LOCALES 2008/CENAP
328 commissaires prêtent
serment devant la Cour constitutionnelle
LES commissaires retenus
dans le cadre des prochaines élections locales
ont prêté serment samedi dernier devant la Cour
constitutionnelle. La cérémonie présidée par le
président de la haute juridiction, Mme
Marie-Madeleine Mborantsuo, a vu la présence du
président de la Commission électorale nationale
autonome et permanente (Cénap), des
représentants des partis politiques et de
plusieurs autres personnalités politiques,
administratives et judiciaires. Il s'agit-là de
la deuxième manifestation du genre, après celle
du 27 octobre 2006 qu'avait organisée la Cour
constitutionnelle à l'endroit des responsables
et commissaires des différents démembrements de
la Cénap. Pour la haute juridiction, l'objectif
affiché de cette séance de prestation de serment
est non seulement d'attirer l'attention des
commissaires sur la nécessité de tout mettre en
œuvre, pour la bonne tenue du scrutin, mais
aussi de les mettre devant leurs responsabilités
quant aux risques de dérapages lies, entre
autres, à la manipulation des procès-verbaux, au
trafic d'influence, à l'achat de conscience...
Toutes choses qui pourraient amener la Cour à
invalider le vote, et poursuivre leurs
coupables.
En répétant donc de
manière solennelle, la phrase consacrée : « Je
jure d’accomplir les devoirs de ma charge avec
probité et impartialité de respecter et de faire
respecter la loi électorale, le suffrage
universel, la démocratie pluraliste et de
m’astreindre aux secrets de délibérations
auxquels j’aurai pris part dans l’exercice de
mes fonctions »; les présidents,
vice-présidents et rapporteurs des commissions
locales se sont donc engagés, devant le peuple
gabonais à faire respecter les dispositions de
la loi.
Saisissant la balle au
bond, Marie-Madeleine Mbourantsuo n'a pas manqué
de rappeler au gouvernement et à l'ensemble de
la classe politique nationale de la nécessité de
respecter les échéances électorales.
Et comme pour étayer ses
propos, la président de la Cour
constitutionnelle s'est appuyée sur les appels
incessants de la Cénap, à demander aux
responsables des formations politiques, de
communiquer les noms de leurs représentants dans
cette institution. Mais malheureusement, a
estimé la responsable de la haute juridiction,
rien n'a été fait à temps. La politique ne
saurait primer sur le droit très longtemps, car
le droit finit toujours par la rattraper, a
soutenu Marie-Madeleine Mbourantsuo, une manière
de dire que le retard actuel observé dans
l'organisation matérielle des élections dans
notre pays, est imputable aux acteurs
politiques. Lesquels ont rarement accordé leurs
violons sur les problèmes d'intérêt général.
Il a fallu, assez souvent,
que le chef de l'Etat en vienne, à trancher face
aux positions divergentes, des acteurs
politiques ayant perdu beaucoup dé temps à
discutailler. Nous l'avons par exemple vécu avec
l'introduction de la biométrie dans le fichier
électoral, même l'ordonnance prise, dans ce
sens, par le chef de l’Etat n'a pas permis de
trancher le différend, du moins jusqu'à ce jour.
Ainsi, pour mieux se faire
entendre, la présidente de la Cour
constitutionnelle, a voulu, lors de cette séance
de prestation de serment, redire que l'élection
locale commençait maintenant, et que chacun
était mis dès lors devant ses engagements. Non
pas devant la Cour qui représente le peuple
gabonais, détenteur de la légitimité, mais
d'abord devant eux-mêmes.
Pour y parvenir, il
appartiendra à chaque responsable de faire
preuve de disponibilité, de vigilance, de
prudence, de rigueur et de justice.
« Eviter la collusion avec les acteurs
politiques, car le serment engage votre
comportement personnel », a-t-elle averti.
Non sans déclarer que le bilan des uns et des
autres sera fait après l'organisation du
scrutin.