L’AFFAIRE qui oppose le parquet à l’avocate Me
Eyue Bekale (L'Union du 13 février 2008) a connu
un rebondissement. Pas dans le fond. Mais plutôt
sur la forme. Car il s'agit d'une réaction aux
propos du procureur de la République, Bosco
Alaba Fall. Notamment lorsqu'il s'est interrogé
« sur le rôle d'un membre influent du
gouvernement dans cette foule». C'est le
vice-président du Rassemblement pour le Gabon
(RPG), Pierre-Claver Mvélé qui s'est fait le
devoir, au cours d'un point de presse donné hier
au siège du parti, d'apporter des précisions.
Pour
mémoire il faut dire que le procureur de la
République avait poursuivi en soulignant que «pour
ce niveau de responsabilité, je suis
profondément déçu de voir que la proximité
culturelle efface la retenue qui doit guider les
grands hommes, pour prendre le pas sur les
comportements républicains».
D'aucuns auront compris que le membre du
gouvernement dont il s'agit est le vice Premier
ministre en charge de la Culture, des
Arts, de l'Education populaire, de la
Refondation et des Droits de l'Homme, Paul Mba
Abessole. D'où la réaction du RPG.
M.
Pierre-Claver Mvélé rappelle que dans le souci
de voir notre pays devenir véritablement un Etat
de droit, le président de la République, Omar
Bongo Ondimba, a décidé entre autres d'ériger
l'ancienne direction générale des Droits de
l'Homme en un ministère à part entière. En 2002,
ce département était placé sous la tutelle du
président du RPG, Paul Mba Abessole. Le 28
décembre 2007, dans le nouveau gouvernement,
Paul Mba Abessole se voyait toujours confier ce
ministère.
M.
Mvélé a dit que les attributions et les
responsabilités de ce ministère répondent mieux
que tout discours aux interrogations contenues
dans les propos du procureur de la République.
Insistant sur l'importance que le chef de l'Etat
accorde au respect des droits humains, le
vice-président du RPG a rappelé quelques
passages de la préface du "Livre Blanc des
Droits Humains" édité en 2004. Omar Bongo
Ondimba y écrit: « Il
faut que dans les cinq prochaines années, notre
pays se transforme en un véritable Etat de
droit, respectueux de la dignité des citoyens.
C'est tout un programme. (..) L’Etat de droit
doit être une réalité quotidienne. C’est donc
l'affaire de chaque Gabonaise et de chaque
Gabonais et les volontés ne doivent mais se
relâcher en vue de la défense et de la promotion
des droits de l’homme dans notre pays. »
RENDRE COMPTE
Pierre-Claver Mvélé estime qu'au regard de tout
ce qui précède, il apparaît aisément que c'est
en sa qualité de ministre en charge des Droits
de l'Homme que M. Paul Mba Abessole,
« alerté par de nombreux témoins,
a effectué le déplacement de la brigade nord de
gendarmeries de Gros-Bouquet pour y rencontrer
les principaux protagonistes de "l’affaire Me
Eyue Bekale" afin d'en rendre compte
objectivement aux plus hautes autorités de la
République, entête desquelles, le président de
la République, chef de l’Etat, président du
Conseil supérieur de la Magistrature, SE Omar
Bongo Ondimba ».
L'orateur s'est interrogé à son tour sur les
motivations réelles qui ressortent des propos du
procureur de la République qui trouve que l'acte
républicain était guidé par la "proximité
culturelle".
M.
Mvélé a conclu en réaffirmant l'attachement du
RPG à la défense et à la promotion des Droits
humains et la détermination à les défendre avec
plus d'ardeur que par le passé. Tout comme il a
invite tous les Rassembleurs et tous les
patriotes à rester vigilants et mobilisés autour
du chef de l'Etat pour barrer la route à tous
ceux qui foulent aux pieds les droits humains.
«
Nous nous réservons dorénavant, a-t-il dit
enfin, le droit d'utiliser tous les moyens
démocratiques et tous les instruments légaux
pour n er, chaque fois que l'occasion l'exigera,
notre attachement et notre solidarité au
président du RPG, le père Mba Abessole, et ce,
sur toute l'étendue du territoire national ».
Les
justiciables du Gabon prennent date pour avoir
compris qu'il leur suffira, en cas d'abus ou de
violation, d'informer le patron des Droits de
l'Homme pour que celui-ci vienne sur les lieux
s'enquérir de la situation réelle.