FAIT DIVERS
La
petite martyre de Belles-Peintures
Cynthia, une fillette de 9
ans, résidant au quartier Belles-peintures à
Libreville, doit regretter d'être venue au
monde. Car, son séjour sur terre est un
véritable enfer, en raison des sévices corporels
que lui inflige au quotidien son père, Abel
Emmanuel Nzengué, un homme de 31 ans.
Bastonnades, attouchements sexuels,
séquestration constituent son lot quotidien.
Enquête.
IL
est des situations qui, au-delà des mots pour
les exprimer, restent inimaginables. Le calvaire
que vit Cynthia, une fillette de neuf ans,
domiciliée au quartier Belles-Peintures à
Libreville, dépasse l'entendement. Son père,
Abel-Emmanuel Nzengué, lui inflige régulièrement
des sévices corporels qui pourraient
compromettre son avenir et sa croissance.
Bastonnade, séquestration et attouchements
sexuels, voilà son lot quotidien.
De quoi regretter d'être
venue au monde, si c'est pour y endurer ce
véritable enfer. D'après nos investigations, il
ne se passe pas de jour sans que la petite fille
ne reçoive s coups. Pour tout dire, elle paie un
lourd tribut de la "folie" de son père.
Qu'a-t-elle fait pour mériter un tel sort ? Sa
mère est-elle encore en vie? Connaît-elle le
traitement réservé au fruit de ses entrailles ?
Autant de questions que se pose le voisinage à
Belles-Peintures.
En effet, les voisins ne
comprennent pas la cruauté d'Abel-Emmanuel
Nzengué. Son idiosyncrasie étonne autant qu'elle
choque la conscience collective. Dans une
certaine mesure, il est père parce qu'il porte
des organes génitaux masculins. Son comportement
frise, au mieux, la démence, et au pire,
l'animalité.
Pour punir sa fille, il est
allé, un jour, jusqu'à là " repasser" au fer
électrique. L'adolescente, brûlée au troisième
degré, a frôlé la mort. Aujourd'hui, elle en
porte encore des séquelles. Son dos reste très
plissé. Comme s'il cela ne suffisait pas, son
père l'avait grièvement blessée, quelques mois
plus tard, à l'aide d'un fil électrique.
Au quotidien, la vie de la
petite de Cynthia reste très difficile. Elle est
la première à se lever le matin et la dernière à
se coucher le soir. Son père n'hésite pas à la
battre à la moindre fâcherie. Hématomes et
blessures ouvertes témoignent de la cruauté de
son géniteur. Ses yeux sont gonflés et son
regard éteint à Force de pleurer. "Chaque jour,
on entend l'enfant-là pleurer. Mais personne
n'ose aller intervenir parce que son père est
très violent. Il menace souvent les voisins à
l'aide de machettes. Un jour, il a même
grièvement blessé un homme au bras et à la tête.
Vraiment, il terrorise les gens ici", nous a
confié une femme, visiblement offusquée par les
agissements d'Abel-Emmanuel Nzengué.
D'après les informations en
notre possession, l'intéressé est un criminel,
qui a déjà eu des démêlés avec la justice pour
mort d'homme à Mouila. Après s'être évadé de la
prison, il serait parti se réfugier à Sango,
bourgade située à une dizaine de kilomètres du
PK 68, sur la Nationale 1. Il y aurait fait
également parler de lui en mal, en violant des
femmes. Traqué par les autorités judiciaires, il
a pris la poudre d'escampette pour aller se
cacher à Bizango-Bibéré, une banlieue
librevilloise. Là-bas encore, il s'est taillé la
réputation d'homme violent, qui n'hésite as à
recourir aux armes banches pour en découdre avec
ceux qui osent lui tenir tête.
CHEMIN DE CROIX• Las
d'avoir des ennuis avec la justice,
Abel-Emmanuel Nzengué a décidé de rompre avec
ses actes répréhensibles.
En 2002, il se rend à Mimongo
prendre sa fille Cynthia, fruit dune relation
avec Brigitte M., une femme qu'il avait
rencontrée quelques années plus tôt. Revenu dans
la capitale, il s'est résolu à trouver du
travail pour subvenir à ses besoins et ceux de
sa fille.
C'est ainsi qu'il offre ses
services à certains particuliers en qualité de
jardinier. Mais les choses ne sont pas si
simples. Lorsque le jeune homme ne trouve pas de
quoi payer le gîte et le couvert, il contourne
la difficulté en volant.
Un jour raconte t-on ses
victimes ont pris la petite Cynthia en
otage pour contraindre son père fugitif à
revenir à la maison. Déterminer à commencer une
vie propre, Nzengué est allé s'installer dans
une maison familiale au quartier Belles
Peintures avec sa fille. Mais le séjour de la
fillette dans cette nouvelle demeure s'est vite
transformé en un véritable chemin de croix. Loin
des regards gênants, Abel Emmanuel Nzengué a
commencé à transformer sa fille en tam-tam,
qu'il n'hésite pas de battre lorsqu'il a fumé
son chanvre. Au lieu d'envoyer sa fille à
l'école préparer son avenir, Nzengué a
transformé la petite Cynthia en ménagère.
C'est donc elle qui est
chargée d'aller puiser de l'eau à la fontaine
publique, parfois avec des récipients trop
lourds à porter pour son âge. Lorsqu'elle
rechigne à la tâche, son père la moleste. Sans
autre forme de procès. Parfois, il la ligote à
la maison à l'aide de fils électriques avant
d'entreprendre une sortie. Lorsqu'il revient,
ivre, à la maison, il s'adonne à des
attouchements sexuels sur sa propre fille, qu'il
confond avec sa femme. Là encore, l'adolescente
n'a le droit que de se taire. En période de
dèche noire, il n'est pas rare de voir la petite
Cynthia rester à jeun une journée durant dans
une maison où les rats sont ses commensaux
habituels.
Lasse d'être maltraitée, la
petite fille est allée se réfugier, en début de
semaine, chez une voisine à qui elle a raconté
tous ses malheurs. Très sensible à sa
mésaventure, la jeune dame a porté l'affaire
devant la Police judiciaire (Pj). Aussitôt, les
a5ents de cette entité ont procédé à
l'arrestation du bourreau de la petite Cynthia.
Lequel, in fine, a reconnu avoir malmené son
propre enfant.
Il sera présenté très
prochainement devant le parquet pour répondre de
ses actes.