0N va encore me reprocher de ne pas savoir
tenir ma langue bien pendue-là. Mais "samafou" !
Moi, Makaya, je ne peux me taire devant ce que
je vois et qui me scandalise, quoi. Je constate
en effet que bien des frères entretiennent
encore avec l'Etat ce que mon fils, qui est un
sérieux concurrent de Jacky-Mille-Encyclopédies,
appelle une dépendance capricieuse. Autrement
dit, ils lui mangent dans la main avant de
mordre celle-ci. Et comme ils attendent tout du
même Etat, ils lui reprochent tout également.
Viens-en au fait, Makaya ! Eh bien voilà :
quoiqu'on pense, l'Etat investit beaucoup de
"miang" dans la formation de nos "bana" et ce
dans tous les domaines. D'ailleurs, nos
autorités aiment rappeler que nous sommes l'un
des rares pays qui octroient à leurs fils des
bourses sans tenir compte des ressources des
parents. Même si le "mwana" d'un Makaya comme
moi-là a moins de chance de se retrouver au pays
nos ancêtres les Gaulois, chez les Ricains ou
les trappeurs de l'Ontario que le fiston d'un
ponte, quoi.
C'est ainsi
qu'un "doctaire" est formé à coups de million de
dôlès et pour une durée d'au moins 7 ans après
le bac Et si l'Etat paie autant, c'est parce
qu'il juge une telle formation nécessaire au vu
des attentes qui montent des tréfonds de notre
Gabon d'abord.
Mais alors,
comment comprendre que certains de ces
"doctaires", au terme de leur formation,
déposent la blouse pour se livrer à l'exercice
de professions qui n’ont strictement rien à voir
avec le métier qu'ils ont eux même choisi ?
D'accord, il n'y a pas de sot métier, mais
est-ce qu'on pourrait vraiment hésiter entre "doctaire"
et agent de "transmission des rumeurs"(Makaya,
on dit agent de renseignement!) ou bien vendeur
d'automobiles; comme le rapporte mon "mougoye"
qui a observé pareille, situation dans une
grande "mistration" ? Mais que voulez-vous, mes
chers frères Makaya éberlués, c'est le Gabon,
quoi...