EN d'autres temps, et
malgré mes réserves habituelles sur ce type
d'initiatives, moi, Makaya, (aurais salué l'idée
de ce colloque ouvert hier sur les conditions
d'une bonne administration de la justice, quoi.
Quand on voit ce qui se passe depuis un bon
moment, il y a effectivement de quoi être
perplexe, mes chers frères Makaya intrigués.
Entre des gens qui croupissent au gnouf depuis
des années, largement au-delà de la durée légale
de la détention préventive, au point de voir
Missié le procuraire personnellement s'inquiéter
de leur sort dernièrement.
Et d'autres qu'on jette à
"Sans-Famille" avec plus ou moins de publicité,
mais qui ressortent, placés toutefois sous
contrôle judiciaire. Mais un contrôle tellement
long que l'affaire finit par tomber dans
l'oubli. Puis d'autres encore contre lesquels
existeraient des charges lourdes mais qui ne
sont pas inquiétés ou si peu. Sans oublier les
derniers qui réussissent (allez savoir par quels
moyens) à passer entre les mailles de la
justice.
Ouais, toutes ces
situations méritent bien un colloque, quoi.
Seulement voilà : il n'y a pas si longtemps,
trois ans, peut-être un tout petit peu plus, il
avait été organisé des états généraux (siouplaît
!) sur cette même justice et, notamment, sur les
moyens pour la rendre plus efficace. A moins que
ce soit ce goût immodéré pour les séminaires
dans notre Gabon d'abord là, organiser un
colloque à la suite d'états généraux et de tous
ces discours prononcés lors des cérémonies de
rentrée judiciaire montre qu'on pédale dans la
farine de manioc, qu'on n'a pas beaucoup avancé
(et c'est un euphémisme) dans notre recherche de
l'efficacité. En tout cas, c’est ce que suggère
mon bon sens de titulaire de certificat d'études
indigènes. Enfin, ne perdons pas espoir.
D'ailleurs, ce colloque se tient alors que le
« gouvrement » vient d’adopter un projet de
réforme du code de procédure pénale dont on nous
dit qu'il représente une formidable avancée vers
une justice plus... efficace.
Pour nous, quoi...