ACTUALITES

 

Le quotidien l'Union du 23 au 24 Février 2008

 

APPUI AU PROGRAMME NATIONAL D’ENTRETIENROUTIER/RAPPORT
SUR LES RESSOURCES DU FER2

 

Seuls trois types de ressources ont une réalité
juridique et pratique

Ce sont : la redevance d'usure de la route (RUR), la taxe complémentaire sur les salaires (TCS) et la taxe sur les assurances (TA). Les autres ressources sur les 23 prévues par la loi 004/2006 ne sont pas disponibles dans l'immédiat ou, à terme, parce qu'elles ne sont pas encore mises en œuvre à cause de l'absence des études rajoutées de faisabilité et de rentabilité, selon Jean-Noël Marque, l'assistant technique recruté pour le FerII, dans le cadre du PERFED.

 

 

L’ASSISTANT technique du groupement d'entreprises Louis Berger & BCEOM recruté pour le Fonds d'entretien routier de deuxième génération (Fer II), dans le cadre du projet d'appui au programme national d'entretien routier, a révélé que "seuls trois types de ressources sont recouvrées et reversées dans les caisses de la structure", alors que la loi 004/2006 qui l'a créée en prévoit vingt-trois.

 

Il s'agit de la redevance d'usure de la route (RUR), la taxe complémentaire sur les salaires (TCS) et la taxe sur les assurances (TA). Malgré cela, le plafond budgétaire du FerII demeure toujours de 33 milliards de nos francs. "Les ressources complémentaires prévues par la loi sont, juridiquement, inexistantes ou nécessitent des études rajoutées de faisabilité et de rentabilité pour pouvoir être mises en œuvre", indique Jean-Noël Marque.

La question des ressources du Fer II est fondamentale, d'autant que le financement de l'entretien routier dépend de la capacité de cette entité à collecter les ressources correspondantes aux besoins d'entretien. Selon l'article 11 de la loi 004/2006, relative aux différentes ressources de la structure.

 

Celles-ci émanent du budget de l'Etat. (...) même si cet article évoque la RUR, qui sont des ressources affectées, nuance l'assistant technique. Qui fait remarquer que la liste des 23 types e ressources, dont la TCS, serait transitoire sur une période de 3 ans (durée non mentionnée dans la loi), y compris la TA qui porte sur l'ensemble, des assurances de biens.

 

Pour le consultant, une multiplication des types de ressources risque de poser un problème de contrôle, quant à la réalité et à l'exhaustivité de la perception, surtout qu'il n'est pas prévu dans les ressources, le produit de placement des disponibilités.

Rappelons par ailleurs, que l'article 13 de la loi susmentionnée limite les modalités de versement des ressources qui devrait être effectué sur le seul compte du FerII ouvert à la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC). Ce qui, selon M. Marque, peut entrer en contradiction avec les réalités du terrain, notamment, pour la perception de certaines ressources, en particulier, le produit des péages ou des amendes de surcharge.

 

STRUCTURE DES PRIX    S'agissant de la loi 16-2006 du 29 décembre 2006 déterminant les ressources et les charges de l'Etat pour l'année 2007, le consultant note que la loi de finances pour l'exercice 2007 explicitait, dans ses articles 8 à 11, certains éléments concernant la RUR.

 

Ce, en précisant qu'il ne peut y avoir aucune exemption, et qu'elle est prélevée dans le cadre de la structure des prix par la Société gabonaise de raffinage (SOGARA) ou tout importateur des produits pétroliers, son taux et ses différentes modalités de perception étant définis par arrête du ministre en charge des Finances. Son montant, ajoute l'assistant technique, était fixé dans les recettes fiscales à 20,6 milliards, tandis que le budget des recettes lie à la taxe sur les assurances était à 4,4 milliards.

 

L'arrêté ministériel 225 / MEFBP /CABME / SG / DGI du 1er mars 2007 fixant les modalités de perception des taxes perçues au profit du Fer 2 concerne la RUR, la taxe sur les assurances et la taxe complémentaire sur les salaires, sans fixer pour les deux dernières, les taux et pourcentage de reversement. Les prélèvements sur les différents types de carburants (à l'exception du kérosène) sont fixés respectivement à 53,20 F/litre de super; 47,8 F/litre de gasoil et 24,51 F/litre de pétrole lampant.

Le présent arrêté précise que les montants perçus par le receveur des impôts ou retenus par la direction de la Solde, sont reversés mensuellement au compte ouvert par le Fer II auprès de la BEAC.

 

RISTOURNE DES REDEVANCES  Parallèlement, l'arrêté ministériel 226/MEFBP/CABME/SG/DCI du 1er mars 2007 fixant le taux de ristourne des redevances et taxes perçues au profit du Fer II, définit les quotités des taxes et redevances à reverser à la structure : la RUR (100%), la TA (80%), la TCS (50%).

Les autres ressources mentionnées dans la loi 004/2006 doivent être entièrement reversées. Il faut dire que le produit des trois premières ressources est limité annuellement à 33 milliards de francs. A l'évidence, l'on comprend que si elles étaient intégralement prélevées, les ressources du FerII seraient plus conséquentes.

L'autre raison évoquée par le consultant, s'agissant des difficultés rencontrées au niveau de l'assiette budgétaire du Fer II, se rapporte à la structure des prix. En effet, au mois d'août 2007, à la demande des transporteurs pétroliers, la structure des prix concernant la RUR sur le gasoil a été ramenée de 47,08 francs selon l'arrêté 225 à 43,58 francs. Soit une diminution de 8% du potentiel de ressources émanant de cette taxe.

La loi de finances 19/2006 du 29 décembre 2006 déterminant les ressources et les charges de l'Etat pour l'année 2007) est particulièrement claire sur la nature actuelle des ressources de l'entretien routier.

La pratique de versement d'un certain nombre de ressources par la direction générale des Impôts et le Trésor est, selon Jean-Noël Marque, "une justification complémentaire d'une approche strictement budgétaire, au sens de la loi de finances". L'analyse des différentes ressources du Fer2 le démontre suffisamment. Au demeurant, les trois types de ressources ont, dans les faits, une réalité juridique et pratique: la RUR, la TCS et la TA. Les autres étant inexistantes, sinon impossibles à ce jour ou à terme, pour diverses raisons, ajoute cet expert international recruté dans le cadre du projet d'appui au programme gabonais d'entretien de notre réseau routier.

 

Tout savoir sur les autres ressources

• Ressources susceptibles d'être mises en œuvre à terme plus ou moins proche : amendes versées en réparation des dommages causés au patrimoine routier national, les amendes et pénalités afférentes aux taxes, droits et redevances précités et les amendes infligées en application de la loi 13/2003 du 17 février 2005 portant protection du patrimoine routier national. Laquelle ne serait pas en cohérence avec le code de la route CEMAC, texte supranational, donc supérieur à la loi gabonaise sur la protection du patrimoine routier. Rappelons que le taux des amendes fixé par le code de la route CEMAC n'a pas un caractère dissuasif.

• Ressources en cours d'approbation par des départements tiers : certaines ressources font l'objet d'une tentative d'appropriation par d'autres départements ministériels, spécifiquement le département des Transports terrestres. Il s'agit essentiellement de la redevance perçue au titre du contrôle technique des véhicules effectué par les centres agréés. N'ayant jamais été perçues, ces ressources font l'objet d'un contentieux avec les deux centres du pays: Gabon autosur et Auto bilan agréé.

Il faut noter, par ailleurs, que d'après certaines sources fournies par la Direction des liaisons intermodales et les statistiques de la Direction générale des transports terrestres, les véhicules ne font pas l'objet de visites techniques systématiques et régulières.

• Ressources juridiquement inexistantes ou dont l'ordonnateur n'est pas connu : des services des douanes (pour la redevance payée par les véhicules immatriculés à l'étranger), de la DGTT pour le droit d'immatriculation des véhicules pour laquelle a été émise l'hypothèse quelle pourrait couvrir l'établissement de la carte grise pour un montant de 10 000 francs perçus par la DGTT/Finances, et celle de la plaque d'immatriculation, les redevances liées à l'occupation du patrimoine routier, y compris à travers les panneaux publicitaires.

Ressources ne pouvant être mises en œuvre : la taxe à l'essieu qui aurait existé mais aurait été supprimée, le produit des péages (compte tenu de l'état actuel du réseau, il n'est pas envisageable de l'état du réseau, il n’est pas envisageable d’établir de péages).

Les subventions : l'octroi des subventions prévues par la loi créant le Fer II est soumis au fait du prince et ne dépend que de décisions gouvernementales et législatives (loi de finances) tout à fait en dehors des possibilités d'intervention de la direction du Fer Il ou du conseil d'administration de cette structure.

• Les fonds de concours des collectivités locales : l'existence dans la loi comme ressources du Fer II des fonds de concours versés par les collectivités locales est particulièrement intéressante en ce qui concerne l'entretien des voies urbaines, car il peut y avoir une collaboration importante entre celles-ci et le Fer II, pour autant que les municipalités en particulier aient des capacités budgétaires en ce domaine. Cette capacité d'intervention budgétaire est fondamentale pour envisager une collaboration entre le Fer II et les collectivités locales.

• Le montant des ressources du Fer II : le ministère des Finances a pris au mois de novembre 2007, l'engagement de verser les 33 milliards de francs reconnus par l'arrêté 225 ci-dessus. Cependant, à fin décembre 2007, seulement 20,3 milliards de francs ont été versés au compte du Fer II. La DGI a bien voulu transmettre au Fer II, un certain nombre d'informations relatives à la répartition des ressources selon leur origine.

• Les modalités d'encaissement des ressources par le Fer II : il faut souligner que la collecte des ressources pose, elle-même, un problème certain puisque sur les 23 type de ressources prévus, comme indiqué ci-dessus, le sont effectivement, à savoir: la RUR versée par le directeur général des Impôts, et la taxe complémentaire et la taxe sur les assurances versées par le Trésorier payeur général sans que, pour ces deux taxes, l'on en connaisse l'assiette et la répartition. Les autres prélèvements et redevances, s'ils sont effectués, n'arrivent pas aux caisses du Fer II.

• Le contrôle des ressources par le Fer II : compte tenu de la situation et en particulier de la limitation annuelle par l'arrêté 225 à 33 milliards de francs des trois principales ressources (RUR, TCS, TA) qui sont d'ailleurs les seuls encaissées, les capacités de contrôle de ses ressources par le Fer II sont particulièrement limitées. Les ressources, versées auparavant par la DGI et le Trésor et dorénavant par le seul Trésor, dans le cadre d'une ligne budgétaire et d'un engagement ministériel, ce contrôle ne peut porter que sur les délais de versement sur son compte à la BEAC.

 

 

Source : Journal L'Union Plus du 23/02/2008

 


 
 

"AFFAIRE Me EYUE BEKALE"
Le RPG réagit aux propos du procureur de la République

 

 

APPUI AU PROGRAMME NATIONAL D’ENTRETIEN ROUTIER/RAPPORT SUR LES RESSOURCES DU FER2
Seuls trois types de ressources ont une réalité juridique et pratique

 

 

Pour moi quoi…Makaya
CE n'est pas pour gâcher votre week-end