FORMATION DU NOUVEAU
GOUVERNEMENT
Avec la
majorité "utile" et la société civile ?
Avec une majorité écrasante à
la prochaine Assemblée nationale, le prochain
gouvernement sera essentiellement constitué des
membres du camp présidentiel avec le PDG comme
locomotive.
APRÈS que l'opposition - du
moins les principaux partis qui la constituent-
a décliné l'offre du président de la République
dont le souci est de toujours maintenir
l'ouverture en faisant en sorte que les
compatriotes de ce bord politique fassent partie
du prochain gouvernement, il est clairement
établi aujourd'hui que celui-ci risque d'être,
sauf à s'y méprendre, le reflet du gouvernement
sortant. C'est-à-dire qu'il sera essentiellement
composé de personnalités issues du parti
majoritaire le PDG, auxquelles viendront en
appoint celles des autres partis de la majorité
présidentielle qui se sont positivement
illustrées lors des dernières élections
législatives et peut-être aussi la société
civile, même si le concept est souvent dévoyé.
La seule inconnue réside cependant sur le nombre
des membres de ce gouvernement et celui de
chacune des formations politiques qui vont le
constituer.
En toute logique, le nombre
de membres devant revenir à chacune de ces
formations politiques doit être proportionnel à
leur représentativité, c'est-à-dire au nombre de
sièges obtenus par chacune d'elles. En
s'arc-boutant sur cette logique, le gros de la
troupe reviendra bien évidemment au PDG, ainsi
que mentionné plus haut. Ce mastodonte de la
majorité ayant à lui seul récolté un nombre de
sièges pour le moins insolent (83). Puis suivent
très loin derrière le RPG (8 sièges), l'Adere
(3), le CLR et le PSD (2) chacun, enfin le MAD
et le RDR un (1) député chacun.
Les dernières élections
législatives ont été utiles en ce qu'elles ont
véritablement permis à la majorité de rebattre
les cartes, sinon de "se recomposer autour de
quelques partis utiles", selon la formule usité
par le vice-Premier ministre Emmanuel Ondo
Methogo.
A l'évidence, le prochain
gouvernement va se constituer autour de ces
partis utiles de la majorité susmentionnés qui
ont mouillé le maillot et récolté les fruits de
leurs efforts sur le terrain.
Ce qui nous éloigne du
scénario qui avait caractérisé la composition du
gouvernement à l'issue de la présidentielle
2005. Celle-ci avait donné lieu à des
revendications de quelques partis politiques de
la majorité, notamment ceux du groupe dit d'Akébé,
qui estimaient, sûrement à raison, qu'ils
méritaient d'être présents au gouvernement tout
autant que les autres partis qui avaient été
appelés.
QUELLE COHESION.
Aujourd'hui la donne a changé, le départ en
ordre dispersé aux dernières élections
législatives a montré la force des uns autant
que les limites de plusieurs d'entre eux qui
surfaient sur l'aura des plus représentatifs
pour se donner des airs d'une certaine
représentativité qui s'est révélée pour le moins
surfaite à l'aune des résultats des dernières
législatives.
Il est peut-être temps pour
ces partis sans contenu idéologique, ni
programme de gouvernement - qui laisse supposer
du reste qu'ils n'ont aucune ambition à gérer l'Etat
de tirer les enseignements de leurs échecs
cuisants et de penser à un regroupement. En
créant par exemple une structure unique destinée
à les fédérer et surtout à donner un sens à des
partis pour le moins hétéroclites et sans
consistance. Au nom du bon sens et peut-être
aussi de leur survie politique, ce regroupement
peut constituer pour chacune de ces formations
politiques une bouée de sauvetage après la
débâcle subie le 17 décembre dernier. Sauf à
vouloir se confiner dans une espèce de repli
identitaire et coûte que coûte conserver des
entités qui ne sont rien moins que des coquilles
vides, ce qui va inéluctablement les vouer à la
disparition, ces partis n'ont plus d'autre choix
que de se regrouper.
En tout cas, n'eût été la
volonté du président de la République dont le
souci est de maintenir d'une certaine façon la
gestion collégiale du pays, il aurait pu, tout
aussi bien, se passer des autres partis de la
majorité. Y compris même ceux qui ont récolté
des sièges qui ne se révèlent, il faut le
souligner, qu'une portion congrue : 17 députés
au total pour six partis politiques. Une moisson
bien maigre, au demeurant, comparativement à
celle du PDG, le parti dont il est le
président-fondateur.
Au reste, la formation du
prochain gouvernement avec les partis utiles de
la majorité présidentielle n'est pas sans
soulever un certain nombre de questions. En
l'occurrence celle concernant la cohésion des
membres qui vont le composer. En admettant que
la configuration de ce gouvernement ne change
pas radicalement, il va sans dire que les
adversaires d'hier vont se retrouver en son
sein. Quel rapport peuvent entretenir certains
d'entre eux lorsqu'on sait que les dernières
législatives ont laissé plaies et bosses,
puisqu'ayant donné lieu à des passes d'armes qui
n'étaient pas toutes aux fleurets mouchetés. Que
pourront être les rapports entre le Premier
ministre, jean Eyéghé Ndong, et son vice-Premier
ministre, mais non moins adversaire, Paul Mba
Abessole ? Que dire de Pierre-Claver Maganga
Moussavou et Jean-Norbert Diramba, les deux
principaux protagonistes de la bataille du siège
de Mouila pour laquelle le vice-Premier
ministre, Me LouisGaston Mayila a pris
ouvertement fait et cause pour son protégé
Jean-Norbert Diramba.
Manifestement, les dernières
élections législatives n'ont pas seulement
révélé la faiblesse ou la force de certains
partis, foutes tendances confondues, mais aussi
mis en évidence les divergences, sinon les
divisions qui minent le camp présidentiel.