PLUS D'UN MOIS APRÈS LA GRÈVE
DU SYNDICAT DE L'EDUCATION NATIONALE
Le Sena
entre pression et surenchère
DEUX semaines après la
signature par le gouvernement d'un document de
synthèse des conclusions issues des deux
rencontres avec le Syndicat de l'Education
nationale en grève relativement peu suivie
depuis le 15 novembre dernier, le Sena a
vivement réagi hier mercredi 3 Janvier 2007 lors
d'une conférence de presse aux éléments contenus
dans ledit document dont plusieurs aspects ont
été publiés dans notre édition d'hier.
Visiblement remontés par ce
qu'ils qualifient de manoeuvres ne visant
nullement la décrispation de la crise actuelle
ouverte en vue de la satisfaction totale des
justes et légitimes revendications des
enseignants et autres personnels delua6ion';
les responsables de cette
structure syndicale estiment " qu'il n'y a
jamais eu de négociations entre le
gouvernement et le Sena ", lit-on dans le
document de presse distribué lors de la
conférence de presse. Et dans lequel, cette
structure syndicale affirme que le comité de
suivi mis en place par le gouvernement pour
veiller à l'application des mesures arrêtées et
des décisions prises n'a jamais existé.
Une déclaration marquant
ainsi la volonté des dirigeants de cette
structure de mettre la pression sur l'Exécutif,
puisqu'ils promettent d'organiser diverses
manifestations sur fond de surenchère, a-t-on
appris hier également. Ce qui donne l'impression
que ces derniers s'accrochent davantage au
climat d'incompréhension qui a marqué la
première et la deuxième rencontres organisées à
la Primature sous l'égide du Premier ministre.
Plutôt que sur les conclusions du gouvernement
qui s'est engagé dans le document de synthèse
paraphé par Jean Eyeghé Ndong, lui-même, le Pr
Albert Ondo Ossa, les ministres délégués
Alexandre Barro Chambrier et Denise Mekam'ne, à
faire avancer plusieurs dossiers objets des
revendications des enseignants. Document de
synthèse auquel le Sena dit avoir opposé une fin
de non recevoir, arguant de ce qu'aucune
négociation n'avait préalablement eu lieu.
REPONSES. Cette
radicalisation annoncée du mouvement qui
semblait connaître, il faut le reconnaître, des
fortunes diverses, pour ne pas dire, être peu
suivi dans tout le secteur de l'Education
nationale, intervient après (examen du cahier
des revendications syndicales par de nombreux
départements ministériels impliqués dans la
gestion de cette crise sociale. Notamment, le
ministère de l'Education nationale et de
l'Enseignement supérieur, celui de la Fonction
publique, de la Réforme administrative et de la
Modernisation de l'Etat, ainsi que celui de l'Economie,
des Finances, du Budget et de la Privatisation.
Ces départements travaillant sur la direction du
Premier ministre Jean Eyeghé ont pris des
mesures et décisions visant à satisfaire les
revendications formulées dans les vingt-huit
(28) points du cahier de doléances. Les réponses
gouvernementales portent, selon la synthèse de
ses conclusions, autant sur (amélioration des
conditions de vie des personnels, l'amélioration
des conditions de travail, la politique
éducative, que sur la structure syndicale,
elle-même.
Tout porte à croire, au
regard de la réaction suscitée hier dans le
monde des enseignants, surtout parmi les
grévistes, que les responsables du Sena ne sont
nullement satisfaits des réponses apportées par
ce pan de l'Exécutif. D'ailleurs, ils accusent
le gouvernement "de faire dans la mauvaise
foi en semant le trouble dans l'esprit des
enseignants et des parents d'élèves". Comme
pour vouloir marquer leur détermination, ils
sollicitent, ni plus ni moins, comme ce fut le
cas il y a quelques années encore, l'implication
personnelle du président de la République, chef
dé l'Etat, Omar Bongo Ondimba pour débattre
directement de ces points, l'objectif étant
certainement d'obtenir plus que les réponses
déjà apportées par le gouvernement.