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Le quotidien l'Union du 02 Janvier 2008

 

1987 ‑ 2007, CNPG / ANNIVERSAIRE

La Confédération nationale du patronat gabonais a 20 ans

 

Minée par des querelles intestines sur fond politique cette organisation patronale chargée de regrouper uniquement les opérateurs économiques gabonais face à la puissante confédération patronale gabonaise (CPG) et de les intégrer dans le tissu économique national, ne présente pas un bilan réluisant après 20 ans d'existence. Seul résultat palpable, le changement du sigle du Conseil national du patronat gabonais en la Confédération nationale du patronat gabonais et le fait d'avoir suscité chez les nationaux, l'esprit d'entreprise. L'un des membres‑fondateurs, M. Samuel Ntoutoume Ndzeng qui fait encore partie intégrante de la centrale patronale, analyse pour nos lecteurs les missions assignées à la CNPG depuis sa création en 1987.

 

IL n'a pas été facile en 1987 affirme, M. Samuel Ntoutoume Ndzeng de créer une centrale patronale dont l'objectif était de regrouper uniquement des opérateurs économiques nationaux afin de mettre en oeuvre la politique du gouvernement, sous le parti unique, relative à l'intégration des Gabonais, dans le tissu économique du pays et par conséquent, d'élargir la base adhérents aux non natio­naux lors de la réforme de 1990 en vue de prendre compte le contexte d'inté­gration régionale notam­ment la CEEAC et puis la CEMAC. Il était aussi ques­tion de mieux encadrer les entrepreneurs gabonais afin de circonscrire le com­merce informel et la fuite des capitaux. Partant de ces objectifs tous louables, il a été mis en place en 1987 conformément aux dispo­sitions du code du Travail réglementant les syndicats des travailleurs et d'employeurs un Conseil national du patronat gabonais (CNPG), a déclaré et reconnu par le gouvernement par un récépissé définitif, délivré le 28 septembre 1987.

Dès lors, M. Ntoutoume Ndzeng est le seul à rester dans le bateau, les autres membres‑fondateurs ayant abandonné le navire au profit d'autres structures comme la FESYPAG (née à la veille de la conférence nationale de 1990), de l'AG­FAD (Asssociation gabonaise des femmes d'affaires et du développement créée en 1985) ou des organisations récemment créées comme le MEDEG ou le CGP, etc.

"A cette époque, nous formions une plate‑forme commune de négociation qui regroupait la CNPG et l'AGFAD afin d'harmoni­ser le point de vue des res­ponsables des PME gabonaises vis‑à‑vis de la CPG et de parler d'une même voix face à l'État gabonais.Toutefois, il faut reconnaître que lorsque le président de la République recevait le patronat des employeurs, la CNPG/AGFAD et la CPG se concertaient pour parler d'une seule voix" précise Ntoutoume Ndzeng.

Bien  plus ajoute‑t‑il, les missions des uns et des autres dans la mesure où la CPG encadrait les multinationales et autres grosses compagnies qui n'étaient gabonaises que de droit (entreprises de droit gabonais) alors que la CNPG regroupait les PME nationales.

MAIGRE BILAN

Cette répartition répondait aux objectifs du nouvel ordre économique national des différents gouverne­ments de l'ancien Premier ministre Léon Mébiame dont la finalité était la reprise progressive en main, de l'économie nationale.

Et la question que l'on est en droit de poser à M. Ntoutoume Ndzeng est de savoir si effectivement les opérateurs économiques gabonais ont pris en mains après 20 ans existence de la CNPG, le contrôle de leur économie. Le bilan est bien maigre au regard des objectifs que s'est fixée la CNPG puisque la centrale patronale n'a réussi que le premier objectif de ses statuts notamment, susciter l'esprit d'entreprise auprès des Gabonais. Cependant le second objectif qui était de former les opérateurs économiques nationaux en complément des actions déployées par le gouvernement de la République a été un échec et M. Ntoutoume Ndzeng s'en explique en ces termes: "la confusion introduite par les structures de formation de l'État dont les programmes ne correspondaient pas aux attentes de la CNPG au point que la feuille de route conçue par la CNPG, le dossier de l'institut des PME/PMI et de la micro­ finance créé et déposé par la patronat gabonais, au cabinet du président de la République ou du Premier ministre, sont restés sans effet. Par ailleurs, les rap­ports entre l'État et la CNPG n'ont pas été soute­nus. Ils ont été parfois, dans l'impasse à cause de la complicité négative entre certains acteurs politiques au détriment de l'émergence d'une classe d'hommes et de femmes d'affaires gabonais qui feraient de l'ombre aux acteurs politiques. Vous comprendrez donc pourquoi, les moyens financiers mis à la disposition des PME gabonaises en vue de leur décollage, ont été dis­persés au profit d'autres secteurs ou souvent détournés à d'autres fins sans qu'aucune sanction ne soit prise à l'encontre de ceux qui ont commis ces malversations de fonds publics".

Toutefois, Ntoutoume Ndzeng a également fustigé le comportement des Gabonais ont créé des entreprises peu viables malgré tous les fonds dont ils ont bénéficié. Selon lui, la CNPG étant devenue une "mangeoire" aussi bien pour dirigeants que pour les acteurs politiques qui ne se sont pas souciés des misions assignées au ministère des PME et à la Chambre de commerce, d'agriculture, d'industrie et des mines du Gabon.

Cependant, il a espoir qu'après le discours du président de la République à l'occasion de l'anniversaire de ses 40 ans au pouvoir, les membres du nouveau gouvernement prendront à coeur les missions assignées au patronat gabonais et éviter d'assimiler les organisations patronales à des formations politiques ainsi que la nécessité de traiter avec des interlocuteurs compétents en vue de la création des entreprises visibles et viables qui contribueront à jeter les bases véritables de la prise en mains de l'économie par les nationaux.

 

Source : Journal L'Union Plus du 02/01/2008

 

 



   

 

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