COLLOQUE SUR LA JUSTICE
Le Corps judiciaire
gabonais en quête
d'amélioration de ses prestations
Les travaux
auxquels prennent part les différentes
composantes de cette famille professionnelle
constituent l'occasion d'une véritable
radioscopie de notre justice, et de la recherche
des voies et moyens, pour un saut qualitatif de
celle-ci. Les assises s'achèvent
dans deux jours.
ORGANISE par le ministère
de la justice, le colloque sur " Amélioration
des préfinances du service public de la justice
et les orientations du gouvernement en matière
de politique judicaire " se tient depuis
hier dans l'auditorium du ministère de
l'Economie forestière. Il s'achève mercredi
prochain, le 27 février 2008.
C'est le ministre garde
des Sceaux, Martin Mabala qui a ouvert les
travaux. Il s'est dit heureux de savoir que les
défis posés au service public de la justice
ainsi que les enjeux qui les sous-tendent se
situent au cœur des préoccupations des
différentes composantes du corps judiciaire
gabonais dont la présence, très significative
d'ailleurs, témoignait de l'intérêt que chacune
d'elles porte aux échanges qui, trois jours
durant, vont meubler la réflexion stratégique à
l'origine du présent conclave.
En tant que vecteur
privilégié de l'affermissement de l'Etat de
droit, la justice cristallise les attentes des
plus hautes autorités du Gabon, de même qu'elle
nourrit l’espérance de tous les acteurs de notre
société. Vu sous cet angle, pour le ministre
Mabala, le présent colloque doit constituer
l'occasion d'une véritable radioscopie de la
justice et de la recherche des voies et moyens
capables de permettre d'opérer le saut
qualitatif que la République appelle de tous ses
vœux. A travers ce colloque, comme l'a rappelé
le Garde des Sceaux, ce qui est d'ailleurs mis
en cause, c'est davantage la qualité de la
contribution que la justice peut apporter au
progrès général de la société gabonaise.
S'inscrivant dans la
logique du discours du chef de l'Etat le 1er
décembre 2007 dernier, Martin Mabala a rappelé
les différents griefs que le président du
Conseil supérieur de la
Magistrature avait
soulignés. Notamment en ce qui concerne les
travers de certains magistrats.
RAPPEL ET TRAVERS
Un rappel fort à propos d'ailleurs du fait de la
kyrielle des maux – qui seront d'ailleurs
examinés en profondeur tout au long des travaux
en commissions - notés tant sur le
fonctionnement des juridictions que sur le
comportement à la limite déviant de certains
magistrats.
Concernant le
fonctionnement des juridictions par exemple,
Martin Mabala a cité entre autres maux : la
lenteur observée dans le règlement des
procédures par l'abus des renvois,
l'exploitation superficielle des dossiers ayant
pour effet d'entamer la qualité des décisions
rendues, l'égarement des dossiers du fait d'une
mauvaise organisation du travail, le mauvais
usage des mandats de justice dû au défaut de
discernement, d'objectivité et de sérieux dans
l'exploitation des dossiers, etc.
Sur les magistrats : la
légèreté affichée dans la vie privée et
professionnelle, leur esprit mercantile qui se
traduit par l'utilisation de la fonction à des
fins personnelles, l'indiscipline caractérisée,
la paresse notoire s'affichant par le refus de
se mettre à niveau, de préparer les audiences,
d'effectuer des recherches, d'organiser le
travail et rédiger les actes. Le refus de
soumettre aux instructions de la hiérarchie,
leur partialité dans le traitement des
procédures, etc.
Autant de maux et travers
parfaitement identifiés et connus qui minent le
bon fonctionnement du pouvoir judiciaire
gabonais, et sur lesquels Martin Mabala invite
l'ensemble des participants à se pencher
sérieusement, par des échanges féconds pour
déboucher sur la production d'un cadre logique,
ou mieux d'un tableau de bord à même de baliser
son action.