CRISE AU SEIN DU CONSEIL
MUNICIPAL DE PORT-GENTIL
Omar
Bongo Ondimba confirme le principe de la
co-gestion
Le chef de l'Etat qui a reçu
tous les protagonistes de cette crise ayant
paralysé la mairie de la capitale économique,
vendredi dernier au palais de la présidence de
la République, a prôné l'apaisement, le dialogue
et la tolérance. Tout comme il a prévenu que
dans tous les cas, il n'entendait pas remettre
en cause l'ordre actuel des choses. Du moins du
point de vue de la répartition des postes entre
les partis politiques.
LA
sérénité sera bientôt de retour au sein du
conseil municipal de Port-Gentil. C'est du moins
ce qui est ressorti de l'audience que le chef de
l'Etat, Omar Bongo Ondimba, a accordée, vendredi
dernier au palais de la présidence de la
République, aux membres de ladite municipalité
frappée par une crise depuis le 29 décembre
2006. Les deux camps opposés, incarnés
respectivement par le maire Séraphin Ndaot
Rembogo du Parti gabonais du progrès (PGP) et
son 1er adjoint André-Jules Retno Y'Ombénontory,
issu lui des rangs du Parti démocratique
Gabonais (PDG), se sont expliqués devant le
numéro un gabonais, le principal inspirateur,
avec le défunt Me Pierre6Louis Agondjo Okawé, de
la co-gestion aujourd'hui de mise au sein de
cette mairie.
La rencontre a eu lieu en
présence du Premier ministre chef du
gouvernement, jean Eyéghe Ndong, et du ministre
d'Etat en charge de l'Intérieur, André Mba Obame.
M. Jean-Marie Béka b'Obame, le gouverneur de la
province de l'Ogooué-Maritime, était également
présent. Ainsi que plusieurs collaborateurs du
président de la République, tel que son Haut
Représentant personnel, Michel Essonghe, ont
également pris part à cette séance de travail.
Dans un premier temps, Omar
Bongo Ondimba a reçu tour à tour les deux
principaux protagonistes ou chefs de
délégations. Puis, il a écouté les uns et les
autres au cours d'une sorte de plénière,
c'est-à-dire une séance élargie aux autres
membres du conseil municipal de Port-Gentil
présents au palais. Les deux phases ont permis
au premier citoyen du Gabon de se faire une idée
plus claire et plus juste de la situation qui
prévaut au sein de la mairie de la capitale
économique.
C'est donc fort de cela que
le chef de l'Etat, dont on connaît l'attachement
à l'unité nationale, au dialogue et la
tolérance, a prôné l'apaisement en conseillant
aux uns et aux autres de toujours se servir des
vertus du dialogue et de la concertation pour
aplanir leurs malentendus ou leurs désaccords.
Dans tous les cas, il leur a réitéré sa volonté
de faire en sorte que la mairie de Port-gentil
soit toujours dirigée en co-gestion entre le PU
et le PDG, du moins dans le cadre du mandat
actuel qui prend fin dans un an.
Cette philosophie du
président Omar Bongo Ondimba implique que quelle
que soit la décision que le maire actuel qui
vient d'être élu à l'Assemblée nationale prendra
quant au choix du mandat, les deux fonctions
étant incompatibles, le poste de président du
conseil municipal de Port-Gentil échoira
toujours à un conseiller municipal du même bord
politique que lui, c'est-à-dire du PGP.
INTERET GENERAL. Les
choses étant désormais claires à ce niveau, tous
les Porgentillais s'attendent à une
normalisation de la situation au sein de leur
municipalité. La sortie de crise est' donc
envisageable dans les tout prochains jours. Car,
personne ne peut imaginer un conseiller
municipal du PDG aller à l'encontre de la
position du chef de l'Etat qui de surcroît est
le président-fondateur de cette formation
politique.
En guise de rappel, on
soulignera que la crise au sein du Conseil
municipal de
Port-Gentil date du 29
décembre 2006. Date d'une session consacrée à
l'examen et au vote du budget primitif 2007. Un
texte déjà amendé par la commission permanente
des finances qui comprend les conseillers de
toutes tendances politiques.
A la surprise général,
celui-ci sera rejeté par la majorité des membres
du conseil présents à cette réunion. Soit 29
contre 25. Cela malgré les appels à la cohésion,
au respect de l'intérêt général et à la
préservation de l'unité et de la cohésion
sociale, lancés aux uns et aux autres par le
préfet de Bendjè, M. Vincent de Paul Ivala,
présent à ladite séance.
Depuis cette date, deux camps
se sont formés : celui des partisans de Me Ndaot
Rembogo, et l'autre mené par Reténo Y'Obénontory.
Les premiers, notamment les élus du PGP,
accusant leurs adversaires de vouloir évincer
sans raisons objectives l'actuel édile de
Port-Gentil. Ces derniers, essentiellement des
conseillers issus du PDG, RPG, UPG, etc.,
rejettent en bloc ces accusations et se
défendent en justifiant leur position par
l'expression d'un ras-le-bol face au «mépris»
avec lequel le maire Ndaot les traiterait.
L'affaire a été portée devant
le gouverneur par les notables qui, à la faveur
d'une motion, ont apporté leur soutien au
premier magistrat de la ville. A leurs yeux,
celui-ci abat un travail plus qu'appréciable
pour le développement de leur cité...
Le moins que l'on puisse dire
ici, c'est que désormais, tout cela est
derrière. Suite à la rencontre avec le chef de
l'Etat et grâce à ses sages conseils, les
conseillers municipaux de la capitale économique
regarderont vers l'avant en dialoguant, se
tolérant pour ne considérer que l'intérêt
général. C'est-à-dire le développement de la
contrée et la cohésion sociale entre les
communautés qui vivent à Port-Gentil, cité
cosmopolite s'il en fut.