législatives n'ont pas seulement révélé la faiblesse ou la force de certains partis, foutes tendances confondues, mais aussi mis en évidence les divergences, sinon les divisions qui minent le camp présidentiel.

Source : Journal L'Union Plus du 16 Janvier 2007

 



   

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