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Le quotidien l'Union du 15 Janvier 2007

 

FORMATION DU PROCHAIN GOUVERNEMENT

A l'unisson, l'opposition décline l'offre

Les partis politiques qui composent cette obédience ont adopté une même position de principe en écartant l'éventualité d'une entrée au prochain gouvernement. Le CDJ et le FAR n'ont certes pas encore donné officiellement leur position, mais s'alignent sur la même position.

HORMIS le CDJ et le FAR qui ne se sont pas encore officiellement prononcés quant à leur entrée ou non au prochain gouverne ment - même si certaines indiscrétions dans leurs états majors respectifs font état dé ce que cette éventualité n'est nullement envisagée en l'état actuel des choses - les deux principales formations politiques de l'opposition, l'UPG (l'Union du peuple gabonais) et l'UGDD (l'Union gabonaise pour la démocratie et le développement) auxquelles s'est joint vendredi dernier le PGP (Parti gabonais du progrès),

ont toutes décliné la main tendue du président de la République qui a souhaité voir les différents partis politiques de cette obédience qui se sont positivement illustrés lors des dernières élections législatives prendre part à la gestion du pays, en dépit de la faible moisson qu'ils ont récoltée.

Toute jugeant cette offre du chef de l'Etat comme étant une marque d'intérêt faite à l'endroit de l'opposition, les responsables des partis qui la composent ont cru bon de la décliner, au sortir des entretiens séparés qu'ils ont eus avec le président de la République. Préférant s'inscrire dans la logique qui veut que la majorité gouverne et l'opposition s'oppose. Même si un peu plus nuancé l'UPG n'a pas totalement écarté une telle éventualité, certes pas "en l'état actuel des choses".

Sous réserve donc de la position officielle du CDJ et du FAR, on ne peut nullement s'empêcher de relever la consolidation de l'unité de l'opposition à travers l'adoption d'un même discours, lequel rompt, on l'espère définitivement, avec les comportements auxquels elle nous avait habitués jusque-là en faisant étalage de ses divergences chaque fois qu'il leur avait été demandé d'entrer au gouvernement. Comme en témoigne l'acceptation de feu Oyono Aba'a qui contre l'avis de son parti et bien évidemment de l'opposition, avait décidé de faire partie d'une des équipes Oye Mba, brisant du coup la fragile dynamique unitaire de l'opposition qui avait du mal à se montrer solidaire sur un certain nombre de questions.

PRINCIPES DEMOCRATIQUES• Outre cet exemple, on peut également citer celui de Sébastien Mamboundou Mouyama qui, alors qu'il dirigeait "au moment où le fondateur dudit parti, Pierre Mamboundou, était en exil à Dakar, était entré au gouvernement contre l'avis des autres hiérarques résolument ancrés, à l'époque, dans l'opposition radicale et bien sûr contre celui des autres leaders de l'opposition. Il en avait été de même pour Pierre-Claver Maganga Moussavou dont le parti, le PSD, agissait presque en électron libre au sein de l'opposition dont il bravait les décisions et contre l'avis duquel il avait décidé d'entrer au gouvernement.

Autant d'agissements qui ont considérablement contribué à la perte de crédit de ces partis. Ajoute aux choix opérés jusqu'ici qui n'ont eu pour effet, au demeurant, que de servir de passerelle aux ambitions personnelles de quelques carriéristes politiques. Ce qui du reste était à l'origine de la disparition de bien des partis, à l'époque dans l'opposition, devenus pour certains aujourd'hui de simples appendices du principal parti au pouvoir. L'o position s'étant Ion temps révélée superficielle dans son idéal de société et virtuelle quant à sa présence sur le terrain décide à priori de changer de cap et commence, sauf à s'y méprendre, à se positionner comme une alternative crédible à la prise du pouvoir. On est donc loin de ces agissements qui ressemblaient fortement à de l'autoflagellation. Les leaders de l'opposition sont pour ainsi dire conscients de ce que ce refus concourt davantage à leur survie politique qu'une acceptation ne l'aurait fait.

Au reste, il faut relever dans ce refus l'enracinement de notre pays dans l'observation des principes démocratiques et républicains. D'autant plus qu'en système démocratique, sauf peut-être en période de crise, la majorité gouverne et l'opposition s'oppose. Cette dernière doit toutefois se constituer en un groupe capable de proposer une alternative à la gestion des affaires de l'Etat.

Aussi, est-on tenté de relever ce nouveau mode de gestion du pouvoir que lance le président de la République. Lequel a décidé de consulter ouvertement la classe politique de l'opposition avant la formation du gouvernement.

Si donc l'invitation de l'opposition par le chef de l'Etat à entrer au gouvernement n'est guère nouvelle, elle n'en constitue pas moins une première quant à la démarche adoptée qui a vu lés partis politiques invités au palais présidentiel pour y être consultés avant que ceux-ci ne donnent ouvertement leurs avis. Cela inaugure peut-être une nouvelle ère politique.

Source : Journal L'Union Plus du 15 Janvier 2007

 



   

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