NÉGOCIATIONS DE L'ACCORD DE
PARTENARIAT ÉCONOMIQUE AFRIQUE CENTRALE/UNION
EUROPÉENNE
Les
négociateurs en chef échangent à Libreville
La réunion des bords de
l'Estuaire avait pour but de préparer les
conditions propices à la reprise des
négociations, à la suite de leur suspension en
juillet 2006 pour cause de fortes divergences.
Les prochaines échéances, en février à
Bruxelles, visent à la rencontre des ministres
en charge des négociations APE, ainsi qu'un
échange entre les ministres d'Afrique centrale
et les commissaires européens en charge du
développement et du commerce.
UNE réunion des négociateurs
en chef relative aux négociations de l'Accord de
partenariat économique Afrique centrale/Union
européenne (APE-UE) s'est tenue a Libreville du
9 au 10 janvier 2007courant. Dans les milieux
des experts, on précise que les négociations
étaient suspendues depuis juillet 2006 en raison
d'un certain nombre de divergences qui
subsistent entre les deux parties.
Au nombre des négociateurs en
chef, nous avons, côté européen, M. Peter
Thompson, directeur général du commerce, et côté
Afrique centrale, MM. Dieudonné Mouiri
Boussougou, secrétaire exécutif de la Communauté
économique et monétaire d'Afrique centrale (Cémac)
et Antoine-Louis Ntsimi, secrétaire général
adjoint de la Communauté économique des Etats
d'Afrique centrale (CEEAC).
Au niveau technique, les
réunions sont préparées et dirigées par M.
Pascal Youbi-Lagha, président des groupes
techniques des négociations APE pour l'Afrique
centrale. Pour le compte de la Commission
européenne, les réunions techniques sont
coprésidées par M. Gwilym Jones. Signalons que
les huit Etats qui composent la configuration
des négociations sont: les pays membres de la
Cémac, la RDC plus Sao Tomé et Principe.
Les points d'achoppement
portent notamment sur le renforcement des
capacités et la mise à niveau des économies de
l'Afrique centrale et le financement des mesures
d'ajustement liées à la mise en oeuvre de l'APE.
Il faut préciser que lors des
préparatifs, les deux parties ont convenu que
les négociations de l'Accord de partenariat
économique entre l'Afrique centrale et l'Union
européenne devaient se dérouler en trois phases
la première consacrée à l'approfondissement de
l'intégration régionale en Afrique centrale ; la
deuxième dédiée aux questions de développement
ont le renforcement des capacités et la mise à
niveau, ainsi que l'élaboration de la structure
et des concepts clés de l'Accord ; la troisième
phase des négociations examinera les thèmes sur
la libéralisation des échanges, notamment les
questions d'accès au marché, de détermination de
la période de transition, du degré d'ouverture
des marchés; de liaison avec les progrès des
négociations du cycle Doha à l'Organisation
mondiale du commerce (OMC).
Signalons que dans l'approche
du contenu du renforcement des capacités et de
la mise à niveau, il s'agit, pour l'Afrique
centrale, de montrer qu'au regard des études
d'impact réalisées à ce jour, l'APE renferme
certes quelques opportunités potentielles, mais
il y aura également des effets négatifs,
notamment en termes' d'accroissement de la
concurrence des produits européens sur les
marchés locaux, de perte d'opportunités
industrielles et de pertes de recettes
douanières que nécessitent des ajustements
permettant d'anticiper et d'amortir des chocs
plus violents lors de la mise en oeuvre de
l'Accord.
MECÀNISME TRANSPARENT • A
propos de l'inclusion de la clause de non
exécution dans PAPE, l'Afrique centrale estime
que celle-ci est déjà présente dans l'Accord de
Cotonou et reste d'application ; elle ne devrait
plus être reprise dans PAPE. De plus, ajoutent
les experts, la clauses de non exécution qui
entraîne la suspension de la coopération avec
l'Union européenne demeure pour le Groupe ACP,
un instrument destine a sanctionner les
populations innocentes.
En ce qui concerne le
mécanisme spécifique de garantie des
investissements, l'Afroque centrale pense que
les codes' d'investissement mis en place dans la
région, tant au niveau nateonal qué,régeonal,
n'ont pas attiré es investissements étrangers
directs. Se l'un des avantages de PAPE est
d'attirer ces investissements, les deux parties
devraient mettre en place un mécanisme
transparent et global de garantie que permette
aux opérateurs des 27 Etats membres de l'Union
d'apprécier le marché de la sous-région.
Pour ce qui est de l'accès
des ressortissants de l'Afrique centrale dans
l'espace européen, les experts de l'Afrique
centrale sont d'avis qu'étant donné que la zone
de libreéchange visera la libre circulation des
biens et des services et que la circulation des
services nécessite le déplacement de leurs
prestataires, l'Afrique centrale voudrait
inclure dans PAPE, des dispositions qui
garantissent et facilitent l'accès des
ressortissants de sa sphère géographique dans
l'espace européen, y compris par la mise en
place d'un' Visa APE ". Ledit visa,
indique-t-on, pourrait inclure les opérateurs
économiques, les étudiants et stagiaires ainsi
que les fonctionnaires qui se déplacent pour une
durée limitée dans le temps.
VISA SCHENGEN • La
direction générale du commerce (DG Trade) qui
argue de ce que cette question relouerait de la
seule compétence des Etats, n'explique pas, en
revanche, la portée du visa Schengen qui
constitue un effort d'harmonisation de la
politique de l'Union en matière de migration et
de libre circulation des personnes dans l'espace
communautaire.
Pour finir, les experts
croient qu'une transition de dix ans tel que
prévu dans les accords de 1 OMC ne constitue pas
une période suffisante pour permettre aux
économies de la région d'opérer les ajustements
nécessaires et faire face à la concurrence
européenne. La région estime donc qu'une période
de transition de 25 ans assortie d'un moratoire
de l'ordre de 10 ans constituerait une position
de négociation dans ce domaine.
Rappelons à toutes fins
utiles que la réunion de Libreville avait pour
but de préparer les contions propices à la
reprise des négociations, à la sorte de leur
suspension en juillet 2006 pour cause de fortes
divergences. Les prochaines échéances visent la
rencontre des ministres en charge des
négociations APE, ainsi qu'un échange entre les
ministres d'Afrique centrale et les commissaires
européens en charge du développement et du
commerce. Les réunions sont prévues
respectivement les 5 et 6 février 2007 à
Bruxelles en Belgique.