FORMATION DU PROCHAIN
GOUVERNEMENT
A
l'unisson, l'opposition décline l'offre
Les partis politiques qui
composent cette obédience ont adopté une même
position de principe en écartant l'éventualité
d'une entrée au prochain gouvernement. Le CDJ et
le FAR n'ont certes pas encore donné
officiellement leur position, mais s'alignent
sur la même position.
HORMIS
le CDJ et le FAR qui ne se sont pas encore
officiellement prononcés quant à leur entrée ou
non au prochain gouverne ment - même si
certaines indiscrétions dans leurs états majors
respectifs font état dé ce que cette éventualité
n'est nullement envisagée en l'état actuel des
choses - les deux principales formations
politiques de l'opposition, l'UPG (l'Union du
peuple gabonais) et l'UGDD (l'Union gabonaise
pour la démocratie et le développement)
auxquelles s'est joint vendredi dernier le PGP
(Parti gabonais du progrès),
ont toutes décliné la main
tendue du président de la République qui a
souhaité voir les différents partis politiques
de cette obédience qui se sont positivement
illustrés lors des dernières élections
législatives prendre part à la gestion du pays,
en dépit de la faible moisson qu'ils ont
récoltée.
Toute jugeant cette offre du
chef de l'Etat comme étant une marque d'intérêt
faite à l'endroit de l'opposition, les
responsables des partis qui la composent ont cru
bon de la décliner, au sortir des entretiens
séparés qu'ils ont eus avec le président de la
République. Préférant s'inscrire dans la logique
qui veut que la majorité gouverne et
l'opposition s'oppose. Même si un peu plus
nuancé l'UPG n'a pas totalement écarté une telle
éventualité, certes pas "en l'état actuel des
choses".
Sous réserve donc de la
position officielle du CDJ et du FAR, on ne peut
nullement s'empêcher de relever la consolidation
de l'unité de l'opposition à travers l'adoption
d'un même discours, lequel rompt, on l'espère
définitivement, avec les comportements auxquels
elle nous avait habitués jusque-là en faisant
étalage de ses divergences chaque fois qu'il
leur avait été demandé d'entrer au gouvernement.
Comme en témoigne l'acceptation de feu Oyono
Aba'a qui contre l'avis de son parti et bien
évidemment de l'opposition, avait décidé de
faire partie d'une des équipes Oye Mba, brisant
du coup la fragile dynamique unitaire de
l'opposition qui avait du mal à se montrer
solidaire sur un certain nombre de questions.
PRINCIPES DEMOCRATIQUES•
Outre cet exemple, on peut également
citer celui de Sébastien Mamboundou
Mouyama qui, alors qu'il dirigeait "au
moment où le fondateur dudit parti,
Pierre Mamboundou, était en exil à
Dakar, était entré au gouvernement contre l'avis
des autres hiérarques résolument ancrés,
à l'époque, dans l'opposition
radicale et bien sûr contre celui des
autres leaders de l'opposition. Il en avait été
de même pour Pierre-Claver Maganga
Moussavou dont le parti, le PSD, agissait
presque en électron libre au sein de
l'opposition dont il bravait les décisions et
contre l'avis duquel il avait décidé d'entrer au
gouvernement.
Autant d'agissements qui ont
considérablement contribué à la perte de crédit
de ces partis. Ajoute aux choix opérés jusqu'ici
qui n'ont eu pour effet, au demeurant, que de
servir de passerelle aux ambitions personnelles
de quelques carriéristes politiques. Ce qui du
reste était à l'origine de la disparition de
bien des partis, à l'époque dans l'opposition,
devenus pour certains aujourd'hui de simples
appendices du principal parti au pouvoir. L'o
position s'étant Ion temps révélée superficielle
dans son idéal de société et virtuelle quant à
sa présence sur le terrain décide à priori de
changer de cap et commence, sauf à s'y
méprendre, à se positionner comme une
alternative crédible à la prise du pouvoir. On
est donc loin de ces agissements qui
ressemblaient fortement à de l'autoflagellation.
Les leaders de l'opposition sont pour ainsi dire
conscients de ce que ce refus concourt davantage
à leur survie politique qu'une acceptation ne
l'aurait fait.
Au reste, il faut relever
dans ce refus l'enracinement de notre pays dans
l'observation des principes démocratiques et
républicains. D'autant plus qu'en système
démocratique, sauf peut-être en période de
crise, la majorité gouverne et l'opposition
s'oppose. Cette dernière doit toutefois se
constituer en un groupe capable de proposer une
alternative à la gestion des affaires de l'Etat.
Aussi, est-on tenté de
relever ce nouveau mode de gestion du pouvoir
que lance le président de la République. Lequel
a décidé de consulter ouvertement la classe
politique de l'opposition avant la formation du
gouvernement.
Si donc l'invitation de
l'opposition par le chef de l'Etat à entrer au
gouvernement n'est guère nouvelle, elle n'en
constitue pas moins une première quant à la
démarche adoptée qui a vu lés partis politiques
invités au palais présidentiel pour y être
consultés avant que ceux-ci ne donnent
ouvertement leurs avis. Cela inaugure peut-être
une nouvelle ère politique.