Pour moi quoi...
TOUS ces corps qu'on retrouve ces jours-ci sur
une plage, dans un buisson ou au milieu des
travées d'un stade, ça doit interpeller les
autorités. Moi, Makaya, je n'ai pas souvenir
d'autant de morts suspectes en un laps de temps
aussi court. Et quand certaines de ces
dépouilles présentent des mutilations, il y a
absolument urgence, quoi.
Connaissant les meurs de notre Gabon d'abord-là,
on est tenté d'en mettre certaines surie compte
du vote qui arrive-là. N'est-ce pas je le
décrivais l'autre jour comme s'annonçant "moi sa
moi sa"? Dans ces conditions, on est
généralement prêt à tout pour accéder à ce à
quoi on rêve. Ouais, être à la tête d'une mairie
ou d'un conseil municipal, figurer dans le
bureau de l'une ou de l'autre, ce n'est
décidément pas rien. Le « miang » qui arrive
dans des sachets, qui n'a pas de traçabilité et
qui peut donc disparaître au fond des poches, ça
attire bien des convoitises. Ne parlons pas des
autres menus avantages !
Que des gens aient cette "ambition"-là, c'est
leur affaire. Mais si pour y arriver, ils
doivent semer des cadavres sur leur route, moi,
Makaya, je ne suis plus d'accord. Voilà pourquoi
j’attends que soit renforcée illico la sécurité
dans nos quartiers hélas mal éclairés.
Il paraît que nous avons une police de
proximité, c'est vraiment maintenant qu'elle
doit être proche de nous. Et surtouts prête à
intervenir J'insiste particulièrement là-dessus
parce que far appris hier quelque chose qui m â
bouleversé. Le grand frère du cousin du petit
frère de la tante de ma bonamie, c'est-à-dire
mon propre "mougoye", rentrait avec sa moitié,
vers 3 heures, d'un mariage quand il a aperçu
des voyous armés de couteaux sur le point
d'agresser deux sœurs. Au même moment passait
pourtant une automobile qu'il a cru reconnaître
comme appartenant aux flics. Ces gens d'amies Se
sont sans doute dit que c’était à mon "mougoye"
de jouer les héros, quoi. Ce qui voudrait tout
simplement dire que nous ne sommes plus en
sécurité.
Pôvres de nous !