INFRASTRUCTURES DE
DÉVELOPPEMENT
Où va
l'argent des routes ?
DANS le cadre du Programme
triennal d'entretien routier (PTER), des efforts
financiers et techniques ont été déployés entre
1989 et 1993, efforts qui ont permis de
mobiliser l'équivalent de 95 milliards de francs
(prix ajusté à la dévaluation) pour la
réhabilitation des routes et l'amélioration des
services.
Durant cette période, la
Banque africaine de développement, la Banque
mondiale, la Banque arabe pour le développement
de l'Afrique et la Banque islamique de
développement ont contribué au financement des
travaux, avec des budgets annuels moyens de
l'ordre de 32 milliards de francs.
Le PTER n'est as le seul
programme à bénéficier d'un financement
considérable. En effet, selon des informations
au ministère des TP, le PARR (Programme
d'aménagement du réseau routier), sur une
période allant de 1993 à 2005, a mobilisé une
enveloppe globale de 451 milliards de francs.
Une étude comptable a
démontré que ces interventions ont consommé,
Jusqu'en 1998, entre 25 et 35% du budget
d'investissement de l'Etat. Cette enveloppe
était répartie comme suit: 140 milliards pour le
bitumage de 346 km de routes entre 199,1 et
1997,166 milliards pour le bitumage de 537 km
entre 1997 et 2000, et 145 milliards pour
bitumer 383 km entre 1999 et 2005.
Pour sa part, l'Union
européenne, à travers les différents FED (Fonds
européen de développement), apporte beaucoup au
secteur des transports. Mais en plus des moyens
financiers offerts par ses partenaires sous
forme de dons ou de prêts, l'Etat, dit-on, a
toujours tenté de régler le problème du
financement de la route, afin d'offrir aux
usagers un réseau routier circulable en toutes
saisons.
Dans ce cadre, d'importantes
sommes pour, a-t-on appris, permettre
l'investissement, sont allouées au ministère des
"TP". Et les chiffres à l'Assemblée nationale le
confirment: 46,662 milliards ont été accordés en
1997; 56,196 milliards en 1998; 63,515 milliards
en 1999; 34,788 milliards en 2000; 32,778
milliards en 2001; 26,080 milliards en 2002;
24,600 milliards en 2003; 40 milliards en 2004
et 16,455 milliards en 2005 (Loi de finances
initiale).
Soit un montant colossal de
341,074 milliards de francs alloués (ou votés)
pour les "TP" durant la période 1997-2005. Pour
quel résultat ? Aucun, sommes-nous tentés de
répondre, puisque même le PER (programme
d'entretien routier), dans les conditions de
réalisation annuelles et avec des moyens de
l'ordre de 6 à 7 milliards depuis 1994, n'est
pas parvenu à enrayer le processus de
dégradation progressive constatée sur l'ensemble
du réseau routier non bitumé, notamment.