APPUIS
AU PROGRAMME NATIONAL D'ENTRETIEN
ROUTIER/RAPPORT SUR LES RESSOURCES Du FER II
Mettre en place une nouvelle stratégie de
développement des ressources du Fer II
Cette nouvelle stratégie différente et plus
étalée dans le temps que l'existante, propose
Jean-Noël Marque, l'assistant technique recruté
pour le Fer II, dans le cadre du PERFED.
ALORS que les propositions de l'assistance
technique auprès du Fer II ont été retenues
comme devant être mises en œuvre par l'ensemble
des partenaires de l'entretien routier, il
apparaît qu'elles ne peuvent l'être dans
l'immédiat, compte tenu de leur proximité
s'agissant des textes fondateurs du Fer II.
A l'évidence, Jean-Noël Marque, le consultant
recruté dans le cadre du PERFED, estime
nécessaire de mettre en place une stratégie de
développement des ressources du Fer II
différente et plus étalée dans le temps. La
situation de cette structure, aujourd'hui, est
de mettre en relation les besoins de paiement
avec les capacités d'obtenir des ressources
suffisantes.
Cependant, il faut rappeler que certains
préalables devraient être résolus, en
particulier l'établissement du réseau
prioritaire et l'évaluation des coûts
d'entretien correspondants, avec la préparation
des programmes pluriannuels. Ces actions
permettant de fixer le montant annuel possible.
Selon M. Marque, cette dernière devrait
comporter deux phases successives: l'une ayant
un aspect préparatoire mais aussi de
consolidation des acquis; l'autre correspondant
à une mise en œuvre liée à la révision des
textes de base et donc à un horizon de l'ordre
de deux ans. "Il est souhaitable de procéder,
dans l'immédiat, à des études pour s'assurer de
la faisabilité et de la rentabilité d'un certain
nombre de mesures actuellement prévues par la
loi, concernant trois ressources: les amendes de
surcharges, les péages et les indemnités à
percevoir dans le cadre de la dégradation de la
route", pense-t-il.
L'on ne doit as perdre de vue que l'un des
enjeux du Fonds d'entretien routier de deuxième
génération est de contribuer à la sauvegarde du
patrimoine routier national. Les textes
réglementaires permettant l'application de la
loi du 17 février 2005 sur la protection du
patrimoine routier ne semblent pas avoir encore
été pris.
En d'autres termes, la loi portant protection du
patrimoine routier gabonais attend, depuis
toujours, ses textes d'application. C'est au vu
de tout ce qui précède que le consultant propose
de mener une étude de faisabilité dans le cadre
du PERFED, en utilisant les possibilités de
recours à des experts sur le court terme.
Selon lui, l'étude ne devra pas se contenter de
porter sur la Nationale 1, partant de Libreville
au Cameroun, mais aussi sur l'ensemble des axes
bitumés et en terre, en particulier dans le
cadre du réseau prioritaire, évidemment sur les
deux sens de circulation. De plus, note M.
Marque, il est indispensable d'étudier la
question de la gestion des barrières de pluies
qui devraient être mises en place sur les voies
en terre ayant fait l'objet d'un entretien.
JUGES ET PARTIES Malgré
l'investissement limité, les frais de
fonctionnement, notamment pour la sécurité,
doivent être assumés sur un budget spécifique.
Le consultant a insisté sur la loi problématique
de l'entretien routier pour lequel, bien des
ministres ont vainement tenté d'associer la
corporation forestière.
Sans que cela puisse être considéré comme une
ressource pour le Fer II, M. Marque pense aussi
qu'il est 'nécessaire, voire urgent d'obtenir la
participation des forestiers à l'entretien des
voies qu'ils utilisent et dégradent fortement'.
Une (énième) négociation pourrait être
entreprise, dit-il, pour mettre au point avec
les concernés, une sorte de partenariat par
lequel, ils s'engageraient a mettre à
disposition leurs matériels et leurs équipes
pour entretenir le réseau en terre sur lequel
aboutissent leurs pistes forestières.
Le Fer II pourrait, si le partenariat est
conclu, assurer le remboursement, du carburant
nécessaire aux travaux sous contrôle de sa
direction technique et de la Direction générale
de l'entretien des routes et des aérodromes du
ministère des Travaux publics. Toutes ces
propositions ont déjà été faites.
A ce qu'il semble, la solution n'est pas encore
trouvée (elle ne le sera peut-être pas un jour)
à cause de la puissance du lobby forestier
renforcé par le soutien des décideurs et des
acteurs économiques du pays auxquels ces
décisions républicaines devront être appliquées.
C'est-à-dire qu'ils sont juges et parties. Par
ailleurs, les résultats de l'étude relative aux
amendes de surcharge devraient être retenus pour
une étude sur la rentabilité des péages
potentiels.
La proposition soumise par Jean-Noël Marque est
que cette étude prenne en compte l'impact sur la
population et les réactions probables de
celle-ci, du fait du niveau de service offert
attendu sur les routes sur lesquelles seraient
implantés les péages. S'agissant de la redevance
de transit, l'étude nécessaire doit se réaliser,
d'une part, en concertation avec les
transporteurs nationaux et les principaux
transporteurs étrangers travaillant sur le
territoire gabonais et, d'autre part, avec les
autorités concernées de la CEMAC pour éviter un
impact négatif d'une réciprocité mal comprise.
Au final, le consultant propose une réadaptation
des ressources légales actuelles du Fer IL Ce
qui, selon lui, passe par une étude spécifique
sur opportunité de conserver les autres
ressources évoquées dans la loi qui crée la
structure, en relation avec les départements
ministériels et les entités administratives
concernées ou susceptibles de l'être.
A en croire M. Marque, la loi de finances
annuelle "peut apporter des compléments ou
des modifications à celle qui crée le Fer II",
en éliminant certaines contraintes politiques.
Tout cela sous réserve, bien sûr, de l'avis du
Secrétariat général du gouvernement et des
présidents des deux chambres du Parlement.