ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR / UOB
Réunion sur la situation
préoccupante de l'institution à l'ENS
"Montrer
de la fermeté envers les étudiants exclus"
C'est l'appel lancé par le
recteur, Fidèle-Pierre Nzé-Nguéma aux
enseignants qu'il a récemment réunis à
l'auditorium Tremblay de l'Ecole normale
supérieure (ENS) de Libreville.
FACE
à l'infinie dérive de l'Université Omar Bongo
(UOB) due à la disparition des normes et valeurs
communes à ses membres, le recteur de cette
institution a réuni les enseignants. But:
réfléchir sur les soubresauts que connaît la
plus ancienne des Universités gabonaises et
affirmer le soutien de la communauté
universitaire à la décision décanale portant
délibération du Conseil de discipline de la
Faculté de lettres et sciences humaines (Flsh).
Par rapport aux soubresauts,
le recteur dit qu'ils sont le fait de quelques
étudiants manipulés par des politiques en mal de
popularité. Ces mains invisibles ont fini par
faire de ces étudiants des "Seigneurs du
chahut et de la contestation stérile ". On
en veut pour preuve, le dernier acte qu'ils
viennent de poser.
En effet, ils ont purement et
simplement cadenassé le rectorat et le bureau de
l'Agent comptable. Au motif, disent-ils, que les
législatives étant terminées, il y aura
formation d'un nouveau gouvernement de la
République où ne devrait plus figurer l'actuel
ministre de l'Education nationale et de
l'Enseignement supérieur.
Selon leur logique, il faut
donc empêcher que le recteur, nommé par le Pr
Albert Ondo Ossa, ne fasse son travail. N'ai
je pas été choisi pour remplir certaines
fonctions au sein de l'Institution ?",
s'est-il demandé.
II faut dire que la dérive de
l'UOB l'a décidé à saisir les autorités
politiques. Dans le but de requérir la force
publique aux fins de rétablir l'ordre au sein du
campus. Parce qu'il n'existe malheureusement pas
de police universitaire.
DISPOSITIONS STATUTAIRES•
Mais, force est de constater qu'à ce
jour, aucune réponse ne lui a été donnée.
Pourtant, Fidèle-Pierre Nze-Nguema déclare
n'avoir agi que par rapport aux dispositions
statutaires de l'Institution qu'il administre !
Pour répondre au souci de tout le monde : le
fonctionnement normal de l'UOB.
A côté des étudiants, il y a
le personnel "ATOS" qui a érigé des barricades.
Comme si leur syndicat, le Satoug, était frappé
de forclusion. "Nous faisons tout pour
organiser au mieux la vie étudiante et instaurer
le dialogue social au sein du campus... ; a
affirmé le recteur.
S'agissant de la décision
décanale, il y a lieu de signaler qu'elle fait
état des sanctions prises à l'encontre de trois
étudiants :Ghislain Ledoux Mbovoué Edou, Oswald
Bertrand Ngomo Abessolo et Patrick Zoghé Ndo.
Ces derniers sont convaincus d'entrave au
fonctionnement des activités universitaires, en
violation des dispositions de l'article 53 de la
loi n° 21/2000 déterminant les principes
fondamentaux de l'enseignement supérieur en
République gabonaise, d'avoir organisé des
mouvements associatifs non autorisés, en
violation de l'Arrêté n° 0060/MESRS/ Cab du 14
septembre 1998 portant réglementation des
mouvements associatifs étudiants au sein des
Universités gabonaises et d'avoir été incorrects
envers les membres du corps enseignant et du
personnel administratif, en violation du
Règlement intérieur de la Flsh. Si les deux
premiers cités sont exclus définitivement de la
Flsh, le dernier ne l'est que temporairement:
six (6) mois.
La grande interrogation des
enseignants, au cours de cette réunion, était de
savoir ce qu'ils sont capables de faire face à
cette situation préoccupante - la violence des
étudiants - et face à l'indifférence des
autorités politiques et militaires.
En réponse, ils ont décidé de
ne pas faire de cadeau aux étudiants
sanctionnés. Pour les enseignants, il faut
anticiper les mesures décanales par
l'interpellation des syndicats et la
mobilisation Dans tous les départements. A cause
de ce qu'il y a un anti-intellectualisme qui
veut s'installer pour convaincre l'équipe
rectorale d'impuissance et d'ignorance face à la
complexité abyssale de l'Institution.
A l'unanimité, ils ont
affirmé que l'Université doit se montrer ferme
vis-à-vis des étudiants exclus. Ils ont demandé,
à cause de ce qu'elle est celle de toute
l'Université, que la décision soit publiée par
voie de presse et communiquée au procureur de la
République.