APRÈS LEUR ENTRETIEN AVEC LE
CHEF DE L'ETAT
Le Sena
suspend son mouvement de grève
C'est la décision prise samedi
dernier par le bureau exécutif de ce syndicat,
après consultation de sa base. Les enseignants
et les élèves pourront donc, dès demain,
reprendre le chemin des classes en attendant
l'issue des travaux en cours amorcés sous
l'autorité du chef de l'Etat.
IL
aura fallu, une fois de plus, l'intervention
personnelle du chef de l'Etat pour dénouer une
crise qui courait à grand pas vers le
pourrissement (perspective d'une année blanche,
suspension de salaires...).
L'audience que le président
de la République a accordée mercredi dernier au
bureau exécutif du Sena a finalement débouché
sur une sortie de crise, certes momentanée, mais
qui laisse le soin à la future commission
technique qu'il présidera, de trouver des
solutions idoines et pérennes.
"Le chef de l'Etat a donné
son accord total pour la satisfaction des justes
et légitimes revendications posées par le Sena
"a indiqué le secrétaire général par
intérim, Yolande Bilouka lors de sa déclaration,
samedi dernier à la Peyrie.
Les quelques 30 000 élèves
(en majorité dans le primaire) et les 6000
enseignants, selon les estimations du Sena,
pourront donc dès demain retrouver le chemin de
l'école.
Les négociations entamées
jeudi dernier et jugées déjà satisfaisantes par
les grévistes, se poursuivront pendant ce temps,
et cela dans un "esprit conforme à la
déontologie syndicale en matière de
négociations collectives" pour reprendre
les termes du bureau exécutif.
Un aboutissement heureux
voire "une petite victoire" (c'est selon les
interprétations) que revendique le Sena et qui
tient en primeur à l'attribuer à la ténacité et
au courage de ses membres.
"C'est l'occasion de décerner
une mention spéciale à tous les enseignants du 1er
degré à qui ce mouvement de grève a connu
jusque-là un franc succès au regard de son
ampleur et de son envergure" a mentionné
Yolande Bilouka.
Près de deux mois après le
déclenchement de la grève générale illimitée du
Sena sur toute l'étendue du territoire, aucune
solution, et ce malgré l'intervention ultime du
Premier ministre, ne semblait satisfaire les
enseignants.
La situation avait même viré
au bras de fer avec l'actuel ministre de l'Education
nationale et de l'Enseignement supérieur, le Pr
Albert Ondo Ossa.
Le Sena s'était alors résolu,
après ces divers échecs, à donner de la voix,
allant jusqu'à l'appel au boycott des
Législatives.
La Fédération nationale des
associations des parents d'élèves du Gabon (Fenapeg),avec
l'angoisse de devoir envisager un allongement du
calendrier scolaire avec des risques, au vu du
statu quo observé, d'une année blanche, sortait
même de sa réserve invitant les différents
protagonistes à trouver un terrain entente pour
sauver l'année.
Mais, le président de la
République, en véritable deus ex machina, s'est
heureusement saisi personnellement du dossier
pour désamorcer la crise... que le Sena
considère, toutefois, comme pouvant ressurgir à
tout moment.
"Une suspension de grève
n'est pas synonyme d'une levée de grève. Par
conséquent nous exhortons nos membres à demeurer
vigilants" a prévenu le secrétaire général
par intérim.