CONFÉRENCE DE PRESSE DE
L'ORCAN15ATIt3N GABONAISE DES CONSOMMATEURS
L'OGC
dénonce les pratiques frauduleuses de
Celtel-Gabon
Le président de l'OGC, Ibrahim
Tsendjiet Mboulou, a relevé, au cours dune
conférence de presse donnée la semaine dernière
a son siège, les méthodes illicites utilisées
par l'opérateur de téléphonie mobile visant à
"extorquer silencieuse ment des sommes
faramineuses à ses abonnés" à travers une
loterie pour la pratique de laquelle
Celtel-Gabon n'aurait pas d'agrément.
LA pratique de la loterie est
réglementée par la loi 24/2004 du 29
avril 2004 portant autorisation et
réglementation des jeux de hasard en République
gabonaise. En son article 10, section 3 des
loteries, cette loi stipule clairement que "la
loterie est l'opération par laquelle un gain ou
un avantage est attribué par voie de sort à une
ou plusieurs personnes, quels qu'en soient la
dénomination et le procédé." , telle est la
définition de la loterie. Et c'est bien à cela
que Celtel-Gabon s'est livré pour attribuer
maison par-ci, véhicule par-là, et ordinateurs
encore par-là.
En son chapitre deuxième de
la Réglementation générale des jeux de hasard,
cette loi précise en son article 16 "'Outre
l'agrément délivré par le ministre chargé du
Commerce, l'exploitation des jeux de hasard
ainsi que la fabrication, l'importation, la
vente et la maintenance des machines ou
appareils des jeux de hasard, sont subordonnées
à l'autorisation préalable du ministre chargé de
l'Intérieur après avis de la Commission
supérieure des jeux de hasard... Cette
autorisation ne peut être ni cédée ni transmise.
Elle est délivrée pour une durée de 5 ans
renouvelable."
N'étant pas un opérateur régi
par cette loi, Celtel ne dispose donc pas de
cette autorisation. Son agrément commercial ne
lui confère pas le droit d'organiser des jeux de
hasard, et notamment de pratiquer des loteries.
Même pas pour des motifs promotionnels.
Or, du 28 octobre au 23
décembre 2006, cet opérateur. a organisé
un jeu intitulé "Gagner. Une maison". Sur
l'affiche promotionnelle, Celtel invitait
sournoisement les joueurs (abonnés) à augmenter
leur consommation. On pouvait en effet y lire
"Consommez 5 000 Fcfa de crédit par semaine en
rechargeant votre compte et gagnez par tirage au
sort caque mardi...". Ou bien "Consommez au
moins 60 000F cfa de crédit de communication
durant la promotion et vous serez peut-être
l'heureux gagnant du 23 décembre 2006".
INCITATION A LA DEPENSE•
Avant toute chose, l'OGC dénonce cette méthode
subtile qui consiste chez les responsables de
Celtel-Gabon à amener les gens à acheter
davantage de cartes de crédit- plus qu'ils n'en
ont besoin- en leur donnant l'illusion qu'ils
peuvent gagner une maison, une voiture ou un
ordinateur. Selon le président Ibrahim Tsendjiet
Mboulou, ce procédé n'a pas d'autre nom que
celui d'incitation à la dépense. Un comportement
réprimé par la loi. D'une part.
D'autre part, l'OGC fait
remarquer que dans le cahier des charges que l'Etat
a signé avec Celtel-Gabon lors du contrat
d'attribution, seules sont mentionnées la vente
et l'exploitation de la téléphonie mobile et des
accessoires. Cet opérateur n'est pas un
importateur dans le commerce général. Autant que
l'on sache, Celtel-Gabon n'est pas un opérateur
immobilier pour céder des maisons. Ni un
concessionnaire automobile pour proposer des
véhicules. Il n'est pas non plus un importateur
de produits informatiques pour livrer des
ordinateurs et accessoires. Il y a donc
manifestement un usage abusif de l'agrément
commercial qui lui a été délivré par
l'administration de tutelle.
Il est vrai que dans notre
pays, n'importe qui fait n'importe quoi, sans
aucun souci de respecter les textes réglementant
telle ou telle activité. A ce propos,
CeltelGabon pourrait évoquer, très légitimement,
l'argument selon lequel son cas n'est pas isolé,
de surcroît dans la téléphonie mobile, pour ce
qui est de l'organisation de tombolas, les
autres opérateurs s'étant aussi illustrés dans
des pratiques identiques. Et que d'ailleurs elle
n'est pas à son coup d'essai. Par le passé,
cette société a proposé des jeux similaires aux
abonnés, attribuant des véhicules, sans que cela
n'émeuve personne. Ni le ministère chargé des
Télécommunications. Ni celui du Commerce. Ni les
Finances. Ni Artel. Ni aucune structure chargée
de lutter contre l'enrichissement illicite. Ni
qui que ce soit. Les responsables de Celtel
pourraient en arriver à se poser des questions
sur ce que, de leur point de vue, ils peuvent
considérer comme un acharnement orchestrée par
l'Organisation gabonaise des consommateurs.
Ce à quoi l'OGC répond - et
sans doute les nombreux consommateurs - que la
loi existe, même si elle n'est pas appliquée
scrupuleusement. Et qu'il faut bien commencer un
jour par sanctionner un contrevenant donné,
surtout s'il est établi qu'il s'agit d'un
impénitent récidiviste.
VENTE AVEC PRIME L'OGC
dénonce donc cette méthode de vente avec prime,
qui consiste à vendre, en sus des accessoires de
la téléphonie mobile, des objets qui ne sont pas
compris dans l'activité contractuelle de
l'opérateur. Et pour cela, la structure chargé
de la défense des consommateurs affirme avoir
déjà déposé une plainte au tribunal de
Libreville, énumérant plusieurs entorses à la
loi relevées dans le comportement de
Celtel-Gabon. D'autant que le 21 décembre
dernier, elle avait déjà adressé une lettre de
protentation à Celtel en enjoignant les
organisateurs du jeu de l'annuler, purement et
simplement.
"Le seul but de cette loterie
illicite était d'amasser de l'argent sur le dos
des consommateurs", a affirmé M. Ibrahim
Tsendjiet Mboulou au cours de sa conférence de
presse, estimant que, dans cette affaire, c'est
l'ensemble des abonnés de Celtel qui a contribué
au financement de cette maison d'une valeur de
35 millions finalement attribuée à un seul
d'entre eux. Et que Celtel-Gabon n'a absolument
rien dépensé pour organiser ce jeu illicite.
Bien au contraire.
Selon les calculs faits par
l'OGC, chacun des 500 000 abonnés dont se
prévaut la maison Celtel elle-même aurait
dépensé au moins 500 F par jour pendant la durée
du jeu. Ce qui aurait permis à l’opérateur,
toujours selon l'OGC, de maximiser la vente de
ses cartes et d'engranger, en 27 jours, au moins
13,5 milliards de nos francs.
Dernière chose : la
supercherie était telle que la maison, grande et
belle, présentée sur l'affiche pour la promotion
du jeu, n'est en rien comparable à celle,
beaucoup, plus modeste, attribuée au finish au
gagnant. Seul une microscopique indication, de
surcroît écrite verticalement dans un coin
obscur, dit, dans un style opaque pour la
majorité des joueurs, que "la photo n'est
pas contractuelle".
Pour M, Tsendjiet Mboulou,
l'opérateur Celtel-Gabon devrait commencer par
présenter des excuses par voie de presse à tous
ceux de ses abonnés qui ont participé à ce Jeu.
Puis réparer le préjudice causé, notamment en
redistribuant le cinquième des sommes ainsi
amassées aux consommateurs de cartes Cel tel.
Affaire à suivre.